Armures

Selon moi, la confection d’armure est une des caractéristiques principales de la civilisation. Je parle ici de civilisation au sens classique : des sociétés agraires, stratifiées et complexes où un surplus [de nourriture] permet l’émergence de spécialistes de tous bords.

Tout au long de l’Histoire humaine, les armures ont été un moyen efficace de gagner un avantage militaire. Chaque tribu avait accès à des armes, chaque tribu abritait son lot de va-t'en-guerre, mais la confection d’armures nécessite un niveau d’organisation et de richesse incompatible avec la vie nomade en petites familles ; seuls des peuples sédentarisés dont les villes sont reliées par des routes commerciales [disposaient des moyens pour acquérir et entreposer le matériel nécessaire]. L’existence conjointe de ressources en excédent suffisant pour être investies dans la technologie militaire et la volonté de le faire (pour protéger ledit surplus) implique l’apparition de progrès techniques qui semblent survenir spontanément. Le savoir-faire militaire est comme une manifestation physique du désir primaire de l’homme de perpétrer la violence impunément, et l’environnement culturel fourni par la civilisation lui permet de s’épanouir.

Les armures conçues au fil de l’Histoire étaient efficaces, chaque pièce que j’ai incluse [dans cet article] fournirait un degré de protection contre les armes rencontrées par les membres de ces cultures. Toutes choses égales par ailleurs, l’individu en armure sortirait vainqueur.

Qui plus est, l’armure est également un bon indicateur de statut social. Son apparence est étroitement liée à l’efficacité de la protection qu’elle fournit : un artisanat de qualité implique l’acquisition laborieuse de savoir-faire, de richesses et d’influence. Confectionner des armures efficaces demande un certain degré de coordination : gestion de la main d’œuvre, développement de compétences spécifiques, développement d’une activité économique liée à l’acquisition de matériaux, et production de surplus pour la soutenir. Le guerrier qui revêt cette armure emporte avec lui l’empreinte de sa civilisation et l’arbore tel un talisman. Plus somptueuse est l’armure, plus la civilisation qui l’a conçue doit être ingénieuse et admirable.

On peut aussi ajouter que, en plus d’impliquer l’existence d’une civilisation sophistiquée, les guerriers revendiquent aussi leur efficacité en tant qu’hommes de guerre. Avec de telles brebis, à quoi doivent ressembler les bergers ?


En ce qui concerne les mécanismes de jeu, je suis partagé. J’adore la variété ahurissante qui existe dans le monde de l’armurerie, entre les différentes pièces et les matériaux qu’on utilise pour leur confection ; je ne suis cependant pas friand des systèmes de jeu trop complexes  (1). Je suis tout à fait satisfait du système de classement des armures en catégories Légère, Intermédiaire et Lourde [selon leur degré de protection], les casques et les boucliers procurant des bonus supplémentaires. D’un autre côté, [j’aimerais donner plus d’importance à l’optimisation de l’équipement] et avoir un système de règles réaliste et détaillé (crunchy) où les personnages roturiers en simples bottes et casques de bois dépouillent leurs adversaires morts de leurs cuirasses nauséabondes en cuir de poisson, pour gagner un léger avantage.

Idéalement, chaque élément d’un JdR devrait être unique, illustré, et intimement lié au jeu en termes culturels et mécaniques. Ainsi, à la place de porter une chemise de mailles, un personnage devrait revêtir un baidana rouillé dont les anneaux sont gravés avec les noms des vingt-sept saints thuléens (+3 à la classe d’armure (CA), bonus de +1 sur les interactions avec les hérétiques praskoviyens, malus de -4 sur les interactions avec le clergé de Laighlander). Mais c’est probablement trop lourd.

L’autre option, c’est de considérer que les armures en fibre végétale, en bois, en peau et en textile sont des armures légères (+1 à la CA). Les armures d’écailles et lamellaires, les brigandines, les cottes de plaque et la maille sont des armures moyennes (+3 à la CA). Les armures de plaque sont lourdes (+5 à la CA). Les casques et les petits boucliers ajoutent +1 à la CA et les boucliers plus imposants, +2.


Ce qui suit est une typologie grossière que j’ai établie après quelques jours improductifs de lecture superficielle et une rafle dans les favoris Pinterest d’un type, qui s’est offusqué de mon passage et m’a bloqué (ce qui est apparemment une possibilité). Les catégories ne sont basées sur aucune étude académique, mais elles ont l’avantage de permettre des regroupements pouvant être examinés individuellement. Je suis conscient que cette liste est loin d’être exhaustive et j’apprécierais que l’on m’envoie d’autres exemples d’armures exotiques venant des quatre coins du globe. Je suis également conscient qu’un bon nombre de ces armures sont composites (elles combinent plusieurs matériaux), ce qui est particulièrement le cas des armures japonaises qui semblent être aussi complexes que toutes celles du reste du monde réunies (c’est pourquoi j’ai préféré ne pas m’attarder dessus). Je m’occuperai des boucliers et des casques plus tard.

Les catégories que j’ai choisies sont basées sur les techniques de fabrication et sont les suivantes :

  1. Les armures en fibre végétale : faites de bois, de rotin, ou de tout matériau composé principalement de fibres de cellulose.
  2. Les armures en peau : faites de cuir, de fourrures ou à partir de peaux d’autres créatures.
  3. Les armures en textile : faites à partir de fibres textiles tissées.
  4. Les armures d'écailles ou lamellaires : composées de plaques individuelles attachées entre elles ou à un support.
  5. Les brigandines et cottes de plaque : composées de plaques individuelles cousues à l’intérieur d’un habit.
  6. Les armures de maille : composées d’un maillage d’anneaux entrelacés.
  7. Les armures de plaque : composées principalement de plaques de métal.

Les armures en fibre végétale

Ces armures, ainsi que celles faites en peau, sont parmi les protections les plus primitives [que j’aie pu trouver]. Je suis pourtant certain qu’elles procuraient un avantage militaire indéniable à ceux qui les portaient, surtout s’ils combattaient des adversaires sans protection, ce qui était hautement probable à cette époque.


Cuirasses papous tressées en fibre végétale


Armure en baguette de bois – îles Aléoutiennes wiki, Alaska


Armure en fibre de noix de coco tressée et casque en poisson porc-épic des îles Gilbert wiki


Armure en fibre de coco tressée de l’île de Nauru wiki. [+10 contre les attaques de vampires, sert également de collier anti-démangeaison (NdT)]


Armure shasta wiki en baguettes de bois et fibre végétale – Nord-Ouest du Pacifique


Cuirasse Da’o wiki en rotin tressé et cuir de poisson – Taïwan


Armure tinglite wiki en éclisse de bois et fibre végétale tressée – Alaska. Admirez aussi le fantastique casque et le gorgerin en bois.

Les armures en peau

Elles n’étaient pas aussi répandues que ce que les films, les séries télévisées et les jeux de rôles pourraient laisser penser. Les armures à base de peaux d’animaux, traitées sous différentes formes, ont existé dans diverses cultures autour du globe et à travers les siècles. La plupart de ces pièces d’équipement se sont désagrégées au fil du temps, ne nous laissant que des indices cryptiques pour s’en faire une idée. Le passage suivant date de la Chine des royaumes combattants (du Ve au IIIe siècle av. J.-C.) et décrit une armure en peau de rhinocéros. Les espèces locales ont, sans surprise, été chassées jusqu’à leur extinction :

“Les armuriers (han jên) confectionnaient les cuirasses (kia). Les armures faites à partir de la peau de rhinocéros à deux cornes (si) sont constituées de sept couches de peau tandis que celles faites à partir des rhinocéros à une corne (se) en ont six. Les armures qui utilisent une combinaison des deux possèdent cinq couches. La première tient cent ans ; la seconde, deux cents ans et la troisième trois cents ans.”

Note : J’aurais bien aimé trouver une photo d’un authentique cuir bouilli qui respecte les descriptions historiques, mais l’ombre de Gygax [co-créateur de Donjons & Dragons (NdT)] porte trop loin.


Armure tchouktches wiki en bois et peau de morse de Sibérie orientale. Notez le bouclier dorsal qui est caractéristique des armures tchouktches et koriaks wiki.

Les Tchouktches étaient des guerriers formidables qui opposèrent une résistance féroce à la colonisation russe. [L’anthropologue Vladimir Bogoraz wiki nous en donne un aperçu] en 1909 avec cette description :

“Pour se préparer au combat, chaque guerrier doit suivre un entraînement difficile et dédie tout son temps libre à des exercices physiques. […] Le héros doit tirer un traîneau lourdement chargé au pas de course sur de longues distances. Il porte des pierres et du bois, saute en hauteur, mais surtout transperce l’air avec sa longue lance. Cet entraînement est pratiqué dans la solitude ; sa manœuvre-clé étant de brandir la lance de toutes ses forces pour que la hampe se courbe comme un rouleau de peau de renne. Le guerrier s’entraîne aussi au tir à l’arc, qu’il utilise dans ce but de différentes flèches (sic) aux têtes effilées ou contondantes. De cet entraînement, il tire expertise et agilité. […] Lorsqu’on lui tire dessus, il esquive les flèches en bondissant sur le côté, les pare toutes avec le manche de sa lance ou les attrape simplement avec ses doigts avant de les renvoyer.”


Armure et casque romain en peau de crocodile datant du IIIe siècle av. J-C. et retrouvés en Égypte. La panoplie n’avait apparemment qu’un rôle cérémoniel…


… mais les livres de la série Men-At-Arms d’Osprey interprèteront tout selon l’angle martial


Les bottes de cavalerie étaient une vraie forme de protection. Elles ont d’ailleurs remplacé les jambières et les solerets wiki lorsque l’armure de plaque a commencé à être abandonnée.


Cuirasse en cuir provenant des Célèbes wiki en Indonésie.


Un “buff coat” anglais datant du XVIIe siècle. Ces manteaux étaient connus pour leur prix onéreux, parfois supérieur à celui de la cuirasse de plaque sous laquelle on les portait habituellement.


Cuirasse Da’o de Taïwan en cuir de poisson et casque en rotin. Oui apparemment le cuir de poisson est une chose qui existe bel et bien (2).

Les armures en textile

Cette catégorie met en avant le type d’armure le plus répandu et le plus méconnu de l’histoire. Les protections en textile étaient bien plus efficaces qu’on ne pourrait le penser aujourd’hui. J’ai vu des reconstitutions de chemises en lin encaisser admirablement les reproductions de flèches à pointe bodkin wiki tirées à partir d’une réplique d’arc long.


Manuscrit aztèque représentant des ichcahuipilli, des vestes courtes rembourrées en coton, probablement similaires aux gambisons wiki européens. Fait intéressant, beaucoup de conquistadors espagnols finirent par délaisser leur cuirasse de plaque pour l’ichcahuipilli, beaucoup moins étouffante.


Armure matelassée du Cameroun


Chilta hazar masha ou “manteau d’un millier de clous”. Cette armure venue d’Inde était fabriquée à partir de plusieurs couches de tissu, de rivets en laiton et quelques plaques de métal.


Un autre Chilta hazar masha


Pourpoint à œillets ou holledoublet. Une curieuse armure composée d’une myriade de petits anneaux en métal cousus sur le pourpoint. Apparemment très résistant aux armes tranchantes et perçantes.


D’authentiques vestons pour chiens de chasse, cousus en utilisant la même technique.


Détail de l’ouvrage. C’est apparemment incroyablement long à réaliser.


Un jupon français datant du XIVe siècle. Une armure matelassée et rembourrée qui est peu ou prou identique à un gambison.


Un wappenrock allemand datant du XVe-XVIe siècle, probablement confectionné à partir de plusieurs couches de lin


Reconstitution d’un linothorax, une armure rigide fabriquée à partir de plusieurs couches de lin collées ensemble. Le résultat est une sorte de papier mâché ultra résistant.


Détail de La Chasse de Sainte Ursule wiki de Hans Memling. Portez votre attention sur l’homme [qui nous tourne le dos] à gauche, il porte une jaque wiki renforcée par des clinches, des plaque de métal ovales ou rectangulaires liées entre elles par des chaînes et destinées à protéger le bras. Qui plus est, il porte une chemise de maille sous la protection en tissus, ce qui était une pratique standard pour l’époque (3).


Ah, voilà une pièce d’équipement incongrue. Les armures japonaises sont non seulement étranges et compliquées par bien des aspects, mais il faut ajouter à cela le horo wiki [la forme ovale orange dans la photo (NdT)], un cadre en osier recouvert de tissus qui offrait une protection contre les coups dans le dos. Ces choses pouvaient être énormes et imposantes et avaient définitivement leur place dans le considérable arsenal de guerre psychologique du samouraï.


Une armure en textile coréenne, qui ressemble à un sac de pomme de terre.


Jibha soudanaise, une armure matelassée et rembourrée


Encore des armures soudanaises. J’ai comme l’impression que des combats de type médiéval eurent lieu dans certaines parties de l’Afrique alors que le reste du monde était rentré dans l’ère moderne.


Cette illustration montre un type d’armure matelassé russe du nom de tyegilyai. J’aurais préféré trouver une photo, mais c’est plutôt difficile lorsqu’on ne comprend pas le cyrillique.

Les armures d’écailles ou lamellaires

Ces deux formes de protection sont très similaires, elles sont composées de petites plaques liées entre elles [au lieu d’être faites d’un seul tenant (NdT)]. La différence se trouve dans la façon dont ces éléments sont maintenus ensemble ; sur une armure lamellaire ceux-ci sont agencés de manière à tenir en place tout seuls tandis que sur les armures d’écailles, ils reposent sur une armature. Les brigandines et les cottes de plaque sont les cousines des armures lamellaires et d’écailles mais utilisent des plaques de métal cousues à l’intérieur du vêtement. Malheureusement, il n’existe aucun terme dans la nomenclature existante qui réunit ensemble ces différents genres d’armure.


Armure lamellaire tchouktche apparemment faite à partir d’os, de peau de morse et de bois de cerf. Le casque aussi est lamellaire.


Un casque d’écaille “penny plate” [littéralement plaque en pièce de monnaie (NdT)] originaire d’Europe


XXX

Une armure japonaise renforcée avec des pièces, qui n’est pas sans rappeler la “chemise maclée” apocryphe de Meyrick wiki en (4)


Armure japonaise d’écailles en cuir laqué


Armure lamellaire koriak en fer datant de 1901. Le peuple koriak wiki vivait dans l’Est de la Sibérie non loin des Tchouktches. Ils ont fait ensemble la transition depuis l’os vers le fer pour leurs armures lamellaires.


Broigne wiki soudanaise datant de la bataille d’Omdurman wiki en 1898. Elle ressemble à la chemise maclée de Meyrick, mais un hémisphère et quelques siècles les séparent.


Chine : armure de cuir lamellaire yolo. Prenez note aussi du brassard en cuir laqué posé en dessous.


Armure d’écailles en cuir. Je n’arrive plus à retrouver les références mais si je me souviens bien, cette armure était d’origine scythe wiki ainsi elle devrait remonter au IIIe s. av. J.-C [notre recherche donne une origine au VIe s. av. J.-C (NdT)].


Armure d’écailles polynésienne en coque de noix de coco fixées sur une armature en rotin tressé


Lorica squamata romaine, une armure d’écailles en fer


Armure d’écailles en fer – Italie, XIVe siècle


Armure tlingit en pièces de monnaie chinoise. Apparemment, les Tlingits wiki échangeaient leurs fourrures contre de la monnaie chinoise, qu’ils avaient évidemment du mal à dépenser. J’imagine que porter ce gilet était plutôt utile quand on avait besoin d’aller faire ses courses.


Reconstitution d’un brassard et d’une paire de jambières pré-Viking en éclisse wiki provenant du site de fouille de Valsgärde wiki


Armure française en fer utilisée durant la Première Guerre mondiale. La structure s’approche de l’assemblage de la “maille en tuile” (tegulated) apocryphe de Meyrick [elle est en réalité plus proche du jaseran (NdT)].


Reconstitution d’une armure de cérémonie lamellaire en pierre de la dynastie Qin, Chine (IIIe s. av. J.-C)


Armure lamellaire en fer tibétaine avec un camail wiki attaché au casque. L’ensemble remonterait au XVIe ou XVIIe siècle.


Cuirasse et casque moro wiki (Philippines) en corne de buffle domestique ; elle imite l’armure de plaque des espagnols.

Les brigandines et cottes de plaque

Cette forme de protection ressemble à une armure lamellaire ou d’écailles inversée, la similarité étant si poussée qu’on a retrouvé des cottes de plaque fabriquées à partir de vieilles lamelles de métal provenant d’amures lamellaires endommagées. La distinction entre brigandine et cotte de plaque repose sur la taille des morceaux de métal utilisés lors de la confection de l’armure (5). Les brigandines sont une invention tardive [du XIVe siècle], elles imitent souvent les justaucorps portés par la population civile, mais sont doublées de lames de métal de petite taille. À l’opposé, les cottes de plaque sont plus encombrantes car ce sont les précurseurs de l’armure de plaque, qui apparaîtra lors du Moyen Âge tardif.


Brigandine italienne datant du XVIe siècle. Les différentes photographies nous permettent d’apprécier la qualité de l’ouvrage.


Bottes mongoles doublées avec des plaques de métal


Cotte de plaque boru en fer et cuir. Origine : Afrique.


Cotte de plaque suédoise provenant de la bataille de Visby en 1361. Observez la variation en taille, nombre et forme des plaques.


Reconstitution d’une cotte de plaque utilisée lors de la bataille de Visby


Une autre brigandine italienne datant du XVIe siècle


Une jacques wiki de plaque anglaise qui se distingue de la brigandine par le fait que les lames de métal sont cousues au tissu plutôt que rivetées.

Les armures de maille

Elles sont composées d’un maillage flexible réalisé à partir d’anneaux en métal. Depuis leur invention par les Celtes au IIIe siècle av. J.-C, toutes les armures de maille en Europe sont faites à partir d’anneaux fermés par des rivets, ou une combinaison d’anneaux rivetés et d’anneaux normaux. La plupart des mailles asiatiques sont différentes ; les anneaux, au lieu d’être assemblés puis fermés par un rivet, sont encastrés les uns dans les autres [comme les anneaux de porte-clés (NdT)], ce qui donne un maillage bien plus fragile.

Une armure de maille rivetée digne de ce nom a la particularité d’offrir une protection presque totale contre les coups tranchants. On pourra cependant toujours vous pilonner jusqu’à ce que mort s’ensuive sans rencontrer de problèmes, et un bon coup d’estoc avec une arme pointue pourra faire sauter quelques anneaux et vous blesser, mais il est difficile de la trancher. C’est aussi une forme de protection plutôt efficace contre les flèches, du moment que l’on porte une armure rembourrée en-dessous.


Haubert de maille rivetée, Venise – XVe s.


Armure de maille et de plaque sind wiki, fin XVIIIe-XIXe siècle, Inde


Doublet armé avec manches et goussets en maille – XVe s., Europe


“Cape de l’évêque” composée de plus de 100 000 anneaux rivetés. Allemagne, XVIe siècle.


Doublet armé français, avec des manches en maille


Armure japonaise en maille et plaque. Le Japon a développé un nombre ahurissant de maillages différents pour ses armures mais celui-ci est toujours cousu à un support en tissu.


Un yoroi katabira japonais, habit matelassé doublé avec de la maille

 


Kazaghand ottoman datant du XVe s. Similaire au yoroi katabira, c’est un habit doublé avec de la maille.


Armure et casque de maille plate morowiki en (sud des Philippines)


Armure en maille plate et barde [pièces d’armures qui protègent un cheval (NdT)] – Perse, 1450

 


Baidana russe, une armure de maille qui se démarque par son utilisation de rondelles de métal rivetées à la place d’anneaux.


Baidana ayant appartenu au tsar Boris Godounov wiki

Les armures de plaque

L’utilisation de plaques de métal dans la fabrication d’armures est une technique de fabrication ancienne, qui a approché un niveau de sophistication élevé à l’époque de l’empire romain avant d’atteindre son apothéose lors de la Renaissance européenne.

Les armures de plaque sont incroyablement difficiles à entailler ou perforer et, contrairement à la croyance populaire, très résistantes aux flèches. Après l’avènement des armes à feu, il y eut une période où on tirait sur les armures de plaque les plus lourdes après leur assemblage pour prouver qu’elles étaient pare-balles. L’impact laissé par le projectile en était la preuve irréfutable.

Une majeure partie, mais pas la totalité, des casques étaient fabriqués suivant cette méthode.


La panoplie de Dendra, une armure en bronze de l’époque mycénienne wiki. XVe s. avant J.-C.


Une cuirasse en bronze provenant des Pays-Bas, XIe au VIIIe siècle avant J.-C.


Plastron étrusque en bronze, VIIIe s. av. J.-C.


Kardiophylax étrusque wiki, une armure pectorale en bronze. VIIe s. av. J.-C.


Cuirasse en bronze “façon cloche” grecque, VIIe s. av. J.-C.


Cuirasse “musculata” grecque datant de - 475

 


Plastron étrusque à trois disques. Ve-IVe s. av. J.-C.


Plastron carthaginois en laiton, IIIe s. av. J.-C.


Armure italienne transitoire incorporant des éléments de brigandine, maille et plaque. XIVe siècle.


L’armure de plaque d’Henri VIII wiki datant d’environ 1510 – quand il avait environ 20 ans. À partir de ce point, l’armure médiévale a atteint son apogée et ne verra pas d’évolution technologique majeure.


Cuirasse anime [articulée ?] allemande qui remonte aux années 1590.


Armure de trois-quarts de Cuirassiers français datant de 1630. L’absence de solerets wiki est ce qui a donné son nom à ce type d’armure.


Krug perse, une armure en maille et plaque, XVIe-XVIIe siècle.


Plastron japonais avec des impacts de balles, 1750


Cuirasse en plaque de fer de l’île de Nias wiki en Indonésie. Fin XIXe-début XXe siècle.

 


Armure Brewster [la première protection corporelle capable d’encaisser les tirs des fusils, développée sur commande de l’Armée des États-Unis ; elle pesait 18 kilos (NdT)], 1917-1918.

Article original : Body Armour

(1) NdT : L’auteur travaille sur un JdR d’inspiration slave utilisant une variante de son crû du système de Donjons & Dragons. Certaines des réflexions qu’il émet dans ce paragraphe et les suivants sont en relation avec ce jeu. [Retour]

(2) NdT : Les premières traces d’utilisation de la peau de poisson pour faire du cuir remontent au VIIIe siècle au Japon, où il était utilisé dans la fabrication d’armes, d’armure et de petits objets. Il faudra attendre le XIVe siècle pour qu’il soit utilisé en Europe. [Retour]

(3) NdT : La portée de cette pratique est cependant difficile à déterminer. Il semblerait que le port d’une armure textile par-dessus une armure en métal tienne plus de l’identification du porteur ou de la protection contre les intempéries qu’un désir de défense supplémentaire. [Retour]

(4) NdT : La classification utilisée par Meyrick divise les spécialistes ; de nos jours une armure comme celle-ci serait classée en broigne. [Retour]

(5) NdT : En plus de la taille des pièces de métal, il existe une différence entre les deux types d’armures : l’agencement des lames de métal. Chez la brigandine, elles se chevauchent, ce qui n’est pas le cas pour la cotte de plaque. [Retour]

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