Cannibales, rednecks et astronautes transgenres

Coup de gueule d’Al Bruno N°12

Avertissement : ce qui suit peut offenser les gens facilement offusqués, les fans de Highlander 2 et ceux qui croyaient que j’avais passé l’arme à gauche.

J’ai toujours adoré Chill grog , il offrait une sorte de simplicité élégante qui me plaisait. Le problème est que je ne suis jamais arrivé à lancer une campagne. Voici un exemple du genre de truc qui semblait toujours arriver.

On s’était retrouvé dans la cave d’El Disgusto. Je devais mener une partie pour Dave le Psycho, El Disgusto, Wes la Fouine et Grobert Smith.

Moi : “Vraiment, ils vont à la GenCon wiki ?

Dave le Psycho : Ouais, P’tit Pervers et son sucre d’orge sont là-bas en ce moment même.

El Disgusto : Je suis pas convaincu par ses préférences en matière de femmes, mais je dois avouer que le gaillard s’y connaît en romantisme.

Wes la Fouine : Tu t’attendais à quoi de la part de quelqu’un qui a mémorisé toutes les positions des esclaves [sexuelles] goréennes [monde de la série de romans fantasy machistes Les Chroniques de Gor par John Norman (NdT)] ?

Grobert Smith : Bah ! Le romantisme ! Qu’est-ce que le romantisme sinon l’appel à perpétuer le sang de la lignée ? Et puis, le temps ne réduit-il pas tous les amants à de la poussière à la fin ?

Wes la Fouine : T’étais pas au club audiovisuel avec nous ?

Grobert Smith : Dans ma jeunesse, j’ai chargé bien des bobines dans plus d’un projecteur de cinéma. J’ai évolué parmi les étudiants mais m’ont-ils seulement remarqué ?

Moi : T’étais pas franchement moins… gothique avant ?

Dave le Psycho : Et franchement moins… large ?

Moi : Dave !

Dave le Psycho : Mais regarde-le bien. Ce n’est pas un rôliste – c’est une véritable Étoile de la Mort !

Moi : Je suis désolé Grobert, Dave se croit marrant.

Grobert Smith : Je ne me sens nullement insulté. Je porte mon embonpoint comme une marque d’honneur. Voyez-vous, les docteurs m’ont dit que j’étais diabétique et que je courais à ma perte si je ne changeais pas mes habitudes alimentaires.

Wes la Fouine : Wow.

Grobert Smith : Je vous le demande, est-ce qu’une vie sans barre Snickers aux cacahuètes vaut la peine d’être vécue ? Et je vous répondrai que non ! À choisir entre la mort et les sucreries, que le bonhomme Haribo soit ma Grande Faucheuse !

El Disgusto : Amen mon frère !

Moi : Je vois que tu poursuis tes rêves et je respecte ça… en quelque sorte. Et si on entamait la création de personnage ?”

Guider les joueurs tout au long de la création de personnage fut assez facile, mais Dave le Psycho commença à s’agiter au moment de faire l’équipement.

Dave le Psycho : “C’est quoi cette table des armes de mes deux ?

Moi : Qu’est-ce que tu veux dire ?

Dave le Psycho : Les dégâts de toutes les armes à feu ne sont couverts que par une seule table ! C’est un blasphème. Ça ressemble à du Rolemaster grog en plus abruti.

Wes la Fouine : Elle me semble potable cette table.

Dave le Psycho : Une table pour tous les types d’armes à feu ? Une table qui réunit les revolvers et les pistolets automatiques ? Une table qui met sur un pied d’égalité les armes domestiques et les armes militaires ? Rien sur la chevrotine et les balles perce-armure ?

Moi : Eh bien, le jeu ne rentre pas autant dans les détails.

Dave le Psycho : Alors comment tu veux que j’interprète mon personnage correctement ?

El Disgusto : C’est un des jeux de rôle d’Al Bruno. La manière d’y jouer, c’est de te moquer de leur nullité accablante.

Wes la Fouine : Aïe.

Grobert Smith : Ne pouvons-nous pas accepter le fait que nous nous réunissons pour jouer car nous sommes les déchets flottant dans les eaux de la société ? Que la profondeur même de notre détresse personnelle nous a réunis ?

Dave le Psycho : Je crois que je te préférais quand tu passais tout ton temps à doubler les cassettes de Mystery Science Theater 3000 wiki avec le matériel scolaire.

Moi : Nullité ? Tu oses m’accuser d’être nul ?

El Disgusto : Tu suintes la nullité.

Moi : Ok, alors dis-nous pourquoi tu as détesté ma partie de D&D ?

El Disgusto : Parce c’était une stupide descente dans un donjon.

Moi : D’accord. Au fait, c’était quoi l’intrigue de ta partie de Star Frontiers grog ?

El Disgusto : Un gars que vous aviez rencontré dans le bar d’une station spatiale voulait que vous lui rapportiez une machine perdue dans un complexe souterrain désaffecté et envahi par des mutants.

Moi : Je vois. Et quelle était la trame de ta partie de Boot Hill grog?

El Disgusto : Un vieux prospecteur a rencontré vos personnages dans un saloon et leur a demandé de l’aider à récupérer de l’or dans une ancienne mine désaffectée occupée par des apaches adorateurs de [la déesse de l’agonie, de la douleur et de la torture dans les Royaumes Oubliés] Loviatar wiki.

Moi : Et pour finir, c’était quoi le plan de ton scénario de Shadowrun grog ?

El Disgusto : Un vieux magicien vous avait engagés pour dérober des données d’ un complexe souterrain gardé par un dragon.

Moi : Et tu hais l’exploration de donjon ?

El Disgusto : Avec passion.

Moi : Mais tu adores l’ironie.

El Disgusto : L’ironie c’est pour les nazes, Al Bruno III. Les nazes comme toi.

Wes la Fouine : Mon personnage peut être un vampire ?

Moi : Non, à Chill tu combats les vampires. Ce sont des menaces maléfiques qui boivent du sang.

Wes la Fouine : Alors, peut-être que je pourrais jouer un vampire avec une âme qui combat le mal parce qu’il est en quête de rédemption.

Dave le Psycho : C’est sans aucun doute la chose la plus stupide que j’aie jamais entendue.

Wes la Fouine : Ok, alors je vais me contenter de jouer un flic bon mais avec un sale caractère qui s’appelle Arnold Eastwood.

Dave le Psycho : Je vais incarner un chasseur de primes, Beauford Fett.

El Disgusto : Mon personnage est un ninja. Personne ne connaît son vrai nom mais vous pouvez l’appeler… Le Fléau.

Grobert Smith : Mon personnage est un astronaute transgenre avec quelque chose à prouver.

Moi : C’est un mélange… intéressant.

Dave le Psycho : Pendant son temps libre, mon personnage chasse et tue les employés de Starbucks.

Wes la Fouine : Mon personnage garde les cendres de son ancien partenaire dans une blague à tabac autour de son cou.

El Disgusto : L’arme favorite de mon personnage est une batte de baseball en aluminium qu’il appelle “Justice”.

Grobert Smith : Mon personnage est pourchassé par le gouvernement car il/elle sait que les alunissages étaient des impostures.

La partie n’avait pas encore commencé que j’espérais déjà la victoire des forces des ténèbres [sur les héros]. Dans Chill, les personnages font tous partie de la S.A.U.V.E., une organisation super-secrète qui chasse les monstres et autres créatures surnaturelles [à grand renforts de gadgets technologiques (NdT)]. J’avais décidé de les introniser tous en même temps.

Moi : “Le professeur Kruthers vous accueille tous au sein de l’organisation et vous remet un pin’s avec l’insigne de la S.A.U.V.E.

Wes la Fouine : Cool.

El Disgusto : Le Fléau plante son pin’s à même la peau !

Grobert Smith : Mon personnage attache la sienne à la cravate froissée en soie qu’il/elle porte autour du cou.

Dave le Psycho : Je balance la mienne à travers la pièce et dis à Kruthers d’aller se faire foutre.

Moi : Quoi ?

Dave le Psycho : Beauford Fett ne travaille pour personne.

Moi : Mais… le postulat de départ du jeu, c’est que vous travaillez tous pour la S.A.U.V.E.…

Dave le Psycho : Eh bien, je suppose que ton Postulat est plus important pour toi que le Libre Arbitre alors ?

Moi : Le libre arbitre ne me dérange pas mais c’est l’équivalent d’une partie de Star Trek grog où l’un des joueurs refuse de rejoindre [la marine spatiale] Starfleet.

Wes la Fouine : Ça arrive assez souvent en fait. Tu te souviens de notre dernière partie de Star Trek ? El Disgusto voulait jouer un ninja.

El Disgusto : C’est impossible que Starfleet n’engage pas de ninjas ! C’est le seul moyen d’empêcher une attaque en nombre des Klingons.

Dave le Psycho : Écoute, je vais le joindre, ton stupide club de chasseurs de monstres, si t’arrêtes de te plaindre et de geindre ; mais je ne porterai aucun pin’s magique de tafiole.

Moi : D’accord, d’accord.

El Disgusto : J’peux avoir son pin’s ?”

J’expédiai le reste du briefing pour enchaîner sur la mission des joueurs. Ils avaient rendez-vous avec leur contact dans l’état de Géorgie, à Atlanta, pour enquêter sur une série de meurtres cannibales à l’aspect nettement surnaturel.

Wes la Fouine : “J’écoute une version audio du Necronomicon sur mon baladeur cassette pendant le trajet en avion.

Moi : Pas possible, tu ne peux pas écouter ça.

Dave le Psycho : Mon personnage pisse dans l’évier des WC.

El Disgusto : J’arrive pas à croire que je te laisse utiliser mes toilettes.

Dave le Psycho : Plutôt culotté comme remarque, M. Je-pisse-dans-une-bouteille.

Grobert Smith : Mon personnage contemple la possibilité qu’il/elle se jette de l’avion pour combattre le malaise existentiel dévorant qui l’infecte.

Moi : Ok.

Grobert Smith : Mais à la place, il/elle commande simplement un second dessert.

Moi : Je suis content d’apprendre que tu a survécu à cette petite crise. À présent vos personnages descendent de l’avion et sont accueillis par Brian Hayes, votre contact. Vous identifiez assez facilement l’Afro-Américain aux traits doux grâce à son pin’s à l’emblème de la S.A.U.V.E..

Wes la Fouine : Je le salue en utilisant la poignée de main secrète.

Moi : La S.A.U.V.E. n’a pas de poignée de main secrète.

El Disgusto : Je m’assure qu’aucun des agents aéroportuaires ne remarque ma valise pleine d’équipement de ninja.

Grobert Smith : Mon personnage fait un clin d’œil affriolant dans la direction de Brian Hayes et se sent aussitôt dégoûté•e par son geste.

Dave le Psycho : Wow. Attendez une minute. J’ai rêvé ou quoi ?

Moi : Quoi ?

Dave le Psycho : Un noir ? On doit travailler avec un foutu noir ?

Moi : C’est un PNJ, il est là pour aider vos personnages.

Dave le Psycho : Nous aider à faire quoi ? Apprendre à percevoir les allocs ?

Moi : Qu’est-ce que ça peut faire qu’il soit noir ? Tu vas vraiment faire toute une histoire pour ça ?

Grobert Smith : Doux Jésus doré à la poêle ! Qu’est-ce qui cloche chez toi ?

Wes la Fouine : Tu sais qu’on ne joue pas à Redneck : le Lynchage (1) ?

El Disgusto : Est-ce que je trouve mes bagages ?

Dave le Psycho : Qu’est-ce que tu vas nous sortir la prochaine fois ? De l’exploration de donjon avec des orques choupinous ?

Wes la Fouine : Mec, je savais que t’étais un raciste et que t’étais cinglé mais j’aurais jamais pensé que tu pouvais être un raciste cinglé !

El Disgusto : Hé oh ! Mes bagages ! Est-ce que je dois faire un jet de Recherche ?

Grobert Smith : Ta colère envers les hommes de couleur ne découle-t-elle pas de la haine que tu te portes ?

Dave le Psycho : Euh… non.

Moi : Bon, ok. Je vais changer la couleur de peau de Brian Hayes si ça peut te faire plaisir.

Dave le Psycho : Trop tard ! T’as déjà dit qu’il était noir, alors il est noir, on revient pas en arrière !

Moi : Pour l’amour de Dieu…

El Disgusto : Où sont mes bagages ?

Moi : Ils ont été envoyés à Los Angeles, toutes vos affaires ont été envoyées à Los Angeles.

El Disgusto : Tu te rends compte que c’est une déclaration de guerre.

Dave le Psycho : Tu vois ? Elles ont dû être volées par les potes de Brian Hayes !

Grobert Smith : Oh, ils peuvent égarer nos valises, mais ils ne s’approprieront jamais nos âmes.

Moi : La S.A.U.V.E.vous fournira une modeste compensation pour que vous vous achetiez des vêtements et de l’équipement.

Wes la Fouine : J’ai assez pour acheter un gilet de protection avec des broderies dorés ?

Moi : Brian Hayes vous conduit à un hôtel cinq étoiles ; en route, il vous donne plus de précisions sur l’étrange affaire des meurtres cannibales. Il explique que chacune des victimes a été apparemment engloutie par des ombres et que leurs corps en partie dévorés ont été retrouvés dans le parc. On a trouvé à côté de chaque cadavre plusieurs empreintes de pas rouges et gluantes qui ne menaient nulle part. Ces traces disparaissaient après vingt-quatre heures et ne pouvaient pas être prises en photo. On dirait que chacune des victimes a été avalée par des ombres, puis abandonnée à un autre endroit.

Dave le Psycho : Je plante d’un geste rapide la pointe d’un stylo sur le cou de Brian Hayes et je crie “C’est peut-être ce que tu veux nous faire croire ! Tu l’as payée, au moins, cette bagnole ?”.

Wes la Fouine : Quoi ?

El Disgusto : Je descends la vitre et je monte sur le toit de la voiture… Un ninja voyage avec style !

Moi : Brian Hayes demande à Beauford s’il y a un problème.

Dave le Psycho : Je lui dis que je l’ai à l’œil.

Grobert Smith : Je remonte la vitre pour que notre ami le ninja ne puisse plus rentrer.

Moi : De toute manière, Brian vous emmène à votre hôtel et vous aide à vous installer. Il vous informe qu’il vous emmènera sur l’une des scènes de crime d’ici quelques heures.

Dave le Psycho : Fais-moi savoir si j’ai une chance de coincer ce gars seul à seul.

Moi : Pourquoi ?

Dave le Psycho : Tu le découvriras bien assez vite M. Les-Tableaux-M’embrouillent.

Grobert Smith : Une fois que mon personnage est seul dans sa chambre, il/elle revêt une robe légère, un masque de gorille, un harnais avec godemiché et joue à la roulette russe.

Moi : J’ai l’impression de me répéter beaucoup aujourd’hui mais…pourquoi ?

Grobert Smith : Parce qu’il/elle souffre !

El Disgusto : Je fouille ma chambre pour vérifier qu’il n’y a pas des ninjas.

Moi : La chambre ne contient aucun ninja.

El Disgusto : Comment tu peux en être sûr si tu n’as même pas fait de jet ?

Moi : Il n’y a aucun ninja dans ta foutue chambre ! [L’équipe de nettoyage] a dû suspendre une des ces bandes tue-ninja au plafond !”

Brian Hayes revint quelques heures plus tard pour annoncer aux PJ qu’un autre meurtre avait été commis. Ceci déclencha évidemment une autre série d’accusations et de tentatives d’étranglement de la part de Dave le Psycho. J’avais enfin réussi à remettre la partie en marche lorsque les choses ralentirent à nouveau à cause d’El Disgusto, qui insista pour que son personnage descende la façade de l’hôtel en rappel.

Les personnages se retrouvèrent bientôt sur la scène d’un crime très récent. Ils prirent un moment pour observer le cadavre dévoré et les grandes traces de pas poisseuses.

Wes la Fouine : “Hum, pourquoi la police n’est pas déjà sur place ?

Grobert Smith : Mon personnage examine le cadavre étendu et envisage le concept qu’en fin de compte, nous soyons peut-être tous des petits fours lors d’un banquet cosmique.

El Disgusto : Ouais, pourquoi la police n’est pas déjà arrivée ?

Moi : Brian Hayes vous explique que–

Dave le Psycho : Mon personnage crie “C’est un piège !” et tacle le PNJ sournois.

(Une brève empoignade plus tard.)

Moi : Ok. Brian Hayes range sa bombe de gaz lacrymo à l’intérieur de sa veste, le personnage de Dave le Psycho hurle [de douleur] et gesticule dans tous les sens.

Dave le Psycho : Ça m’étonnerait. Pif-Paf et moi, on avait pour habitude de s’asperger de gaz lacrymogène tout le temps pour rester viril. Je suis sûr que Beaufort Fett est sur pied et attend son heure.

Moi : Brian Hayes vous explique que la police n’est pas encore là parce qu’elle n’a pas encore eu vent du meurtre.

Dave le Psycho : Ah-ha !

Moi : Il continue en expliquant qu’il est hanté par des rêves prophétiques étranges et que c’est la raison pour laquelle il était au courant de ce meurtre.

El Disgusto : C’est comme un sixième sens de ninja !

Wes la Fouine : Encore mieux que ça, c’est un voyant.

Dave le Psycho : Oh j’ai compris. Il est noir et il a un rêve. Bien joué, très politiquement correct.

Grobert Smith : Tes railleries xénophobes commencent à devenir lassantes.

Dave le Psycho : Et ton cul pue le fromage. S’quoi ton problème ?”

L’heure suivante fut dédiée à l’investigation… au sens le plus large du terme. Wes la Fouine essaya d’intégrer les indices dans une hypothèse, mais il eut besoin de beaucoup d’aide de la part des PNJ. Malheureusement, il n’en reçut pas beaucoup à cause de Dave le Psycho qui passa la majorité de la partie à tenter d’empoisonner, tuer ou faire déporter Brian Hayes.

Grobert Smith tenta de faire avancer l’enquête, mais puisque sa façon de jouer son personnage oscillait entre le roleplay ordinaire et la performance artistique, il ne fut pas d’un très grand secours. Et comme El Disgusto incarnait un ninja, il resta dans les ombres à tripoter sa batte, mais c’était peut-être mieux ainsi.

Le groupe découvrit enfin l’existence d’un dieu aztèque cannibale dans la nature, et ils remontèrent sa piste jusqu’à un importateur des quartiers mal famés de la ville. Inspirés par tous les films d’horreur qui avaient été tournés jusque-là, la troupe prévit de prendre d’assaut le repaire de la créature en plein milieu de la nuit avec le minimum de planification et d’armement.

Mais avant que ça arrive, je dus m’excuser pour aller au petit coin.

Dave le Psycho : “T’en as mis, du temps.

Wes la Fouine : J’espère que tout est sorti de la bonne couleur.

Grobert Smith : Mon intuition me dit que nous devons tenter de raisonner le dieu cannibale.

Moi : Heum, El Disgusto ?

El Disgusto : Quoi ?

Moi : Ça fait combien de temps que tes parents sont partis ?

El Disgusto : Ils sont absents pour la journée et reviendront demain dans la matinée. Pourquoi, tu veux les épouser ?

Moi : Et ça faisait combien de temps que Lamont (2) était enfermé dans l’armoire à linge ?

El Disgusto : Tu l’as laissé sortir ?

Moi : Ouais.

El Disgusto : T’es vraiment une fiotte.

Moi : Pourquoi es-tu aussi méchant envers cette pauvre bête ?

El Disgusto : Ce foutu chien l’a bien cherché !

Moi : Qu’est-ce qu’il a fait ?

El Disgusto : J’étais étendu sur le canapé, en train d’essayer d’apprécier le classique du 7e art Mon Curé chez les Thaïlandaises. La scène du massage de corps chez les indigènes venait à peine de commencer que ce satané chien a frotté sa truffe humide contre mes pieds nus !

Wes la Fouine : Tu parles d’un tue-l’amour.

Grobert Smith : Ah je me souviens de la première fois où mes parents m’ont surpris dans ma chambre avec mon t-shirt entre les dents et une copie de [la comédie sexy (1984)] Hardbodies dans le magnétoscope.

Moi : Et t’as puni ton chien pour ça ?

El Disgusto : Les chiens sont comme les femmes, ils ne répondent qu’aux hommes puissants et dominants, des hommes comme moi.

Moi : Ça aurait été plus impressionnant si tu n’avais pas pleuré comme un bébé à la fin de Highlander.

Wes la Fouine : J’ai pleuré à la fin de Highlander 2.

Dave le Psycho : On a tous pleuré, Wes, on a tous pleuré.

Moi : Tu te rends compte qu’après que ton chien a passé presque une journée entière dans l’armoire à linge, tu n’as plus d’affaires…propres ?

El Disgusto : Satané cabot ! Je vais lui foutre une raclée !

Moi : Si on revenait à la partie… S’il vous plaît… Comment vous vous infiltrez, les mecs ?

Dave le Psycho : On enfonce la porte de devant.

Grobert Smith : Quelle subtilité.

Moi : Bien. Vous chargez à l’intérieur [du bâtiment] et trouvez ces étranges traces de pas ensanglantées partout. Brian Hayes vous mène le long d’un corridor vers–

Dave le Psycho : Attends, il est devant nous ?

Moi : Oui et il–

El Disgusto : Pose de ninja !

Grobert Smith : Mon personnage s’arme de courage avant que l’action ne commence.

Wes la Fouine : Abruti ! Le courage n’est pas une arme a feu !

Dave le Psycho : Je fais feu dans l’arrière du crâne de Brian Hayes.

*Lance les dés*

Moi : Tu quoi ?

Dave le Psycho : Si j’en crois ta table [de dégât par armes à feu] de lopette, Brian Hayes est un PNJ mort et enterré.

Moi : Mais pourquoi ?

Dave le Psycho : Parce que je joue mon personnage.

Wes la Fouine : Espèce d’imbécile ! Pourquoi il a fallu que tu ruines tout !

Dave le Psycho : Parce que ça ne peut pas être El Disgusto toutes les semaines.

El Disgusto : Ça suffit ! J’attaque l’astronaute transsexuel de Grobert.

Grobert Smith : Mon personnage hurle comme une femme puis dégaine son arme.

Dave le Psycho : Je nargue Wes en faisant des claquettes dans le cerveau du PNJ.

(Les dés sont jetés. Férocement. À l’étage supérieur, dans la cuisine, le bruit d’un chien essayant désespérément d’ouvrir une conserve avec un ouvre-boîte est ignoré.)

Moi : Bien, vous êtes tous morts ou mourants. J’espère que vous êtes contents de vous.

Wes la Fouine : J’peux faire un jet pour remettre mes entrailles dans mon abdomen ? J’ai Premiers Soins.

Moi : Un froid glacial s’installe dans la pièce et vous observez le dieu aztèque cannibale se matérialiser depuis les ombres. Le crâne dégoulinant de sang qui lui sert de tête vous lorgne un à un en grimaçant.

Dave le Psycho : Vas-y… Étouffe-toi avec…

Grobert Smith : Je fais un ultime geste de défi… dès que mon personnage retrouvera son bras… Je sais qu’il doit être dans les parages.

Moi : Le dieu aztèque cannibale s’éloigne avec dégoût, il ne trouve aucun de vous le moins du monde appétissant.

El Disgusto : Mais les ninjas sont délicieux !”

J’ai vendu toute ma collection de Chill le lendemain après-midi et fis un don au MRAP avec l’argent que j’en tirai. Ça me semblait l’unique ligne de conduite à tenir.

Article original : rant #12 Cannibals, Rednecks and Transgendered Astronauts

 (1) NdT : Détourne des titres des JdR de l’univers du Monde des Ténèbres , à base de Quelque chose : l’Autre chose tels Vampire : le Requiem, Loup-Garou : les Déchus ou Mage : l’Éveil. Voir Comment écrire un JdR Mythique du Nouvel Âge Réminiscent ptgptb. [Retour]

 (2) NdT : Retrouvez les avanies du chien martyr Lamont dans Le jour où j’ai tué tout le groupe de PJ avant le premier combat ptgptb. [Retour]

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Commentaires

On a tous joué une séance comme celle-là. C'est désagréable et ça pousse à prendre de bonnes résolutions comme "ne plus jouer avec F." Mais pour le coup, ce n'est pas la première fois que l'auteur joue avec ces joueurs. Il les connait. Alors pourquoi ? Pourquoi rejouer avec eux ? Pourquoi s'infliger leur présence puisque dès la création de personnages ils refusent le jeu / le pacte fictionnel / le contrat social ou quoi que soit le bon terme ? Pourquoi écrire un compte-rendu d'une partie ratée sans en tirer un quelconque enseignement ? Quelle est la pertinence de la traduction d'un coup de gueule certes compréhensible mais aussi peu constructif ?

Auteur : 
Anonyme

Il ne faut pas prendre au pied de la lettre les histoires d'Al Bruno... ;) Il exagère beaucoup les traits de caractère de ses partenaires (et les siens : il a le beau rôle, modérateur, roleplay...). T'as des histoires invraisemblables qui sont juste là pour le jeu de mot final (http://ptgptb.fr/est-ce-que-tu-le-san) ou la conclusion qui est une parodie que seul l'auteur peut comprendre... Y a pas d'enseignement, c'est de l'humour rôliste, ça nous fait juste marrer ;)

Et oui, l'auteur s'étonne lui-même d'avoir joué aussi longtemps avec les Irrécupérables américains, mais il n'avait pas encore rencontré sa femme ;)

Auteur : 
Rappar

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