Autocensure

Alarums and Excursions

 

Note : Cet article a été à l’origine publié dans le numéro 4 de ’Interactive Fantasy [un magazine publié par Hogshead Publishing et dédié aux jeux de rôles et à la création d’histoires].

 

- Les liens ont été ajoutés par les traducteurs de PTGPTB.

En général, j’ai une approche amateure du jeu de rôles. Je maîtrise une partie chaque mois avec des amis rôlistes. Je publie Alarum & Excursions, un fanzine rôliste mensuel [à base de contributions]. J’ai aussi écrit des produits professionnels de jeu de rôle, principalement des suppléments : Land Of The Rising Sun (pour FGU) (1) , GURPS Japan (SJG) et Vikings (ICE).

Je n’ai jamais reçu d’ordre explicite d’une maison d’édition ou d’un éditeur, de censurer un élément quelconque d’un de ces suppléments. J’ai pensé de moi-même que Fantasy Games Unlimited, Steve Jackson Games et Iron Crown Enterprise ne voulaient pas que mes suppléments ne contiennent ne serait-ce que quelques paragraphes concernant l’attitude des Japonais ou des Nordiques envers l’homosexualité. Ainsi, bien que mes recherches indiquaient que c’était un aspect important de leurs cultures, je n’ai pas abordé ce sujet dans mes livres.

Ce n’était pas pour éviter des désaccords avec mes éditeurs. Mon supplément Vikings a provoqué un long mais amical débat avec mon éditeur à propos des attaques de Vikings sur les châteaux. Mes sources s’accordaient à dire que les Vikings étaient réticents à attaquer ne serait-ce qu’une petite motte castrale (2) et encore moins des fortifications plus évoluées. Nous sommes finalement arrivés au compromis suivant : « les raiders remontaient à l’intérieur des terres pour piller mais restaient loin des châteaux et des zones fortifiées. Cependant, quelques Vikings audacieux appréciaient le défi que constituait la prise d’assaut d’une motte castrale, qui n’avait que peu de ressemblance avec les grands édifices de pierre qui s’élèveront au-dessus des champs et des villes d’Europe des siècles plus tard. »

Finalement je me suis demandée si j’avais eu tort d’ignorer les attitudes culturelles concernant l’homosexualité. Alors, la fois suivante, j’ai demandé aux directions de mes différents éditeurs. Ils me dirent qu’ils étaient très contents que je n’aie pas abordé ce sujet et que, oui, en effet, ils auraient supprimé les sections l’abordant. Les éditeurs de jeux de rôle ne s’offusquent pas lorsque leur matériel de jeu expose des scènes amorales : carnage, torture, toxicomanie, des vampires, des succubes (toutes strictement hétérosexuelles dans toutes les illustrations que j’ai vues) et même des démons. L’homosexualité, en revanche, semble intolérable.

Bien sûr, ça ne s’applique pas à tous les éditeurs de JdR. Par exemple, lorsque White Wolf me demanda d’écrire un passage sur les vampires orientaux contemporains (inclus dans la première édition du Monde des Ténèbres), j’ai préfacé les règles et le milieu culturel avec une histoire de touriste américain (de San Francisco [haut-lieu homosexuel, NdT]) faisant deux rencontres érotiques, l’une avec un gaki mâle (un vampire) et l’autre avec un chat changeforme femelle. L’histoire était racontée à la première personne, et ma note l’accompagnant enjoignait les éditeurs, si la nouvelle devait être illustrée, de donner à l’artiste la consigne de laisser planer une ambiguïté sur le sexe du personnage afin que les lecteurs soient indécis et se posent la question suivante : quelle est la rencontre homosexuelle ?

J’avais lu le livre de règles de Vampire : La Mascarade de White Wolf ; et j’ai pensé que ça ne les gênerait pas ; et en effet, ce ne fut pas le cas. Le reste de mon article ne parlait pas de changements d’attitudes sur l’homosexualité durant l’Histoire japonaise ; ce changement se serait certainement manifesté dans une société de vampires immortels - et ils ne me demandèrent pas de les détailler. (Ils me demandèrent cependant de réécrire certaines autres choses.)

Bien que tout cela ait été de l’autocensure, fondée sur une perception (apparemment exacte) de l’attitude des éditeurs, je commence à trouver ça frustrant. J’ai été ravie de découvrir que, grâce à Interactive Fantasy, j’avais maintenant un forum où je pouvais discuter des perceptions de l’homosexualité par les Japonais et les Nordiques au Moyen-Âge, et comment elle pourrait affecter les jeux de rôles qui se déroulent dans ces cultures.

L’Homosexualité dans le Japon médiéval

Je ne suis jamais tombée sur des sources documentant, ou même faisant allusion au lesbianisme dans le Japon médiéval. Ivan Morris note dans The World of the Shining Prince, sa référence sur [le monde de la Cour et de ses cérémonies lors de] la période Heian du IXe siècle :

« Les relations homosexuelles entre les dames de la cour était probablement assez communes, comme dans toute société où les femmes sont obligées de vivre en permanence dans la promiscuité… mais… je n’ai pas pu trouver de témoignage précis. »

Bien sûr la « promiscuité permanente» de ces dames était modérée par de fréquentes visites des hommes de la cour. Morris note que

« une demoiselle d’honneur ou une dame dans la maisonnée de l’Impératrice avait en général un « amant attitré » qui, du moins en théorie, avait la primeur de ses attentions. De plus, si elle était suffisamment attirante et audacieuse, elle pouvait avoir un amant secondaire et de nombreux amants temporaires… »

Bien sûr la société de la Cour n’est pas le cadre japonais auquel la plupart des rôlistes s’intéressent. Ils veulent placer leurs personnages dans une culture dominée par les samouraïs et les rōnin [samouraïs sans maître (NdT)], pas les courtisans ; pas le Heian (Paix et Tranquillité) du IXe siècle, mais le Sengoku (Provinces en Guerre) du XVIe siècle avant l’ascension du shogunat des Tokugawa [de 1603 à 1868 (NdT)] ; ou encore, vers la fin du shogunat, quand son autorité est en déclin (3). Du moins, ce furent les deux époques sur lesquelles se focalisait mon supplément GURPS Japan, avec l’aval de Steve Jackson Games.

Le Japon de l’ère des samouraïs tolérait l’homosexualité masculine et, en fait, l’institutionnalisait dans certaines domaines culturels : chez « les vendeurs de rue » prostitués, les acteurs de kabuki, les moines bouddhistes et les guerriers samouraïs eux-mêmes.

Prostitués garçons

Le classique d’Oliver Statler, Japanese Inn, traite longuement de ce groupe et, dans son ouvrage, il cite les écrits d’Englebert Kaempfer, un médecin employé par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, qui a vécu au Japon entre 1690 et 1692.

« A Seikenji ils font un cataplasme réputé… Dans la rue principale de cette ville, à travers laquelle nous passions, ont été construites neuf ou dix maisons bien rangées, ou cabines, devant lesquelles sont assis un, deux ou trois jeunes garçons de dix ou douze ans. Ils sont bien habillés, avec les visages peints, et des attitudes féminines, gardés par leurs lubriques et cruels maîtres pour le plaisir secret et l’amusement des riches voyageurs, les Japonais étant friands de ce vice. Cependant, pour sauvegarder les apparences, ils restent pour ainsi dire assis là pour vendre lesdits cataplasmes aux voyageurs. »

L’homme qui ne vécut que pour aimer, du romancier du XVIIe siècle Ihara Saikaku, décrit les « vendeurs de rues » prostitués itinérants, les tobiko : des jeunes efféminés qui se rendaient aux domaines de riches veufs ou faisaient le tour des quartiers pauvres où vivaient les samouraïs de campagne. Ils pouvaient colporter d’autres menus objets en plus du parfum mais… leur commerce servait de couverture pour cacher leur véritable identité à ceux qui n’étaient pas dans le secret. Ils suivaient un schéma de comportement et une ligne de discussion facilement reconnaissables par les hommes familiers de leurs secrets : les hommes qui n’avaient pas d’attirance pour les vraies femmes.

GURPS Japan consacrait un certain nombre de paragraphes aux prostituées japonaises, que j’ai poliment appelées courtisanes. Un encadré expliquait comment les filles étaient élevées comme courtisanes, combien d’argent une famille pouvait obtenir en vendant sa fille à une « maison de thé », combien d’argent une courtisane pouvait gagner pour son souteneur et pour elle-même, et combien un amant devrait payer pour racheter son contrat. J’ai même introduit un nouveau désavantage : « Amour pour une courtisane ou une geisha », une pulsion destructrice, financièrement et socialement.

Je n’ai pas mentionné du tout les prostitués garçons. J’aurais dû expliquer que tant les garçons que les filles étaient vendus encore enfants par leurs familles : des paysans, ruinés par une sécheresse, qui avaient besoin de payer leurs taxes ; des artisans ou des vendeurs qui avaient misé leurs enfants aux jeux de dés. Parfois même l’enfant d’une famille respectable de samouraïs pouvait être vendu pour récupérer de l’argent, si l’honneur de la famille était en jeu.

Là encore, comme les filles, les garçons prostitués remettaient un pourcentage important de leurs gains à leur souteneur (en échange d’être nourris, logés, plus les vêtements coûteux et les cosmétiques). En général, les courtisanes cessaient leur activité vers le milieu de la trentaine ; les garçons arrêtaient vers la fin de l’adolescence, lorsqu’ils atteignaient la maturité physique. Les courtisanes très belles étaient traitées comme des célébrités et avaient le droit d’accepter ou de rejeter les clients potentiels ; mais les « mignons » semblent n’avoir jamais acquis ce genre de statut.

Ma campagne dans le Japon féodal dure depuis plus de dix ans (en temps réel). Il y a quelques années, un Personnage-Joueur a acheté une paysanne de quinze ans comme concubine. Sa famille avait été condamnée à être crucifiée car leur père avait été grossier au point de présenter une pétition demandant à leur seigneur de baisser les taxes après une année de sécheresse. La seule chance de sa fille pour échapper à la mort était de changer légalement la cellule familiale dans laquelle elle était inscrite, en devenant une épouse, une concubine ou une prostituée.

Je n’ai jamais utilisé les prostitués, homme ou femme, comme élément de la trame de mes campagnes, et les personnages de mes joueurs ne les ont jamais sollicitées. A l’occasion ils ont recherché des acteurs, des parieurs, des animaux changeformes. Un personnage a même parcouru les étendues sauvages en criant : « Démon ! Ohé du démon ! Je veux te vendre mon âme !». Je pense que mes joueurs ne sont tout simplement pas très intéressés par les prostitué(e)s.

J’aurais pu utiliser un certain nombre d’intrigues avec des prostitués garçons.

  • Le garçon samouraï qui a été vendu pour soutenir sa mère veuve – et qui recherche le meurtrier de son père. Dans une variante, la cible de sa vendetta se révélerait être l’homme dont il était tombé amoureux.
  • le garçon dont les demandes de cadeaux de luxe ont conduit son amant à une vie de crime.
  • le garçon qui est en réalité un renard ou un blaireau changeforme, qui s’est vendu lui-même pour gagner de l’argent pour un samouraï ou un prêtre bouddhiste désargenté qu’il admire.
  • le garçon tombé amoureux d’un beau client, et qui se laisse dépérir d’amour, son ikiryô (l’âme d’une personne vivante séparée de son corps) hantant son amoureux.

Pages bouddhistes

Dans GURPS Japan, j’ai écrit « les prêtres bouddhistes dévots sont strictement célibataires. » Je n’ai pas mentionné que la plupart des prêtres bouddhistes étaient moins pieux et interprétaient leurs vœux reniant le sexe, comme leur interdisant seulement de s’accoupler avec des femmes. J’ai écrit que certains prêtres étaient errants, alors que d’autres vivaient dans des temples qui fonctionnaient, entre autres, comme des écoles. Je n’ai pas écrit que certains temples institutionnalisaient le traitement homosexuel des enfants dont on leur confiait l’éducation.

La vie quotidienne au Japon de Louis Frédéric rapporte :

Les nobles confiaient souvent leurs enfants (mâles), dès leur plus jeune âge, à la garde de monastères : là, les moines se chargeaient de leur éducation et les instruisaient jusqu’à ce qu’ils atteignent la majorité. Ces enfants étaient précieux pour les moines et les prêtres, à qui ils servaient de pages. Leurs vêtements étaient somptueux, ils avaient les sourcils rasés (comme les femmes de la haute société) et étaient maquillés comme des femmes. Ils faisaient la fierté des monastères qui se glorifiaient de posséder les plus jolis et talentueux pages du district… Certains, à leur majorité, devenaient moines ; d’autres retournaient à leurs familles.

 

Charles J. Dunn dans Everyday Life in Traditional Japan confirme :

De nombreux (prêtres bouddhistes) entamaient des relations homosexuelles avec les acolytes du temple, et les prostitués garçons qui prospéraient à l’époque les comptaient comme leurs clients les plus fiables.”

Ma campagne japonaise n’a établi pratiquement aucun contact avec les prêtres bouddhistes dans les monastères, hormis pour de brèves visites au temple principal d’un ordre très ascétique. Ils n’ont visité aucune école de temple. Et, je l’admets, je n’ai fait aucun effort pour insérer ces institutions dans l’intrigue. Décrire l’abus sexuel institutionnalisé d’enfants ne m’intéresse pas. C’est peut-être pourquoi j’ai évité les intrigues comprenant des prostituées.

Si j’avais inclus un page de monastère dans ma campagne, ça aurait été sans doute une adaptation d’une pièce de kabuki (4) que j’ai lue il y a longtemps.

  • Le joli page du monastère, très amoureux d’une fille d’un village voisin, s’éclipse pour lui rendre visite lors d’une longue nuit d’hiver. Il retourne à la maison quelques heures avant l’aube en bravant une dangereuse tempête de neige pour découvrir qu’un moine jaloux a bloqué les portes du temple.

Dans la pièce, il meurt gelé, mais j’aurais fait en sorte de laisser les personnages le trouver.

Onnagata de kabuki (Acteurs jouant des femmes)

Gurps Japan consacrait un encart au théâtre kabuki. J’ai écrit que

Les hommes jouaient les rôles de femmes. Il était considéré comme indécent que de vraies femmes apparaissent sur scène… Les samouraïs et les nobles avaient l’interdiction légale d’assister à des représentations mais ils y allaient quand même, assis dans des alcôves spéciales cachées par des rideaux pour qu’on ne puisse les voir dans le public.”

Dans l’introduction sur les classes sociales japonaises, j’ai classé les acteurs parmi les hinin (littéralement « non-personnes ») : parias, avec les mendiants, les parieurs et les intouchables eta. Le recensement les comptait comme un sous-type d’animaux, pas comme des êtres humains. « Tuer un hinin » écrivis-je, « n’est pas considéré comme un meurtre, et n’est puni que par une amende. » Je n’ai pas mentionné les onnagata. Les troupes de kabuki n’étaient composées que d’hommes. Contrairement au théâtre élisabéthain anglais, les rôles de femmes n’étaient pas joués par des garçons, mais par des hommes spécialisés dans ces rôles, parlant avec une voix de fausset. Les courtisanes et les geishas étaient envoyées aux spectacles de kabuki pour apprendre des onnagata (littéralement « personne féminine ») comment se comporter avec la féminité appropriée. Charles J. Dunn écrit :

« L’acteur (de kabuki) n’ avait pas de vie en dehors du théâtre, et c’était encore plus vrai pour les onnagata, ceux qui jouaient les rôles de femmes… On attendait des acteurs qui prenaient les rôles de femmes qu’ils se comportent comme des femmes, même en dehors du théâtre, et que toute caractéristique masculine, sans parler d’une femme et d’une famille, soit gardée bien en dehors de la vue du public. »

Manuel de Kabuki : un guide pour comprendre et apprécier de Aubrey et Giobanna Halford note que les onnagata « entraient même dans les bains publics par la porte des femmes ! »

L’Homme qui ne vécut que pour aimer de Ihara, est principalement consacré aux escapades du héros avec des femmes, mais dans un épisode un certain nombre de jeunes et beaux acteurs sont conviés à une réception. L’hôte remarque :

« C’est vraiment amusant de jouer avec de jeunes acteurs… Traîner avec ces jeunes, c’est comme voir des loups assoupis sous un tapis de pétales de cerisier, alors que coucher avec des prostituées donne l’impression de tâtonner dans le noir, pendant la nouvelle lune et sans lanterne. »

Notre campagne japonaise en cours comprend un chat changeforme qui devint temporairement auteur de théâtre pour influencer l’opinion publique. Il ne se fit aucune connaissance parmi les acteurs pour qui il écrivait, il leur envoyait juste ses pièces et assistait aux représentations. Je n’ai jamais introduit d’intrigue figurant des acteurs de kabuki. Je pourrais un jour.

  • Cela pourrait être amusant d’introduire un onnagata que deux samouraïs jaloux courtisent – et qui essaye désespérément d’empêcher ses deux amoureux de découvrir qu’il a déjà une femme.
  • Ou l’onnagata pourrait être courtisé par un riche marchand, tout en étant secrètement amoureux d’un vendeur pauvre mais méritant.
  • Enfin l’onnagata pourrait être en réalité un assassin ninja. En y pensant ça pourrait aussi s’appliquer au garçon prostitué ou au page du monastère, tout comme la vendetta et l’intrigue criminelle que j’ai mentionnées pourraient être adaptés à l’onnagata.

Samouraï

Oliver Statler écrit que les samouraïs « clamaient fréquemment que l’amour pour une femme était un défaut efféminé », signifiant par là que cela n’inspirait pas la bravoure à un homme.

Un mot d’importance culturelle que l’on trouve encore dans les dictionnaires japonais modernes est wakashinu, mourir dans sa jeunesse. Voici ce qu’en disaient mes règles pour GURPS Japan :

« La fleur de cerisier est estimée parce qu’elle ne se fane pas, ni ne tombe pétale par pétale, mais tombe alors qu’elle est toujours intacte. Ainsi, elle est emblématique du samouraï qui est prêt à perdre sa vie dans sa jeunesse pour son seigneur clanique. »

Mon historique s’arrêtait au milieu du dix-neuvième siècle, donc je n’ai pas été jusqu’à mentionner que l’avion piloté par les shimpu (une combinaison d’idéogrammes lue à tort kamikaze par les occidentaux) était le oka, la fleur de cerisier.

Hagakure A l’ombre des feuilles » ou « Le Livre du Samouraï ») est un classique du XVIIIe siècle, exposant le bushido, la philosophie des samouraïs. Il fut dicté par le samouraï devenu moine zen Tsunetomo Yamamoto. Il insiste sur l’obligation du samouraï envers toutes les vertus, au service de son seigneur de clan. De ce point de vue, l’amour homosexuel d’un samouraï pour un autre est à la fois honorable et déshonorable. C’est honorable car, contrairement à l’amour d’un homme pour une femme, c’est l’amour envers un égal social et intellectuel. C’est déshonorable parce que la force de cet amour peut distraire le samouraï de son amour envers son seigneur. L’idéal de l’amour homosexuel de Yamamoto se concentre sur la question de l’intégrité.

Tout comme une épouse fidèle ne se marierait pas une seconde fois, un homme devrait se contenter d’un amant fidèle pour avoir des relations durant sa vie dans la recherche du shudo (« La Voie des Hommes »)… Alors que Saikaku [Ihara] est connu pour sa remarque frappante « un jeune homme sans un amant juré plus âgé est comme une jeune femme sans fiancé », d’autres ont tendance à se moquer des amants du shudo.

Après avoir découvert les sentiments amoureux durables d’un homme plus âgé, et après plusieurs années de compagnonnage, vous pouviez lui demander, de votre côté, d’entamer une relation shudo. Dans la mesure où tous les deux, ainsi liés ensemble, êtes supposés sacrifier votre vie pour le bien de l’autre, il valait mieux être doublement certain de ce que pensait l’autre.

D’après Yamamoto, l’idéal le plus élevé du shudo est de « ne pas dévoiler son amour secret avant de tomber mort, retenant encore son cher amant dans son cœur mourant.» Les contes de samouraïs amoureux chez Ihara, dont certains sont rassemblés dans Comrade Loves of the Samouraï, [« les amours-camaraderie du samouraï » ; autre titre : Le grand Miroir de l’amour masculin (NdT)], n’aspirent pas à ce haut idéal, mais montrent assurément de braves jeunes hommes prêts à défier la mort afin de prouver leur amour mutuel.

Mes règles de GURPS Japan citaient ce vieux proverbe japonais : « Un homme qui aime sa femme gâche la servante de sa mère. » J’ai écrit que le mariage était « un arrangement légal et financier, pas romantique », que l’amour romantique n’était pas approprié pour « une femme respectable ». - Cette attitude persistera une bonne partie du vingtième siècle. Une femme occidentale qui avait épousé un diplomate japonais rapporte dans ses mémoires qu’un des collègues de son mari fut choqué en entrant dans leur demeure un soir, de les trouver en train de s’embrasser. Il admonesta ainsi le mari « Vous traitez votre femme comme si vous ne la respectiez pas plus qu’une prostituée. »

Terence Barrow note dans sa préface de Comrade Loves of the Samouraï:

L’attitude générale envers les femmes était similaire à celle de la Grèce antique, c'est-à-dire que les femmes étaient pour la reproduction, mais les garçons étaient faits pour le plaisir. Dans ces deux cultures, on pensait que les femmes rendaient les hommes couards, efféminés et faibles… Tant que la décence sociale était respectée, les relations sexuelles n’étaient pas associées au péché. Les femmes étaient exclues des arts importants… parce qu’elles n’avaient que peu d’importance sociale. Dans ces circonstances il était approprié que les hommes recherchent d’autres hommes pour leur vie la plus intime.

Les Personnages-Joueurs de ma campagne japonaise sont des pèlerins errants. Ils ont rencontré une gamme étendue de la culture japonaise, mais n’ont passé que peu de temps à la cour. Si jamais ils vivent parmi les samouraïs assez longtemps pour repérer les courants sociaux sous-jacents, je pourrais utiliser un certain nombre d’intrigues avec des samouraïs homosexuels.

  • Il y a le samouraï qui tombe amoureux du page de son seigneur – ou, enfreignant encore plus l’étiquette de la cour : de son seigneur lui-même.
  • le samouraï qui recherche des preuves pour montrer que son amant est innocent d’un crime qui a poussé le seigneur à l’assigner à résidence ou à le bannir et en faire un rōnin.
  • le samouraï dont la fiancée ou la femme s’habille comme un garçon pour l’attirer, car il n’est pas intéressé par la beauté féminine.

L’homosexualité chez les Vikings

L’attitude des Nordiques face aux hommes homosexuels était assez différente de celle des Japonais. Les Eddas [deux compilations poétiques du XIIIe siècle (NdT)] mentionnent qu’Odin et Loki – le plus moralement ambigu des dieux – se sont transformés en femmes, mais dans les sagas nordiques les seules références à l’homosexualité sont les concours d’insultes. Les lois disaient que l’on pouvait être déclaré hors-la-loi, si on accusait quelqu’un d’être un homosexuel passif - ou si on en était un.

Les concours d’insultes (senna)

Le senna semble avoir été un préliminaire classique à la plupart des combats. L’année dernière [1994], j’ai donné un exemple d’insulte élaborée dans Alarums and excursions, et il y a eu assez de lecteurs intéressés par le sujet pour qu’il y ait pendant quelques mois une rubrique « la saga de l’insulte du mois ». La plupart de ces insultes incluaient fréquemment des accusations de perversions sexuelles de toutes sortes, souvent de zoophilie.

Dans [le célèbre senna] Ale-hood, par exemple, un homme en colère dit à son ennemi :

Au printemps dernier, en te rendant à l’assemblée du clan, tu… as commis une grossière erreur. Steingrim menait un gros étalon et tu ne l’as même pas remarqué jusqu’à ce qu’il grimpe sur ta monture. Cela a fait chanceler la jument famélique que tu montais. Je me demande même si c’était ta jument ou toi qui as subi l’étalon. Tout le monde a vu que tu étais resté coincé fort longtemps, avec les pattes de l’étalon qui bloquaient ta cape. Tu n’as même pas essayé de protéger l'étroit passage de ton arrière-train.

De même, dans la Saga de Njal le brûlé, une tentative pour régler un bloodfeud [sorte de « vendetta » (NdT)] par un wergeld [≈ indemnisation (NdT)] est compromise par l’accusation suivante : « Tu couches avec le troll de Svinafell, qui te prend comme une femme toutes les neuf nuits. » Le traducteur de la Saga fait remarquer que « cette insinuation particulière - le fait qu’un homme se comporte comme une femme toutes les neuf nuits - était spécifiquement interdite par la loi. Elle ne devait pas être rare. Elle est mentionnée dans deux autres sagas. »

Dans la Saga de Gisli, un homme se prépare pour un duel en demandant à un charpentier « de sculpter des statuettes de Gisli et Kolbjorn debout l’un derrière l’autre – pour que ce mauvais goût leur fasse honte. » Le traducteur note que cela est clairement une accusation de sodomie.

Le concours d’insultes de Sinfjotli le Volsung montre clairement que seule l’homosexualité passive était honteuse. Dans le poème Helgavitha Hundingsbana, Sinfjotli dit à son ennemi :

Tu étais une sorcière en l’île de Varin,

Femme aussi rusée qu’un renard, et tu y amassais des mensonges.

Parmi les héros vêtus de mailles, tu n’en voulus point d’autre, disais-tu, que Sinfjotli

Ce poème est paraphrasé dans Les Sagas des Volsungs (5) :

« Ta mémoire te fait peut-être défaut, mais sur l’île de Varin tu étais une sorcière qui a réclamé un époux et c’est moi que tu as choisi. »

NdT: remarquez l'ambiguïté : on n’insulte que celui qui s’est fait femme. La virilité du héros n’est pas insultée ; il se vante même d’avoir été choisi!

Mon supplément Vikings pour ICE comprenait une liste d’insultes à utiliser pour des senna dans un des scénarios. L’une de ces insultes était « Tu embrasses ton cheval en cachette », une version édulcorée de l’accusation de coucher avec un cheval. Une autre insulte, aurait dû être de se faire chevaucher par un ami proche – ou peut-être par un troll.

Notre campagne Viking n’eut qu’un seul incident homosexuel, suite à l’action d’un des Personnages-Joueurs, que le groupe avait rencontré alors qu’ils naviguaient vers Nastrond, les rivages recouverts de serpents de Hel, où les parjures se rendent à leur mort (6) . Ce PJ avait supplié les autres PJ de le prendre avec eux ; l’un des plus jeunes et plus naïfs promit de le protéger et le nomma Mord. J’ai d’abord joué le rôle de Mord, puis je l’ai rendu (avec son accord) au joueur qui l’avait interprété avant sa mort, à l’époque où il s’appelait Langue de Serpent [comme Grima, le personnage du Seigneur des Anneaux (NdT)].

Un peu plus tard, à Jotunheim, le groupe rencontra une meute de loups-garous. Le maître de Mord lui ordonna de les mater. L’épée de Mord étant inefficace contre les garous, il se déshabilla et coucha d’abord avec la femelle alpha, puis avec le mâle alpha de la meute. Personne n’insulta Mord pour ce qu’il fît (car il n’était pas passif), mais cela changea le statut du mâle au sein de la meute.

Seidr : la magie efféminée

Il faut comprendre l’attitude des Vikings face à l’homosexualité passive pour correctement appréhender leur comportement face à la magie « sur plateforme » seidr.

Les dieux de la magie sont Freyja, la déesse de l’amour passionné, et Odin, le dieu des morts au combat, seigneur de la folie (qui comprend l’inspiration poétique, la fureur berserk et la panique).

Beaucoup de récits mythologiques décrivent Odin comme le révéré roi des dieux, mais les sagas montrent clairement que beaucoup de Vikings ne lui faisaient pas confiance et préféraient adresser leurs prières à Thor, moins ambigu, ou à Freyr, [le dieu de la vie et de la fertilité]. Dans le Lokasenna [texte où Loki insulte les dieux jusqu’à l’intervention de Thor], Loki et Odin s’accusent mutuellement d’un passé sexuel ambigu.

Odin dit à Loki

Huit hivers tu as passé sous terre

Trayant les vaches comme une Vierge !

(Et d'étranges progénitures tu engendras;

Peu virile devait être ton âme !)

Loki répond :

On dit qu'avec des sortilèges, alors dans le pays de Samsey,

Tu as jeté des enchantements comme le font les sorcières ;

Et déguisé en sorcière tu es allé parmi les Hommes ;

Peu virile devait être ton âme !

Snorri Sturluson écrivit dans [le recueil médiéval de sagas islandaises] Heimskringla :

Odin connaissait et pratiquait l'art qui lui amena beaucoup de pouvoir et qui était appelé Seidr (sorcellerie), et il sut ainsi beaucoup du destin des hommes et de l’avenir, de même comment apporter aux gens la mort, la malchance ou la maladie ; ou bien il leur prit la puissance et l'intellect et la donna à d'autres. Mais mettant en avant cette magie, il s'ensuivit un si grand manque de virilité, que les hommes furent emplis de honte lorsqu'ils s'en servaient ; on enseigna donc cet art aux prêtresses.

Peter Foote, traducteur de la Saga de Gisli, définit la magie Seidr comme:

“un type de magie chamanique probablement empruntée par les Norvégiens à leurs voisins Lapons… Le mage ou chaman grimpait sur une plateforme surélevée et se mettait en transe, souvent semble-t-il à l’aide d’un cercle de chanteurs disposés autour de la plateforme. Il sortait de sa transe grâce au seul chant d’un chanteur spécifique… Durant la transe, on croyait que l’âme du chaman était libérée, et partait soit à la recherche d’informations sur l’avenir, soit dans un but malfaisant, en direction de la cible du rituel, dont l’âme et le corps pouvaient être affaiblis et tués. La magie seidr n’était pas considérée comme virile, même si les sources Nordiques ne disent pas explicitement pourquoi. Il y a cependant de nombreuses composantes sexuelles dans cette forme de magie encore récemment pratiquée par les tribus lapones et sibériennes ; il est probable que ces éléments [de sexualité anale (NdT)] apparaissaient également dans la magie Nordique.

Foote et [David] Wilson, écrivirent dans La Prouesse Viking qu’Odin apprit « la magie seidr qui impliquait certaines pratiques comme faire croire aux gens qu’il faisait l’amour comme une femme. »

Ellis Davidson, dans Dieux et Mythes de l’Age Viking note que la magie seidr semble associée au culte du cheval. (Sleipnir, le cheval magique d’Odin, était le fils de son frère adoptif Loki transformé en jument, et connaissait le chemin menant à Hel.) Davidson suppose que la magie seidr était la raison pour laquelle la chrétienté nordique interdisait de manger du cheval (en plus de l’interdiction de prier des idoles et d’exposer des nouveau-nés.) Elle note aussi, mais sans la lier explicitement au rituel seidr, l’histoire de Volsi dans Flateyjarbok (7) où le « dieu » d’une femme au foyer est « l’organe reproducteur d’un cheval. »

Dans mon supplément Vikings, j’écrivis que

« Les Vikings méprisaient souvent les hommes chamans et ne les considéraient pas comme des vrais hommes, car les chamans se battaient à l’aide de la magie plutôt que de risquer leur vie sur le champ de bataille. » De plus, « ils considéraient les chamans mâles comme efféminés. Les gens colportaient des rumeurs comme quoi le chaman se transformait en femme tous les huit jours, car Freyja n’aurait jamais donné ses dons à quelqu’un qui était en permanence un homme. Odin lui-même dut se transformer en femme pour apprendre la magie chaman. »

J’aurais dû souligner plus clairement que la transe chamanique impliquait une sorte de rapport sexuel ritualisé où le chaman avait le rôle passif.

Deux des joueurs de ma campagne Viking jouaient des femmes chamanes, mais aucune ne réalisa jamais de rituel de magie seidr sur plateforme. Ils persistaient à chanter jusqu’à tomber en transe dans le but d’explorer un territoire peu connu. Peut-être parce que leur divinité tutélaire n’était pas Odin, mais Freyja.

Il y avait aussi un PNJ chaman, une discrète sorcière finnoise qui avait envoûté un marchand, volé la plupart de ses marchandises, inséré une « ronce de sommeil » dans son corps afin qu’il ait l’air mort. Elle s’enfuit après le sauvetage du marchand par sa loyale épouse.

Je ne voulais pas qu’il y ait un PNJ important dans ma campagne qui soit chaman (homme ou femme) doté de dons de divination. Les chamans nordiques ne se laissaient pas aller à des prophéties ambiguës, tant appréciées des Grecs et des Romains. Un Maître de Jeu a du mal à gérer des prophéties claires et précises.

D’autres Sujets apparemment tabous

J’achète rarement des suppléments et des scénarios de jeu de rôle. Je préfère créer mes propres campagnes, en me basant sur des livres d’histoire ou des romans que j’ai lus. Mais d’après ce que j’ai entendu, il y a plusieurs autres sujets que la plupart des créateurs de jeux de rôles préfèrent ignorer.

Bien sûr, il n’y avait pas que les cultures Japonaises et les Nordiques qui accordaient de l’importance à l’attitude envers l’homosexualité. Dans la Grèce et la Rome Antique, tout d’abord, et aussi dans la Perse des Mille et Une Nuits (cf. la traduction de Richard Burton) (8) . [L’ecclésiastique gallois et lettré du XIIe siècle] Giraud du Barri écrivit dans Description du Pays de Galles :

« Ce fut à cause de leurs péchés, et en particulier du vice pervers et détestable de l’homosexualité, que les Gallois… perdirent Troie puis la Bretagne. Dans l’Histoire des Rois de Bretagne [par Geoffrey de Monmouth], on lit que Malgo, Roi des Bretons, entre autres, était homosexuel. »

Cela se passait dans la Grande-Bretagne celtique post-romaine du VIe siècle, l’ère du mythique Roi Arthur.

Un autre sujet tabou, dédaigné dans la plupart des règles de JdR que j’ai lues, est la possibilité de viol, en particulier au sein du groupe de PJ. J’en ai récemment entendu parler dans Alarums and Excursions. J’ai été surprise, et choquée, d’entendre plusieurs histoires de viol de PJ en roleplay, souvent utilisé comme un moyen de décourager les femmes de rejoindre un groupe de joueurs exclusivement masculin. Il serait temps que les créateurs de jeux de rôles admettent que ce genre de choses peut arriver, et abordent le sujet dans les règles officielles (10) .

Le comportement sexuel socialement réprouvé est-il le seul sujet tabou chez les créateurs de JdR ? Bien sûr que non. Il y a aussi la religion. C’est un élément accepté au sein des univers mediévaux-fantastiques car les miracles religieux permettent de guérir rapidement les blessures que les connaissances médicales peu avancées ne peuvent soigner. C’est un sujet pratiquement ignoré dans les cultures du XXe siècle ou futuristes (à moins que vous ne comptiez la Force de Star Wars comme une religion).

Cette omission de la religion implique que les livres de JdR présentent des cultures de haute technologie qui semblent incomplètes par rapport à des cultures moins avancées technologiquement, et ne décrivent que peu ou pas du tout les principes moraux de cette culture.

Certains éditeurs expliquent que leurs JdR de fantasy décrivent les dieux, ostensiblement faux, de la mythologie païenne ; mais leurs JdR contemporains ou futuristes ne mentionnent pas le Dieu des religions monothéistes contemporaines. Ce qui fait que les croyants des dieux païens peuvent bénéficier de miracles, alors que les croyants du Dieu Unique ne peuvent attendre aucune aide surnaturelle face aux créatures du mythe de Cthulhu ou des vampires de la Mascarade (9).

Est-ce que cela va changer ? Je ne pense pas, à moins que notre culture ne change aussi. Tant qu’il y aura des sujets que les éditeurs de JdR préféreront ignorer ; - encore plus : tant qu’ils penseront que ce sont des sujets que leurs clients préfèrent ignorer - , ils continueront à encourager l’autocensure des créateurs de JdR. Et si les auteurs ne se censurent pas eux-mêmes, les éditeurs le feront à leur place. L’éditeur a toujours le dernier mot.

article original : Self-censorship


(1) NdT : ce supplément d’univers de jeu parut en 1981 pour le JdR Chivalry & Sorcery [Retour]

(2) NdT : Les mottes castrales ou châteaux à mottes sont des fortifications rudimentaires du haut Moyen-Âge, consistant en un fortin de bois, entouré d’une palissade, situé sur une élévation de terre circulaire. (Wikipedia[Retour]

(3) NdT : le shogunat était un régime militaire institué par la classe des guerriers, et minimisait considérablement le pouvoir – légal – de l’Empereur [Retour]

(4) NdT : le kabuki est une forme de théâtre japonais, longtemps associé aux milieux mal famés du jeu et de la prostitution [Retour]

(5) NdT : La Volsunga saga est une saga légendaire nordique racontant l'histoire du clan Volsung au cours des générations. C'est une histoire d'aventures, d'amour et de tragédie dont l'origine reste incertaine (certainement autour du XIe siècle). Cette saga a influencé d'autres légendes, par exemple le cycle L’Anneau des Nibelungen de Wagner, ou les poèmes de J. R. R. Tolkien publiés en 2009 sous le titre La Légende de Sigurd et Gudrún. [Retour]

(6) NdT : Dans la mythologie nordique, Náströnd (Rive des cadavres) est la partie septentrionale du royaume des morts Hel. Il est dit que là, le serpent ou dragon Nídhögg suce le sang des corps des morts, et particulièrement des parjures - le parjure est le péché capital de cette religion. [Retour]

(7) NdT : Le Livre de Flatey fut rédigé de 1387 à 1394. C'est le plus long des manuscrits islandais, le plus richement décoré et l'un des plus intéressants. Il se compose de plusieurs sagas, royales en particulier, qui contiennent elles-mêmes un grand nombre de poèmes et de courts textes historiques. [Retour]

(8) NdT : Sir Richard Francis Burton (1821 – 1890) est un vrai Personnage-Joueur de JdR ! Il est tour à tour officier militaire, escrimeur, explorateur, écrivain et poète, traducteur des Mille et Une Nuits, linguiste, orientaliste, maître soufi, ethnologue, diplomate… et expérimentateur passionné de la plupart des perversions humaines [Retour]

(9) NdT : Des JdR de l’époque de l'écriture de l'article, ou ultérieurs, prennent en compte la foi monothéiste comme pouvoir effectif, comme Torg, Witchcraft, Mage : L’Ascension. Même dans la première version du Monde des Ténèbres, il y a un Trait, la Vraie Foi, qui permet de contrer les Vampires. Sans parler de In Nomine Satanis/Magna Veritas [Retour]

(10) NdT : Des règles sur le viol et ses conséquences, établies dans des JdR reconnus, éviteraient des règles faisant l'apologie du viol qui s'appuye sur des interprètation - disons... orientées - de livres d'Histoire, comme le dénonce la critique de FATAL [Retour]

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