La Trilogie des Origines I : Retour au Temple des Mâles Élémentaires

Coup de gueule d'Al Bruno n°20

Avertissement : les trilogies “prequels” sont rarement aussi amusantes que les originales, et de plus, je viens de boire tout un pack de Clarix.

C’était le dernier printemps de la présidence Reagan, une année qui avait vu naître ce chef d’œuvre que fut Mystery Science Theater 3000 (wiki) et le règne de terreur sans fin que fut la sitcom Roseanne. La fac avait été une période sympa de ma vie : j’avais une vie sociale active, un rôle influent au comité de relecture du magazine littéraire de l’université et j’allais même jusqu’à assister de temps en temps à des cours.

Tout allait pour le mieux jusqu’à ce que ma copine me quitte ; cela fut d’autant plus douloureux qu’elle ne m’avait pas quitté pour quelqu’un de mieux, mais pour la simple raison qu’elle pensait qu’il devait exister quelqu’un de mieux. J’essayais d’accepter sa volonté avec maturité et dignité, mais malheureusement la maturité et la dignité se combinent mal avec les pleurs et les jérémiades.

Un de mes copains du magazine littéraire s’appelait Wes la Fouine et après des mois à traîner ensemble sur le campus, il m’invita à jouer à sa table hebdomadaire de Donjons et Dragons. Je dois admettre qu’à l'époque j’étais tellement persuadé de ne plus jamais jouer aux jeux de rôles, que j’avais revendu tous mes livres de JdR ; mais la perte de ma copine m’avait redonné envie de goûter à des plaisirs plus simples de la vie.

Donc après avoir renouvelé mon adhésion au magazine Gros Nichons et avoir revu tous les épisodes du cycle de Poseïdon des Chevaliers du Zodiaque, je décidai de rejoindre la partie de Wes la Fouine.

Wes la Fouine et moi nous rendîmes à la partie dans ma voiture ; il m’indiqua le chemin. La maison où nous nous rendions était à la limite des villes de Colonie et de Watervliet, dans l’État de New-York. Watervliet avait longtemps prospéré grâce à l’usine de munitions du centre-ville. Toute une communauté s’était établie autour de son arsenal, mais lorsque les commandes diminuèrent et que les emplois furent délocalisés, les quartiers autrefois florissants avaient commencé à tomber en décrépitude. En d’autres mots, c’était plutôt un trou à rats.

Wes la Fouine : “On y est. Gare-toi n’importe où.

Moi : C’est genre la seule maison éclairée de toute la rue. Toutes les autres maisons sont-elles saisies par les banques ?

Wes la Fouine : Non, je pense que certaines sont condamnées.”

Je garai ma Chevrolet Monte Carlo déglinguée sous un réverbère et suivis Wes la Fouine dans la modeste maison à deux étages. La porte d’entrée était ouverte mais Wes fit une espèce de signe secret de la main avant d’entrer. Le rez-de-chaussée était nu, sans meuble, tapis ou quoi que ce soit. Wes la Fouine me mena à l’étage où je trouvais des meubles, de la lumière et le reste des joueurs.

Wes la Fouine : “Eh bien Al Bruno, voici notre Maître du Donjon, Dave le Psycho.

Moi : Enchanté.

Dave le Psycho : Al Bruno3 ? Ce n’est pas un nom de famille teutonique, si ?

Moi : Non, je suis d’origine polonaise et italienne.

Dave le Psycho : Ah !… C’est pas de bol pour toi. Enfin tu dois être un bosseur, j’en suis sûr.

Wes la Fouine : Le type là avec les moustaches anormalement fournies, c’est P’tit Pervers.”

Je souris et lui fis OK avec le pouce. P’tit Pervers me répondit en levant sa main droite au niveau de l’épaule, la paume tournée vers lui.

P’tit Pervers : “Tal !(1)

Wes la Fouine : Le gars là-bas qui prépare les cocktails, c’est L’Incroyable Pochtron.

Moi : Ça gaze ?

L’Incroyable Pochtron : Salut, bienvenue dans l’équipe. Qu’est-ce que tu boiras ?

Moi : Un soda ira très bien.

L’Incroyable Pochtron : Scotch et soda, pigé.

Moi : Non, juste du soda !

L’Incroyable Pochtron :T’es sûr ?

Moi : Ouais.

L’Incroyable Pochtron : Bizarre… Ok voilà. Un soda.

Moi : Tu as renversé des cendres de cigarette dans mon verre.

Johnny la Tangente : Vous savez qu’à Buffalo, ils appellent le soda, du “pop” ?

Wes la Fouine : Et le type avec le T-shirt du [groupe de hard rock] Night Ranger, c’est Johnny la Tangente.

Moi : Les Night Ranger assuraient grave !

Johnny la Tangente : Vraiment ? Moi je les déteste. Je porte juste ce T-shirt pour me souvenir de la classe de mon personnage.

Moi : Ouh la la ! Il commence à se faire tard ! Je devrais probablement…

Wes la Fouine : Hé ! Mais tu viens d’arriver !

Moi : Ah oui !”

Je pris donc place pendant que Dave le Psycho préparait sa table pour la partie. M’habituer à l’environnement me prit un moment. La pièce était dominée par Star Trek, mais on pouvait y déceler de petits indices sur la personnalité de Dave le Psycho. Par exemple, il y avait des photos encadrées de Kirk et de Spock sur tous les murs mais la plupart étaient tirées de scènes de l’épisode Motifs de force de Star Trek - la série originale (2) Dans la même veine, les étagères tout autour de la pièce étaient remplies de livres de Star Trek, de jeux de rôles et de livres exposant en détail l’effroyable guerre aérienne de la Luftwaffe. L’objet qui trônait au centre cependant était ce que je croyais être une sculpture en cristal de la navette Galileo. La lumière se reflétait bizarrement sur les surfaces en verre et quelque chose semblait bouger à l’intérieur.

Moi : “Ce sont des singes de mer ?

Dave le Psycho : On ne les appelle pas singes de mer quand on est poli, le terme exact est artémies (wiki).

Moi : J’ignorais qu’ils faisaient des aquariums en forme de vaisseau Star Trek pour les singes… Je veux dire pour les artémies.

Dave le Psycho : Je l’ai fait fabriquer spécialement. J’ai vendu des bons du Trésor que mes grands-parents m’avaient légués.

P’tit Pervers : Lui, il adore ses petits poissons.

Dave le Psycho : Techniquement les artémies sont des brachiopodes mais j’adore leur résistance à toute épreuve. Leurs œufs peuvent êtres extraits et isolés de leur environnement naturel pendant des années mais aussitôt que les conditions sont réunies, ils recommencent à se développer… Comme le pouvoir des Blancs par bien des aspects.

Moi : Hein quoi ?

L’Incroyable Pochtron : Ne te laisse pas impressionner, mais notre Maître de Donjon bien-aimé soutient un peu la suprématie de la race blanche. Il est comme ça depuis qu’il a raté son examen d’entrée chez les pompiers.

Moi : Hein, quoi ?

Dave le Psycho : La discrimination positive m’a coûté ce boulot.

Moi : Ouh la la ! Il commence à se faire tard…

Wes la Fouine : On vient d’arriver !

Moi : Et merde !”

La partie commença par la création de personnage, j’obtins de quoi faire un guerrier nain de base et on se mit à jouer. Dave le Psycho venait juste de décrire la scène quand un autre joueur se pointa. Il était mal rasé, habillé de vieux vêtements froissés. Il avait une forte odeur de pirogue à la viande (wiki) et d’après-rasage bon marché.

Johnny la Tangente : “C’est quoi cette odeur ? Ça me rappelle un incendie dans une cuisine de restaurant ou du Rouy périmé.

P’tit Pervers : El Disgusto ! Dans quelle embrouille t’es-tu donc fourré ?

El Disgusto : Ne commence pas à me saouler, espèce d'usine à syphilis. Je me suis évanoui en cuisinant et maintenant, ça s’est imprégné.

Wes la Fouine : Alors, pourquoi n’as-tu pas changé de vêtements ?

El Disgusto : M’enfin voyons ! Parce que mes parents sont en vacances avec le chien et que ma putain de mère n’a pas fini de plier le linge avant de partir.

Moi : Oh !

El Disgusto : C’est ma place, le nouveau.

Moi : C’est juste un canapé !

El Disgusto : Non le p’tit nouveau. C’est un canapé d’amour et même sans pousser le bouchon bien loin, ce serait quand même m’asseoir dans un canapé d’amour avec un gars.

Moi : Je vais changer de place.

El Disgusto : Disgusto c’est mon nom quand j’assure !

Wes la Fouine : Et c’est aussi le nom de son personnage.

Moi : El Disgusto ?

Wes la Fouine : Non, Jassur.

El Disgusto : Seigneur Baron Raclée Von Jassur, premier du nom.

Wes la Fouine : Et mon personnage est un voleur qui s’appelle Rodney aux neuf doigts.

L’Incroyable Pochtron : Mon personnage s’appelle Dean et brandit une chope en mithril.

Johnny la Tangente : Et moi je joue un guerrier.

L’Incroyable Pochtron : Ttt… Regarde ton T-Shirt.

Johnny la Tangente : Ah oui… Je suis un barde ?

P’tit Pervers : Et moi je joue une guerrière nommée Sonia la Rousse incendiaire. Elle vit par l’épée et s’est jurée de rester vierge jusqu’à ce qu’un homme la domine en combat loyal.

Moi : Eh bien, c’est pas original, mais c’est un concept intéressant.

P’tit Pervers : Bien sûr, comme elle a un Charisme de 18, ça veut dire qu’elle se fait sodomiser tout le temps.

Dave le Psycho : On y va ? L’aventure commence lors de votre arrivée au château-fort de Castellan qui se trouve au pied des montagnes d’Altan Tepe… Mais la question est plutôt : “Y arrivez-vous ?” Vraiment ? Seul mon GAEPM - Générateur Aléatoire d’Évènements Pré-Montagnards nous le dira. Sortez s’il vous plaît un d8 et un d20.”

J’admets que ça n’était pas comme ça que j’avais l’habitude de jouer au JdR mais je sentais que je devais m’adapter. Après tout dans la première partie de D&D que j’avais jouée, nous jouions des versions de nous-mêmes. Mon premier Maître de Donjon nous avait soumis à des tests d’endurance et de force pour voir où nous nous situions sur une échelle de 3 à 18. Notre Constitution était déterminée par notre capacité à laisser notre main au-dessus d’une flamme. Plus on tenait de secondes, plus haut notre score de Constitution mais à l’inverse, moins on avait de points en Sagesse, car tous comptes faits, on se brûlait la main pour un jeu idiot.

Nous lançâmes les dés, et consultâmes des tableaux et sous-tableaux.

L’Incroyable Pochtron : “Satanées loutres des glaces ! De toute façon, mon PJ ne se servait pas de cette main…

Johnny la Tangente : Des engelures ? Ouah. Cela me rappelle un film avec Kurt Russel et le métamorphe qui était en fait le vieil homme qui protégeait les cocons des extra-terrestres parce qu’il était ami avec Mahoney de Police Academy. Je me demande comment ça s’est fini…

P’tit Pervers : Mon personnage a vraiment eu de la chance de rencontrer ce troupeau de moutons des neiges. J’ai bien apprécié que mon perso ait pu enfiler…

Moi : Pour l’amour de Dieu, s’il te plait, ne recommence pas cette description.

Wes la Fouine : Je ne suis pas sûr de comprendre comment mon personnage s’est retrouvé à tomber dans un portail vers le Südetenland. Comment revenir ?

Dave le Psycho : Toi, tu reviens pas ! Ton personnage va passer sa vie entière dans un pays étrange qu’il comprend à peine et mourra seul, la peur au ventre.

Wes la Fouine : OK, je vous écoute jouer alors ?

Dave Le Psycho : Et en silence, si possible.

Moi : Donc mon personnage a été agressé alors qu’il longeait un glacier.

Dave le Psycho : Tu t’en tires bien, c’est tout ce que les Négros des Glaces t’ont fait.

Moi : Tu peux t’abstenir de ce genre de commentaire ?

Dave le Psycho : Quoi ?

Moi : Ce truc raciste que tu viens de dire. Ça fout les jetons.

Dave le Psycho : Oh pardon ! Je croyais qu’on avait la liberté d’expression dans ce pays. Je ne m’étais pas rendu compte que seul Harlem Désir et les penseurs gauchistes pouvaient dire ce qui leur chantait.

Moi : Écoute, c’est mesquin et cela n’apporte rien à la partie.

Dave le Psycho : Wes la Fouine m’a dit que tu étais écrivain donc je pensais que tu étais ouvert d’esprit.

Moi : Ouvert d’esprit par rapport à quoi ?

Dave le Psycho : Par rapport à d’autres points de vue et d’autres façons de penser. Je parie que toutes tes histoires n’ont que des personnages avec des opinions mielleuses. Ils passent sans doute leur temps à se tenir la main, à se balancer en pérorant sur leur amour des petits chiens et des chatons.

Moi : Écoute. Si jamais j’écris une histoire avec un personnage qui a des préjugés, je me dégoûterai et après je viderai une bouteille de Clarix pour noyer ma honte.

P’tit Pervers : T’inquiète, Al Bruno III, quand j’aurai percé les secrets de la Théorie Universelle du Porno, l’humanité apprendra à s’aimer les uns les autres encore et encore, et peut-être encore un peu après.

El Disgusto : Bla bla bla… Mon ninja progresse vers le château-fort, laissant seulement une traînée de cadavres dans son sillage.

Moi : Tu joues un ninja ?

El Disgusto : J’ai dit un ninja, non ?

Moi : Ah oui tu parles du ninja de Dragon Magazine, il y a quelques années ?

El Disgusto : Oui.

Moi : Je croyais qu’on était seulement censés les utiliser comme PNJ.

El Disgusto : Bon sang, le nouveau, tu sais pas t’arrêter, ou quoi ?

Dave le Psycho : OK ça suffit ! On revient au récit de vos hauts faits. Sauf toi, Wes la Fouine.”

On passa quelques heures à faire se rencontrer nos persos, à explorer le château-fort et à acheter de l’équipement. Notre groupe décida d’essayer d’attaquer les repaires de kobolds environnants pour en retirer un butin facile, mais au préalable nous avions besoin de réfléchir et de prendre quelques précautions.

Moi : “Non je ne parlais pas de ce genre de précautions, P’tit Pervers.

L’Incroyable Pochtron : Mais personne n’a voulu jouer de clerc.

El Disgusto : Parce que les clercs sont des mauviettes.

Johnny la Tangente : Une permanente ! C’est ça dont j’ai besoin.

P’tit Pervers : Et on pourrait engager un clerc, et peut-être même une vierge – une vestigiale.

Moi : Ce n’est pas comme ça qu’on… laisse tomber. On engage simplement un clerc et on enchaîne.

P’tit Pervers : Non, attends. Qu’est-ce qui ne va pas ?

Moi : Rien, je t’assure, passons à la suite.

P’tit Pervers : T’as levé les yeux au ciel, pourquoi as-tu levé les yeux au ciel ?

Moi : Rien, c’est juste que tu as dit “Vierge vestigiale” alors qu’on dit “Vierge vestale”.

P’tit Pervers : Vraiment ? Tu es sûr ?

Moi : Ouaip ! Je l’ai lu à la bibliothèque municipale.

Dave le Psycho : Ô mon Dieu ! Tu vas à la bibliothèque ?

Moi : Oui, bien sûr.

Dave le Psycho : Les bibliothécaires sont des fascistes.

Wes la Fouine : Oh non, ça recommence !

Moi : Les bibliothécaires sont des fachos. OK, puisque je me sens de plus en plus idiot à chaque instant passé ici, alors allons-y. Qu’est ce qui ne va pas dans les bibliothèques ?

El Disgusto : M’enfin voyons, ils te forcent à avoir une carte de bibliothèque.

Moi : Oui, pour pouvoir consulter des livres. C’est à ça que servent les bibliothèques. Ce sont des endroits où on emprunte des livres gratuitement, pourvu que tu aies une carte de bibliothèque.

Johnny la Tangente : Ils ont des fontaines à eau dans les bibliothèques.

Dave le Psycho : Le problème qu’on a avec les bibliothèques, c’est toute cette histoire de carte de bibliothèque.

El Disgusto : Ils te prennent forcément pour un criminel.

Moi : Non, pas moyen, je pige pas.

Dave le Psycho : OK. La carte de bibliothèque est un moyen de te pister, non ?

Moi : Oui, comme ça, ils savent où tu es si tu ne rends pas les livres que tu empruntes.

Dave le Psycho : Donc puisqu’ils obligent tout le monde à se faire faire une carte de bibliothèque, ils présument que tous ceux qui entrent dans la bibliothèque sont criminels.

El Disgusto : Le système d’honneur devrait suffire.

Moi : Le système d’honneur ?

Dave le Psycho : Les gens qui volent les livres, voleront les livres de toute façon.

El Disgusto : En tout cas, nous, on le fait.

Dave le Psycho : La seule fonction d’une carte de bibliothèque est de gêner les honnêtes gens et de permettre au gouvernement de connaître le ratio des gens qui lisent le Marquis de Sade par rapport à ceux qui lisent Mein Kampf.

Moi : J’en reviens pas de ce que je viens d’entendre.

L’Incroyable Pochtron : Je ne sens plus le bout de mes doigts. Quelqu’un d’autre devra cartographier.

El Disgusto : C’est le p’tit nouveau qui s’y colle.

L’Incroyable Pochtron : C’est le p’tit nouveau qui s’y colle.

Johnny la Tangente : Hé, je porte un t-shirt des Night Ranger !

Wes la Fouine : Je pourrais cartographier.

Dave le Psycho : Non, impossible, tu es pas là.

Wes la Fouine : Oh !”

Je me mis donc à cartographier, à suivre notre groupe et le PNJ du clerc pendant que nous traversions le territoire des hommes-lézards pour arriver aux Grottes du Chaos. Tout allait pour le mieux jusqu’à ce que nous tombions sur une fosse piégée.

Moi : “OK la fosse s’est refermée et a emprisonné le clerc, je crois qu’on va pouvoir le sauver si on trouve des cordes, des dagues et…

El Disgusto : Non, on continue.

Moi : Mais…

El Disgusto : D’un, c’est un PNJ et de deux, le clerc a lancé tous ses sorts de soins pour la journée, alors on s'en fout.

Moi : Mais les membres du clergé de Charles Pasqua voudront savoir ce qui s’est passé.

Johnny la Tangente : Mais il y a des trésors et des combats qui nous attendent.

Moi : Attendez, je me plais à croire que vous sauveriez mon perso si c’était… Non, vous ne me sauveriez pas, c’est ça ?

L’Incroyable Pochtron : C’est chacun pour soi, Al Bruno III.”

Le groupe continua, et j’essayai de ne pas entendre les cris imaginaires du PNJ imaginaire piégé ad vitam aeternam dans une trappe pour de faux mais parfois, au cœur de la nuit, cela me hante encore.

Nous continuâmes, tuant kobold après kobold jusqu’à atteindre le cœur de leur repaire. Tout le monde se rua sur les trésors, en essayant les objets magiques au hasard.

P’tit Pervers : “Pas mal. Une Baguette des Merveilles ! Je vais m’amuser avec ce joujou toute la nuit.

El Disgusto : Ah un sac avec un trou portable. Tout ce que je dois trouver, c’est un bateau pliable, un Tertre Errant et mon arme surpuissante sera complète.

L’Incroyable Pochtron : Moi j’aime mélanger des potions. Quels sont ma taille et mon alignement maintenant ?

Johnny la Tangente : Tout ce que j’ai trouvé, c’est ce bidule, la Baguette d’Orcus. Qui veut faire un échange ?

Moi : OK les gars, j’ai trouvé une porte secrète.

Dave le Psycho : Très bon jet pour ouvrir la serrure… Beau jet, Al Bruno III.

Moi : Merci…

El Disgusto : On balance d’abord le personnage d’Al Bruno III par la porte.

Moi : Quoi ?

Dave le Psycho : Tu te trouves seul dans une salle au trésor en forme de croix gammée.

Moi : Ouh la la! Il se fait tard. Je dois vraiment rentrer. Je dois me lever pour aller à la messe dans quelques heures.

Wes la Fouine : Mais, on est mardi.

Moi : La ferme! On se casse.”

Dave le Psycho nous raccompagna en bas des escaliers et à travers le rez-de-chaussée vide de sa maison.

Dave le Psycho : “Eh bien, c’est sympa d’être venu. J’espère que vous vous êtes amusés et que vous avez appris quelque chose.

Wes la Fouine : Même heure la semaine prochaine, c’est ça ?

Dave le Psycho : Comme toujours.

Moi : Je ne sais pas si je pourrai venir la semaine prochaine. J’ai fait du jeu de rôle dans le passé mais je ne pense pas que ça me corresponde comme loisir maintenant.

Dave le Psycho : Ah, je vois. En tout cas, c’était sympa de te rencontrer.

Moi : Ouais, merci.”

Wes la Fouine et moi rejoignîmes la voiture et je me suis dit qu’il était temps que je me reconcentre sur ce qui est important. Il était temps que je finisse mes études à la fac et que je recommence à fréquenter des filles. Je n’avais certainement plus besoin de gaspiller les précieux moments de ma vie à faire cela plus longtemps.

Oh oui. C’est ce que je pensais, mais force est de constater que les événements n’ont pas pris cette tournure-là.

Article original : The Prequel Trilogy I: The Creep On The Borderlands

 

Sélection de commentaires

Kephn May

Dave le Psycho, tout en étant un type ignoble, est comme un personnage venu tout droit d'une sitcom. Je pourrais écouter ses élucubrations démentes toute la journée.

(1) NdT : Salutation dans le Cycle de Gor, mélange de fantasy machiste et de bondage. [Retour]

(2) NdT : Dans cet épisode (wiki en) (1968), Spock et Kirk se déguisent en nazis, et Spock déclare que le National-Socialisme a permis à une Allemagne vaincue et ruinée de se rétablir au point de presque dominer le monde… [Retour]

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Commentaires

Trois articles d'Al Bruno ce trimestre. Ce n'est pas tellement du fond (sauf celui que l'on touche). Une fois ça va... trois fois... Ses articles sont au mieux inintéressants (il y a des groupes de JdR dysfonctionnels, tout le monde de sait), au pire navrants... Et si encore il y avait de l'humour...

Bravo pour votre travail, les gars. Mais ce genre d'article est un peu en contradiction avec les objectifs nobles et affichés de ptgptb (et le problème ne vient pas de la traduction...)

Alexandre

Auteur : 
Urlak

Cher lecteur, merci de ton retour. 

Nous traduisons des articles qui nous paraissent intéressants, mais aussi ceux que nous trouvons drôles. Or, certains d'entre nous trouvent les dialogues d'Al Bruno drôles, - par exemple le traducteur dont la rubrique préférée dans les sites de JdR, c’est les bétisiers... Il faut bien rire le 1er avril et au sortir de l'hiver; les histoires (bien exagérées, on s'en doute) d'Al Bruno sont de l'humour, même si tu as le droit de ne pas les trouver amusantes :) 

Pour te consoler, nous t'invitons à lire les 12 autres articles "nobles" du trimestre, plus les articles historiques :) Les oeuvres d'AB3 sont assez distinctes pour que tu les zappes. Il y a bien des gens qui zappent les théories nordiques sur le GN... ;)

Si tu souhaites davantage d’articles pointus, n’hésite pas à nous rejoindre; en apportant ta pierre à notre édifice commun, tu auras la satisfaction de choisir toi-même l'article à traduire dans notre sélection et donc d'orienter le site vers des objectifs nobles qui sont les nôtres. Franchis le pas, nous t’accueillerons avec plaisir (et ce n’est absolument pas une blague).

Auteur : 
PTGPTB

Personnellement je les trouve très drôles ces articles :)

Auteur : 
Dannemoge

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