Vous croyez connaître un genre…

On croit parfois connaître un genre avant de découvrir un petit truc qui vient tout chambouler. En voici un échantillon :

En 1968, John A. Russo et George Romero créèrent un nouveau genre de films avec La Nuit des morts-vivants wiki, généralement considéré comme le premier film de zombies survivaliste. De plus, c’était la première utilisation du mot “zombie” pour décrire les cadavres ambulants et trébuchants que nous associons aujourd’hui au terme. Avant La Nuit des morts-vivants, il désignait les victimes inconscientes d’empoisonnements à la tétrodotoxine wiki lors de rituels vaudous. En raison d’une erreur de copyright, le film de Russo et Romero entra dans le domaine public et fut bien vite imité par d’autres scénaristes et réalisateurs.

Alors, pourquoi je vous en parle ?

Le truc, c’est que tout ce concept avait déjà été utilisé par (et c’est là l’entière vérité, mes petits amis gnomes)… les Schtroumpfs ! Le premier album des Schtroumpfs, publié en français en 1963, contenait l’histoire Les Schtroumpfs noirs wiki. La bande dessinée, adaptée en 1982 sous la forme d’un épisode du dessin animé à succès (Les Schtroumpfs violets (1)) mélangeait déjà presque tous les ingrédients de la formule de La Nuit des Morts-Vivants, à tel point qu’on pourrait se demander si Romeo ou Russo ont été influencés par cette BD avant de réaliser leur film.

Je vais vous laisser un moment pour intégrer l’idée. Le genre de l’Horreur survivaliste de zombies n’a pas été créé par Russo et Romero avec La Nuit des morts-vivants, comme on le croit communément, mais par Peyo (Pierre Culliford wiki) avec Les Schtroumpfs noirs (2).


Bon, je suis tenté d’en rester là, sur un de ces moments “Nom de Dieu ! Il FAUT que je te parle de ça !”, mais c’est censé être un article de conseils aux MJ, alors je dois trouver un moyen de relier ça à votre table ou Martin va faire sa propre imitation de Schtroumpf noir sur ma pauvre petite queue bleue.

  1. D’abord, je vous mets au défi de vendre à votre groupe une partie one-shot de zombies survivaliste “basée sur la source originale du genre de l’Horreur survivaliste avec des zombies”… avant de les estomaquer en plaçant tout ça dans le village des Schtroumpfs, avec des Schtroumpfs prétirés, peut-être même les personnages de la bande dessinée. Bon sang, pourquoi pas ? Si vous le faites, je vous en supplie, revenez par ici et dites au monde comment ça s’est passé. Le peuple a le droit de savoir.
  2. Si vous en avez le temps, faire des recherches aussi approfondies que possible sur vos sources d’inspiration ne fera jamais de mal. Vous n’avez aucune obligation de tout utiliser si vous n’aimez pas ce que vous trouvez (hé, c’est votre table, après tout), mais vous pourriez bien découvrir des trésors enfouis.
  3. L’utilisation d’éléments à contre-emploi peut être un outil puissant. Tout comme dans la publicité pour l’UNICEF avec les Schtroumpfs (allez la voir sur Youtube), le fait que ceux-ci soient aussi gais et idéalistes renforce considérablement l’impact d’une apocalypse zombie.la publicité pour l'UNICEF
  4. Le bizarre est mémorable. Si vous voulez être le gars qui a mené une partie à laquelle, 45 ans plus tard, les gens repensent en disant “Foutredieu, tu le croiras pas, il a mené un scénario où…”, tirer une leçon de la BD-d’Horreur-survivaliste-des-schtroumpfs-zombies et aller directement butiner dans le territoire de l’incroyable vous fera plus de bien que de mal. Même si vous fichez la partie en l’air, les gens se souviendront de ce que vous avez essayé de faire.

Comme tout ça est relativement incroyable, voici quelques liens :

Article original : You Think you Know a Genre…

Sélection de commentaires

John Arcadian

Ouah. Tout ce que j’ai toujours su sur les zombies… était faux.

Tu vois, mes joueurs vont vraiment être surpris quand les zombies, dans ma prochaine partie de zombies, vont faire “gnap, gnap, gnap.” Et ce sera ta faute.

Farfromunique

On devrait étiqueter davantage de posts “Nom de Dieu !”. En plus, c’est fantastique. Je crois que mon prochain groupe de PNJ zombies commencera à chanter “La la la-schtroumpf la-la, lah la-la la lah! Lah la la-la la lah LAH la-la la lah!” vers le deuxième round. Ou peut-être qu’ils sont en train de chanter pendant le round de surprise.

J’envisage aussi le Grand Zombie, la Zombette, et les autres, et comme ce sont des morts-vivants intelligents ils parlent leur langue : “Zombez ces avventurriers !”, “Zomb, encore raté !”, “Zombez les zombies zombants !”.

Deadlytoque

Pour ton information, Romero et Russo n’appelèrent pas leurs monstres “zombies” dans La Nuit des morts-vivants. Ils les nommaient “goules”. Romero n’utilisa pas le terme “zombie” avant Zombie, le crépuscule des morts-vivants (Dawn of the Dead), 10 ans plus tard.

Il y eut aussi un roman publié en 1697, nommé Le Zombi du grand Pérou, qui fait référence aux morts-vivants comme “zombies” ; l’idée des zombies comme des cadavres réanimés a fait partie des mythes depuis que les mythes existent. C’est tout à fait vrai que les “vrais” zombies n’avaient jamais été morts, mais le terme a – toujours – signifié “décrire… des cadavres ressuscités traînant des pieds”.

De plus, les Schtroumpfs noirs ne sont pas morts-vivants. Ils sont plus comme les zombies de 28 Jours plus tard, dans le sens où ils sont “infectés” par une épidémie extrêmement contagieuse…

Pinaillages mis à part…

Il semble que dans la BD originale, le Schtroumpf Grognon fut le premier piqué par la mouche, et devint le premier Schtroumpf noir. Même s’il guérit à la fin, cela affecta sa personnalité de manière permanente. Ça pourrait être un rebondissement intéressant pour toute campagne qui contient une maladie zombiesque contagieuse – mais guérissable. Si un des PNJ (ou même un PJ !) est infecté, les PJ se dépêchent de trouver un remède… pour finir par découvrir que leur sœur/ami proche/contact chez la police/ bien-aimé est devenu renfermé, caractériel, et sujet à des éclats de violence. Est-ce que le remède vaut mieux que le mal ?

Cet article est tiré du blog de Gnome Stew, le Blog des MJ, et est reproduit et traduit avec la permission. Vous pouvez trouver les livres de Gnome Stew sur le site de Engine Publishing.

(1) NdT : Dans le dessin animé de Hannah-Barbera, les Schtroumpfs contaminés sont pourpres, afin d’éviter une association “noir = mauvais, violent, animal, vecteur de maladies contagieuses, et ne sachant dire que Gnap !”. [Retour]

(2) NdT : Le roman classique de Richard Matheson Je suis une légende, même s’il met en scène des vampires, le fait selon des modalités de contagion/invasion qui préfigurent la plupart des éléments des récits de zombies des années 70 à nos jours. Il est publié en 1954. [Retour]

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