Étoiles errantes : Les marshals à la conquête de l’ouest

Note du Traducteur : Nous avons comme c’est la coutume wiki choisi d’utiliser le terme anglais marshal. Cette appelation distingue des officiers de police dont la juridiction s’étend sur une ville (Town Marshal – marshal de ville), un comté (County Sherif) ou tous les Etats-Unis (US Marshal – marshal fédéral, sujet majeur de l’article) ; ils sont chargés de diverses tâches administratives et judiciaires et peuvent embaucher des adjoints (deputy) pour les aider.

L’histoire des marshals fédéraux est aussi ancienne que le pays qu’ils servent. Lorsque Wyatt Earp endossa l’étoile de marshal pour venger ses frères suite à la fusillade d’OK Corral, les marshals servaient déjà le Président, le Congrès et la Cour Fédérale depuis plus d’un siècle.

Les hommes du Président

Les premiers marshals fédéraux furent nommés [en 1789] par le président George Washington. Chaque marshal servait pour une durée de quatre ans, bien qu’il puisse être révoqué à tout moment si sa conduite le justifiait. La position n’apportait aucun salaire, le revenu associé à la charge provenait des honoraires demandés pour ses services ou ceux de ses adjoints. Ils étaient les officiers de la cour de justice locale, s’occupaient de la paperasse, procédaient aux arrestations, etc. Les marshals étaient aussi les administrateurs des tribunaux et recevaient pour cela une allocation afin d’en couvrir tous les coûts, de la location des locaux au salaire du concierge. Afin de s’assurer de l’honnêteté d’un nouveau marshal, celui-ci devait déposer une caution de 20.000$ qui lui serait confisquée en cas de toute inconvenance financière de sa part.

D’abord chargé de régler les ordres légaux du gouvernement, les marshals se trouvèrent vite dépassés par des tâches supplémentaires en l’absence de toute autre infrastructure fédérale couvrant tout le pays. Ces devoirs supplémentaires incluaient la distribution des proclamations présidentielles et la coordination du recensement national.

Les marshals et leurs adjoints étaient perçus comme le visage public de l’administration et en tant que tel, c’est vers eux que la population en colère déversait son hostilité et sa violence lorsqu’ils tentaient de faire appliquer une loi impopulaire. Que les marshals fassent face à un rebelle ivre de whisky, un abolitionniste ou un membre du Ku Klux Klan, les dangers étaient important et les récompenses bien maigres.

Premier sang

En 1794, Robert Forsyth - le premier marshal du District de Géorgie -, cherchait à régler une affaire concernant deux frères, William et Berverley Allen. Le marshal et ses deux adjoints se rendirent au domicile des frères où – afin d’éviter tout embarras aux Allen – Forsyth demanda à leur parler en privé. Les frères s’enfuirent promptement par les escaliers et s’enfermèrent dans une pièce vide. Quand le marshal déconcerté s’en approcha, un unique coup de feu fut tiré à travers la porte ; la balle frappa Forsyth à la tête et il mourut sur le coup. Ses adjoints arrêtèrent les frères, mais ils s’évadèrent de leur cellule de garde à vue par la suite et ne furent jamais punis pour le meurtre. Forsyth fut le premier marshal tué dans l’exercice de ses fonctions.

Moi, espion

Pendant la guerre de 1812 contre la Grande-Bretagne, les responsabilités des marshals s’accrurent lorsqu’ils furent chargés de recenser tous les citoyens britanniques vivant dans le pays et de les surveiller, à l’affût de signes de collusion avec l’ennemi. C’était une opération titanesque et on nomma des adjoints supplémentaires spécialement pour gérer cette situation. Comme la guerre continuait, ces hommes de lois débordés furent aussi responsables de l’incarcération des prisonniers de guerre, de l’échange des prisonniers et de la censure du courrier vers l’étranger.

Les marshals et leurs adjoints consacrèrent un temps conséquent à ces tâches, mais à la fin des hostilités ils ne reçurent que 75 misérables cents pour chaque Britannique recensé dans leur district.

Entre les guerres

Les responsabilités des marshals continuèrent de s’étendre durant les années qui précédèrent le début de la guerre de sécession en 1861. Deux domaines en particulier réclamèrent leur attention, pesant toujours plus sur leurs ressources déjà bien grevées.

Tout l’argent que l’on puisse imprimer

Pendant cette période, il n’y avait pas de monnaie légale aux États-Unis. N’importe quelle banque qui le souhaitait pouvait produire sa propre monnaie. Par conséquent, c’était pour les contrefacteurs ou les escrocs un jeu d’enfant que de produire et d’écouler des fausses pièces et billets « de banque ». Une estimation suggère qu’il y eut à un moment plus d’une centaine de banques imprimant leur propre monnaie, et qu’un tiers environ de la monnaie en circulation en 1860 était fausse(1).

En l’absence de toute autre agence, la tâche d’appréhender les faux-monnayeurs retomba sur les marshals. De telles opérations étaient souvent chronophages et par conséquent peu rémunératrices pour les marshals eux-mêmes puisqu’ils étaient payés à la condamnation, plutôt qu’au temps d’enquête. Malheureusement, ils n’étaient pas en position de refuser un ordre légal provenant de leurs supérieurs.

En 1865 le gouvernement des États-Unis fonda le Service Secretwiki pour lutter contre la contrefaçon, mais à ses débuts, cette nouvelle agence était si petite et inexpérimentée que les marshals continuèrent à lui prêter assistance en la matière jusqu’à ce que le Service soit opérationnel.

Cuba ou le désastre

La première moitié du XIXe siècle fut l’époque des flibustiers : des mercenaires américains qui – pour des motivations altruistes, par goût du risque ou soif d’aventure – quittèrent les États-Unis pour participer à des guerres étrangères et des révolutions. L’Amérique du Sud – dont les habitants cherchaient à se libérer du joug de l’Espagne – était un foyer d’agitation, et en 1837 une armée de « Patriotes » canadiens lança une tentative d’invasion du territoire américain.

Toute implication dans les affaires d’une nation souveraine amie était une violation de la loi de neutralité de 1817-1818, et les marshals étaient donc obligés d’empêcher de telles expéditions illégales. Ce n’était pas une tâche facile, et ces policiers étaient souvent obligés de solliciter l’aide de l’armée lorsqu’ils faisaient face à d’imposantes forces de combattants armés. Ils rencontraient aussi des difficultés pendant leurs enquêtes, car les flibustiers jouissaient souvent d’une très bonne image et d’un large soutien de la population. Elle aidait souvent les fugitifs quand ils cherchaient à échapper à une arrestation, et une fois au tribunal, ils pouvaient raisonnablement espérer être acquittés par un jury amical.

Sans surprise, les flibustiers passèrent à travers les mailles du filet et furent alors libres de participer à la multitude de conflits qui enflammèrent les Amériques Centrale et du Sud durant cette période.

Guerre de Sécession 

Les marshals qui restèrent loyaux envers l’Union après le début de la Guerre de Sécession eurent deux rôles principaux à jouer durant le conflit : l’arrestation des traîtres et la saisie des actifs pouvant être utilisés par les confédérés. En rupture flagrante avec la procédure d’avant-guerre, les marshals et leurs adjoints procédèrent fréquemment à des arrestations sans mandat, et souvent à l’instigation des gouverneurs militaires locaux plutôt qu’à celle d’un juge. De plus, lorsque les accusés arrivaient finalement au tribunal ils tombaient le plus souvent sur une cour martiale plutôt que civile.

Durant la guerre, la plupart des procédures légales normales furent suspendues, notamment et non des moindres l’habeas corpus : le droit de l’accusé à entendre les charges levées contre lui lors d’un procès public. L’ironie de cette situation malheureuse était que ceux qui cherchaient à préserver la Constitution furent forcés de l’ignorer pour la durée du conflit.

Et à part ça, Mme Lincoln…

Ward Hill Lamon, marshal du District de Columbia et ami d’Abraham Lincoln durant plus de 20 ans se fixa comme objectif personnel de protéger le président durant la guerre. C’était un travail exaspérant, car Lincoln était un fataliste qui traitait la question de sa protection avec une grande désinvolture, malgré plusieurs tentatives d’assassinat.

La nuit fatidique où John Wilkes Booth fit une apparition inopinée sur la scène du Ford Theatre [et fit feu sur Lincoln], Lamon était à Richmond à la demande du président. Le marshal affirma toujours qu’il aurait pu déjouer l’assassinat. En tous cas, il aurait sans aucun doute empêché Booth de s’échapper.

C’est Lamon qui ramena la dépouille de Lincoln à Springfield (Illinois). Il démissionna du corps des marshal moins de deux mois plus tard.

 

Partir vers l’Ouest

Avec la fin de la guerre, des colons avides de terres et des prospecteurs cupides se dirigèrent vers l’Ouest, et les marshals partirent avec eux.

Dans ces territoires récemment délimités, les marshals étaient la seule loi et avaient par conséquent l’autorité pour enquêter sur n’importe quel crime. Au fur et à mesure que la population de ces territoires croissait, les gens élisaient leurs propres administrations, marshal de ville, et marshal de comté. Les marshals fédéraux retournèrent alors à leur rôle plus traditionnel de policiers uniquement fédéraux.

Rendre aux Indiens…

Comme les colons empiétaient sur les réserves indiennes, les marshals furent responsables de faire appliquer les clauses de la loi sur les Rapports Indiens (le Nonintercouse act (wiki en)) de 1834, en particulier celles interdisant les ventes d’alcool et d’armes à feu aux indigènes. Il était aussi de leur responsabilité d’enquêter sur tout crime impliquant à la fois des Indiens et des blancs, peu importe la race de leur auteur. (Les crimes entre Indiens tombaient sous la juridiction de la (ou des) tribu(s) impliquée(s).)

Les marshals furent aussi chargés de prévenir le vol de bois dans les réserves indiennes. Le bois de construction était une denrée rare dans les Grandes Plaines, et les marchands de bois peu scrupuleux n’hésitaient pas à venir sournoisement couper quelques arbres dans les réserves. Sans surprise, ces violations de leurs territoires n’amusaient que peu les Indiens qui s’attendaient à ce que les forces de l’ordre interviennent.

Les relations entre les Indiens et les marshals ne furent jamais bonnes. Les Indiens avaient trop souvent souffert aux mains d’agents corrompus pour accorder leur confiance à d’autres agents fédéraux.

Surplus de l’armée

Les hors-la-loi qui voyagèrent vers l’Ouest n’avaient aucun respect pour la propriété de quiconque, il n’est donc pas surprenant qu’ils étaient prêts à voler aussi dans les stocks de l’armée. Le bétail s’avéra particulièrement populaire, mais tout était bon à prendre. Comme toute propriété de l’armée était techniquement une propriété fédérale, tous ces vols tombèrent sous la juridiction des marshals fédéraux.

Des plaines, des trains et des diligences

Lorsqu’un train ou une diligence était dévalisé, son courrier postal (U.S. Mail) l’était aussi, et était inévitablement qualifié de crime… fédéral. Il revenait aux marshals de capturer les coupables, mais c’était souvent une tâche difficile. Le marshal y passait en général beaucoup de temps, ce qui n’en faisait pas un bon gagne-pain pour les adjoints désargentés. Pour les cas les plus potentiellement chronophages, un marshal malin pouvait demander l’autorisation d’engager un détective privé. L’enquêteur ferait tout le travail de terrain, avant qu’un juge ne produise des mandats d’arrêt contre les suspects et que les adjoints s’en servent.

De tels criminels se rendaient rarement calmement, et nombres d’adjoints ou de membres de leur détachement furent tués ou blessés lors d’opérations d’arrestation.

Les Cowboys de l’Arizona

Les « Cowboys(wiki en)  » étaient un célèbre gang de desperados (estimé entre 75 et 300 membres) qui s’en prenaient aux habitants des deux côtés de la frontière mexicaine. Ils devinrent un important problème pour les marshals. On s’attendait à ce que Virgil Earp agisse contre eux, mais il était trop occupé à accumuler l’argent provenant de son double poste de marshal fédéral et de marshal de la ville de Tombstone pour aller risquer sa peau contre une bande de tueurs de cette taille. Plusieurs Cowboys furent tués durant la querelle entre Clanton et Earp ; mais leur appartenance à la bande n’y était pour rien.

Au final, la seule force des marshals s’avéra inadaptée à la tâche d’amener les Cowboys devant la justice. La zone où ils opéraient fut finalement déclarée « en rébellion » et ceci permit à l’armée de s’impliquer ; les Cowboys ne survécurent pas longtemps après cela.

Emmenez-moi ces deux Chinois

Les compagnies de train transcontinentales employaient des travailleurs chinois pour poser leurs rails. Les immigrants travaillaient pour presque rien, une caractéristique qui ne plut pas à leurs voisins blancs quand les compagnies terminèrent les contrats des Chinois et qu’ils furent forcés de trouver un emploi ailleurs.

L’animosité qu’engendrèrent ces Chinois communautaires et industrieux parmi les autres travailleurs fut telle que le gouvernement fédéral fut obligé d’interdire toute autre immigration de travailleurs pendant dix ans, à partir de 1882. Les employés des douanes furent chargés d’appliquer la loi d’exclusion et d’organiser le refoulement des immigrants illégaux, mais les douaniers manquaient de personnel pour mener toutes les enquêtes nécessaires. Les marshals prirent le relais. Ils étaient non seulement tenus de trouver et d’arrêter de tels clandestins, mais ils devaient aussi transporter leurs prisonniers vers la côte Ouest et les y détenir jusqu’à ce qu’ils puissent être rapatriés.

Afin d’économiser sur les coûts de transports, on négocia un accord avec les compagnies de chemin de fer, selon lequel un adjoint remplacerait l'un des employés de la compagnie pour la durée du trajet. En échange, son prisonnier et lui pouvaient voyager à tarif réduit. Cette procédure n’était pas populaire ; elle signifiait qu’un seul marshal pouvait gagner de l’argent pour chaque trajet et - puisque la responsabilité de la compagnie de train s’arrêtait à la destination -, il n’y avait plus qu’un seul homme pour veiller aux besoins du prisonnier pendant qu’il attendait son expulsion.

Ce n’était pas la première fois que les grippe-sous de Washington s’attendaient à ce que les marshals et les adjoints déploient tous les efforts pour accomplir leurs devoirs, mais étaient réticents à en payer le prix

Le destin d’un adjoint

Disons les choses en face, la vie d’un adjoint n‘était pas celle d’un homme heureux. Alors que le marshal pour lequel il travaillait était assis dans un fauteuil à la capitale de l’état ou du territoire, accumulant de l’argent en s’occupant des papiers et des autres affaires sans gros risque, c’était l’adjoint qui était le fer de lance de la police fédérale. Les officiels locaux et gouvernementaux semblaient ravis de leur mettre des bâtons dans les roues (c’était particulièrement vrai dans le Sud après la Guerre de Sécession, une fois que les Démocrates eurent regagné de l’influence).

Ils étaient strictement limités en matière de pouvoir d’arrestation. À l’inverse de leur homologues du comté ou de la ville, ils appliquaient strictement la règle « pas de mandat : pas d’arrestation ». Les marshals avaient un outil fort utile dans ce cas : des mandats en blancs pouvaient être émis pour un crime précis, et si l’adjoint pouvait prouver la culpabilité d’un suspect pour le crime en question, il pouvait alors l’arrêter avec ce mandat plutôt que d’en obtenir un autre d’un procureur fédéral.

La paye était maigre et les comptables de Washington étaient doués pour rejeter toutes les dépenses qu’ils pouvaient – plus d’un adjoint fut révoqué pour avoir enjolivé ses notes de frais. Afin de gagner davantage d’argent, un adjoint était souvent obligé d’adopter plus d’une casquette ; comme le montre l’exemple de Virgil Earp ci-dessus, un marshal fédéral adjoint pouvait en même temps servir de marshal de ville. Il était alors en position d’empocher un pourcentage sur toutes les taxes imposées aux commerces locaux, en plus des amendes issues de son travail fédéral. Malheureusement, une position aussi confortable pouvait pousser un tel homme de loi à la négligence, limitant l’énergie qu’il mettait à s’acquitter des aspects les plus dangereux de son travail…

Combattre le crime ne paie pas

Les adjoints des marshals fédéraux étaient loin d’être bien payés pour toutes les responsabilités qu’ils assumaient, et les risques qu’ils prenaient. Sans salaire, un adjoint était payé aux résultats et remboursé pour toute dépense raisonnable avancée dans l’exercice de ses tâches.

Un adjoint à Fort Smith, dans l’Arkansas, recevait deux dollars pour chaque arrestation ou affaire suivie à la cour, et 6 cents pour chaque mile parcouru à l’aller. Il percevait 10 cents au retour mais seulement s’il escortait un prisonnier. Les dépenses telles que les repas pouvaient être couvertes, mais seulement sur présentation d’un reçu.

Si un député échouait à mener une arrestation à bien, il ne percevait rien ; et s’il tuait la personne qu’il était censé arrêter, il devait l’enterrer à ses frais !

Pire, un adjoint était obligé de laisser un quart de ses gains au marshal qui l’employait.

Il est clair qu’un adjoint honnête ne pouvait jamais devenir riche, bien qu’il puisse améliorer son maigre revenu en réclamant n’importe les récompenses offertes par les compagnies de train ou de diligence pour l’arrestation des criminels qui les harcelaient.

 

Les hommes derrière l’étoile

Quel genre de personne endossait alors le pénible rôle d’adjoint d’un marshal fédéral ? De manière générale, il s’agissait d’hommes expérimentés ; des types qui avaient roulé leur bosse et ayant déjà servi dans divers rôles avant de prendre l’étoile : des soldats, des éclaireurs, des muletiers, des cowboys, des détectives privés, ou tout ce que vous pouvez imaginer. Il n’était pas non plus inhabituel qu’ils aient fait un tour du mauvais côté de la loi avant de devenir adjoint.

Personne ne se berçait d’illusions sur les difficultés et les dangers que ce travail comportait, mais ils prenaient tout de même le poste. Certains ont pu le faire parce que, pour des hommes brutaux, c’était là un moyen parfaitement légal de combler leur penchant pour la violence ; les raisons des autres étaient rarement claires. Quelle qu’ait été leur motivation, ces hommes n’avaient pas peur de se mettre en danger pour que le travail soit fait : la mort durant le service était monnaie courante.

Ils sont la loi

Malgré les entraves placées sur leur chemin, il était sûr que pour quiconque était tenté d’enfiler la cape du justicier - et accordait plus d’importance au fait d'amener les bandits devant le juge qu’à son compte en banque - le rôle d’adjoint d’un marshal n’était pas le pire choix. Ils avaient la plus grande juridiction de toutes les autres « étoiles d’étain » et eux avaient l’avantage de bénéficier de l’appui du gouvernement fédéral.

Il existait sans aucun doute des gens cherchant à contrecarrer le travail d’un adjoint, en particulier des individus ressentant une inimité particulière envers le gouvernement et prêts à sauter sur la moindre occasion pour faire un pied de nez à l’administration en place ; mais de tels obstacles font partie du jeu pour tout policier. Ce n’est sûrement pas un travail pour les timorés : afin de réussir comme adjoint de marshal fédéral, le policier en herbe doit avoir du cran en grandes quantités, comme Rooster Cogburn dans Cent dollars pour un shérifwiki.

Les Trois Gardiens

Actifs dans le territoire de l’Oklahoma durant les années 1890, les adjoints du marshal surnommés « les Trois Gardiens de la loi » furent grandement responsables de la diminution du crime organisé sur le territoire. Bien que leurs activités tombent juste à la marge de la période classique de la Conquête de l’Ouest, ils fournissent un bon exemple du genre de personnes ayant porté l’étoile.

Chris Madsen

Christian Madsen est né au Danemark vers 1851. Lorsqu’il arriva aux États-Unis en 1876, il était vétéran de nombreuses batailles en Europe et en Afrique du nord. Il mit ses aptitudes martiales au service de la Cavalerie des USA, parvenant au rang de sergent avant de quitter le service en 1891. Madsen accepta ensuite le poste de marshal adjoint, d’abord à El Reno puis à Guthrie dans le territoire de l’Oklahoma.

‘Heck’ [‘Sacré’] Thomas

Henry Andrew Thomas naquit en Géorgie en 1850. Lors de la Guerre de Sécession il servit en tant que courrier au sein de la brigade du général « Stonewall » Jackson. Avant de devenir marshal adjoint, Thomas servit comme agent pour la Texas Express Company puis pour la Fort Worth Detective Association. En tant qu’adjoint, il travailla tout d’abord à Fort Smith dans l’Arkansas avant de déménager dans le territoire de l’Oklahoma. En l’espace de 3 ans, il fut personnellement responsable de l’arrestation de 300 malfaiteurs.

Bill Tilghman

Tilghman eut la carrière la plus variée des Trois Gardiens avant de devenir adjoint. Il est né dans l’Iowa en 1854 puis partit pour le Kansas en 56.

D’abord chasseur de bison, puis éclaireur pour l’armée, Tilghman porta sa première étoile en tant qu’adjoint de shériff en 1877. Il eut une brève expérience avec le mauvais côté de la loi avant de se marier et de déménager pour Dodge City. Il éleva du bétail non loin de là et dirigea aussi deux saloons ; il devint marshal de la ville en 1884. Du Kansas, il vint en Oklahoma et revendiqua des droits non loin de Guthrie. Après un temps comme marshal de la ville de Perry, Tilghman accepta le poste d’adjoint de marshal fédéral en 1892.

Article original : Wandering Stars: The U.S. Marshals in OGL Wild West – Sign & Portents n°37, p.11-14

(1) NdT : plus d’infos sur l’origine des billets « de banque », l’argent, et plein d’autres inspis autour, dans Du Cashptgptb [Retour]

Note: 
Aucun vote pour le moment
Catégorie: 
Nom du site d'Origine: 
Traducteur: 
Share

Ajouter un commentaire

Mention légale importante

Nous vous encourageons à faire un lien vers cette page plutôt que de la copier ailleurs, car toute reproduction de texte qui dépasse la longueur raisonnable d’une citation (c’est-à-dire, en règle générale, un ou deux paragraphes) est strictement interdite. Si vous reproduisez une grande partie ou la totalité du texte de cette page sans l’autorisation écrite de PTGPTB (version française), et que vous diffusez ladite copie publiquement (sites Web, blogs, forums, imprimés, etc.), vous reconnaissez que vous commettez délibérément une violation des lois sur le droit d’auteur, c’est-à-dire un acte illégal passible de poursuites judiciaires.