Retour aux confins du pays

Il était une fois

rappel de vertes années de modules de base, de bastons de donjon, et de persécutions religieuses

 

Je joue aux Jeux de Rôles depuis 15 ans maintenant. J’ai commencé quand j’étais au lycée. Je fais maintenant partie du groupe des joueurs vieillissants avec un travail une famille et une sensation persistante que je suis vraiment trop vieux pour ça. Et puis merde.

Les Confins du pays était un voyage D&D standard: allez à la forteresse, tuez des tas de monstres, rentrez à la maison.

 

Le premier système que nous avons utilisé était bien sûr, Donjons et Dragons de TSR et la première aventure fut B2 : Keep on the Borderlands (le château fort aux confins du pays). Ça me glace de terreur encore à ce jour. Je pense que nous avons tous joué ce module. Sinon, il est probablement dans l’arrière-salle de votre bouquiniste local. C’est l’équivalent en jeu de rôles d’avoir le cerveau lessivé. Sacré nom de Dieu, vous l’aviez gratuitement quand vous achetiez le D&D Basic. Je l’ai joué plusieurs fois, quelquefois la forteresse était dévastée par les déités de ADD, et quelquefois non. Ensuite il y avait notre gentille petite aventure. C’est avec une grande honte que j’admets que notre brave troupe de durs à cuire n’a jamais atteint " les cavernes du chaos ", la première rencontre prévue dans le module.

 

Malheureusement, nous n’avions pas un authentique serviteur de Satan pour être notre Maître de Donjon (si vous ne savez pas de quoi je parle, suivez le lien dans la marge ci-dessous pour quelques exemples des trucs extrémistes chrétiens qui ont étés dits) alors nous avons dû nous débrouiller avec le plus vieux du groupe. Je crois qu’il a lu l’aventure en entier (l’odeur d’un nouveau scénario était presque aussi agréable que de le lire) bien qu’il n’ait pas eu l’usage de la plus grande partie.

Nous avions passé l’obligatoire première séance à créer des personnages. Je crois que nous avons même tracé quelque chose dans cette petite boîte dédiée au blason du joueur, et réfléchi à une devise.

Notre Maître de Donjon n’était pas au courant qu’il y avait une vitesse de déplacement en extérieur. Alors le groupe bougeait peut-être à dix mètres par round, peut-être d’un kilomètre par séance ! C’est comme jouer à Isle of Dread (l’île de l’épouvante) (le scénario que vous aviez en achetant D&D Expert) et ne jamais atteindre l’île. Les aventuriers ont commencé à se battre entre eux, nous attrapions n’importe quel monstre errant que nous pouvions pour les torturer. Au diable l’alignement ! Je crois que nous avons dû mourir de faim à la fin par manque de rations.Probablement une bonne introduction au jeu, tout bien considéré. Notre MD a menacé de changer notre alignement quand nous avons versé de l’huile bouillante sur les armures de quelques gnomes de passage, mais qu’est-ce qu’on en avait à faire ?

Vous devez vous souvenir que cela remonte aux tous premiers jours du jeu de rôles en Australie. Quand le D&D Compagnon était un objet de légende – quel jour heureux fut celui où nous l’avons vu pour la première fois à la vente. Je crois que nous avons rassemblé tout notre argent pour l’acheter. Une couverture luisante et d’habiles dessins *réalistes* par dessus le marché.

C’était lors de la grande panique. Avant que D&D ne joue un petit rôle dans le voyant petit moulin à fric de Spielberg : E.T. (1) et ne devienne respectable. Nous fûmes bombardés d’affaires dans les médias et des rumeurs qui vont avec à propos de gens se suicidant parce qu’il s’étaient trop investis dans leur personnage. C’était encore une fois la situation "le rock and roll est l’instrument du démon". Ce se passait seulement quelques années avant d'entendre parler d’adolescents noyés dans les égouts en jouant à Teenage Mutant Ninja Turtles. Nous avons tous vécu cette hystérie à des degrés plus ou moins grands. Le jeu de rôles fut banni de l’école, avec les accessoires – les dés avec plus de six faces furent interdits. Certaines librairies respectables cessèrent de proposer du matériel de JdR. Quelquefois, nous la vivions de façon plus ennuyeuse. J’avais un ami, que nous appelions tous Ivan, parce qu'il avait un teint rougeaud et que nous trouvions qu’il avait un peu l'air d'un Russe. Je crois que le surnom avait même été son idée. Nous allions à l’église ensemble. Là, nous avons constamment supporté un chrétien enragé persuadé qu’Ivan était le nom d’un personnage qu’il jouait et qu’il devait être sauvé, encore et encore et encore. Vous ne pouviez pas être un chrétien et un rôliste, et toutes ces conneries

Nous aurions pu abandonner le JdR après B2 mais bien sûr en tant qu’adolescents, nous savions que nous étions tombés sur quelque chose. Tout le monde était tellement contre. De plus, nous avions été élevés au sein de l’Église et nous savions comment mener nos opérations dans des conditions difficiles de lourde culpabilité. Quel intérêt à être ado, après tout, si ce n’est pour faire chier les plus vieux ?


Article original : Back on the Border Lands

 

(1) NdT :Dans la première apparition du jeu de rôles au cinéma le héros du film E.T l'Extraterrestre (1982) joue à D&D, et ne cogne pas le premier monstre venu… Un des meilleurs (ou pire) exemples de cette sorte de propagande contre D&D fut la B.D. Dark Dungeons de Jack Chick. [Retour]

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