La police dans une campagne contemporaine

Quand je lis des scénarios qui annoncent des choses comme "la police arrive dans 1d10 rounds de combat", ça me dérange et m'attriste. C'est d'autant plus perturbant lorsqu'un nombre de policiers « adapté au niveau [des PJ] » pointe le bout de son nez. J'écris cet article en supposant que la plupart des MJ ne savent pas comment gérer les forces de police [dans leurs campagnes contemporaines] ou l'utilisent simplement comme n’importe quel monstre errant.

Je ne me considère pas comme un expert en affaires policières, cependant j'ai passé beaucoup de temps en compagnie de policiers. J'avais des amis policiers, je suis passé par l'école citoyenne de police (un cours de 12 semaines [au Canada ou aux USA (NdT)] pour les citoyens qui s'intéressent à la façon dont la police assure le maintien de l'ordre), j'ai interrogé de vrais policiers et écouté leurs histoires (1) .

J'ai vu des gens se faire arrêter, j’ai patrouillé dans des voitures de police, tiré avec des armes de service et porté un gilet pare-balles. J'ai même mangé de la nourriture de flic. Peut-être que certains de ces trucs seront utiles à un MJ quelque part.

1. Police non-impliquée ou impliquée marginalement

Lors de la création ou de la maîtrise d'une campagne moderne, déterminez le niveau d'implication de la police dans l'univers de jeu. Si vous changez ce niveau au milieu de la campagne, les joueurs en seront irrités et vous feront moins confiance.

Police non impliquée

Les seuls exemples de police non impliquée à votre disposition viennent de la fiction. Si des voitures explosent, que des gens se font abattre dans une fusillade, que des choses sont volées et que la police est seulement là pour enlever les corps ou bloquer la circulation, vous devez savoir que c'est de la fiction.

Les personnes réelles ne le supporteraient pas. Même les idiots qui reçoivent des amendes pour "mise en danger par imprudence, conduite sous l'emprise de substances et excès de vitesse aux abords d'une école" hurlent  qu’ils ne devraient pas être verbalisés parce qu’ils paient des impôts. Imaginez à quel point les gens s'insurgeraient avec des raisons valables.

À ce niveau d'implication, les policiers sont uniquement en arrière-plan. À moins que les PJ ne se rendent au commissariat ou ne les appellent, les policiers resteront hors du cadre. Peu importe à quel point les PJ sont mauvais, peu importe le nombre de vidéosurveillance sur lesquelles ils ont réussi à apparaître, peu importe le nombre de témoins qui pourraient les décrire à un portraitistewiki, ils ne seront pas arrêtés.

Pourquoi utiliser ce niveau d'implication ? Si vous jouez des PJ qui sont des criminels, vous avez plutôt intérêt. Croyez-moi, les prisons sont remplies de gens qui pensaient être plus intelligents que les flics. Et il y a de fortes chances que vos joueurs ne le soient pas (malgré ce qu'ils en pensent).

Si vous menez une aventure criminelle ou d'espionnage et que vous n'utilisez pas ce niveau, votre scénario tournera à "échapper à la police/au gouvernement ". Et c'est tout ce qu’il deviendra après un laps de temps.

Généralement, les problèmes rencontrés par les PJ avec la police  fonctionnent selon l’effet boule de neige. Ça commence par un feu arrière défectueux et finit par tirer sur un  flic. Si vous voulez voir quelques exemples de ce niveau d'implication policière, je vous recommande les séries Burn Noticewiki et Supernaturalwiki.

Police impliquée marginalement

Une implication marginale est un niveau délicat que je ne recommande pas personnellement. Il revient à dire "si vous merdez, les flics seront à vos trousses". De nombreux MJ essayent d'utiliser ce niveau mais il fonctionne rarement bien. Le MJ utilise la police comme une punition de  l'incompétence. Ce qui fait généralement basculer la campagne vers le mode « en cavale, poursuivi par la police » .

Maîtriser une police apathique est facile. En maîtriser une réaliste est bien plus difficile.

2. Temps de réponse réaliste

Dix minutes est un bon temps de réponse, bien que cela puisse être un peu au-dessus ou en-dessous. Je pense que beaucoup de MJ tombent dans le panneau du "1D10 rounds" parce qu'il est possible dans la vraie vie de tirer sur quelqu'un au hasard et de s'enfuir.  Oui, vous pouvez vous échapper ! La police ne se cache pas à chaque coin de rue, dans chaque buisson, ni dans les bureaux du méchant.

Dans la ville d'Hoffman Estates, Illinois (population d'environ 50 000 âmes) où j'ai fait l'école citoyenne de police, il y avait près de 100 policiers. La ville en elle-même fait environ 50 km². Devinez combien de policiers étaient en patrouille à n'importe quel moment ? Neuf. Seulement neuf pour une zone aussi grande. Les autres policiers, soit ne sont pas en service, soit sont en congé-maladie, soit en équipe de soutien ou bien encore travaillent à leur bureau, etc. J'ai posé la question et découvert que ce ratio est plutôt normal pour les États-Unis.

Le fait que les PJ puissent perdre les pédales et qu'il semble qu'ils ne seront pas arrêtés frustrera de nombreux MJ. Si les PJ se lancent seulement dans une fusillade au volant d'une voiture ou une autre action du même acabit, les policiers auront besoins de preuves pour finir par les arrêter.

Souvent, les actions des PJ peuvent prendre bien plus longtemps que les dix minutes nécessaires aux policiers pour arriver quelque part. Par exemple, si les PJ entrent par effraction dans un bâtiment pour y trouver quelque chose, et que l’alarme silencieuse se déclenche, ils mettront probablement plus de dix minutes à le fouiller.

3. Ampleur de l'intervention

Il y a deux raisons qui font que les flics remportent la plupart des confrontations. La première étant qu'ils ont des radios. La seconde, qu'ils bénéficient de renforts.

Voici deux situations réelles auxquelles j'ai assisté. Pour la première, j'étais de sortie en co-patrouille avec un agent. Une co-patrouille consiste à accompagner un agent de police et le regarder faire son travail.

Dans la zone de Chicagoland (2) dans l'Illinois, les villes se touchent. Il n'y a pas de friches entre les banlieues, elles se fondent ensemble. À une ville de là, il y avait un appel pour une bagarre. L'agent que j'accompagnais a lancé un appel radio pour demander la permission de venir en renfort. Elle lui fut accordée et nous sommes partis sur les chapeaux de roues.

Il y avait près d'une douzaine de véhicules de police sur la scène quand nous sommes arrivés, et d'autres voitures étaient en route. Le sergent [à l’origine de l’appel] était encore en train de déterminer ce qui se passait et de dire aux gens ce qu’ils devaient faire. À quoi servait cette douzaine de voitures de patrouille (et encore plus de policiers) ?

Trois blaireaux étaient allés ensemble en voiture à une station-service et s'étaient lancés dans une violente querelle. Les policiers les laissèrent partir après leur avoir donné un avertissement verbal, et ils repartirent ensemble.

Maintenant, dans votre campagne, imaginez combien de policiers en renfort il y aurait pour le PJ lambda, armé jusqu’aux dents et lanceur de bombes.

Dans le deuxième exemple, j'étais assis au restaurant quand quelqu’un a tiré à l’arme automatique des rafales sur un agent de police, à bout portant, à travers le pare-brise de sa voiture. Toutes les balles ratèrent leur but. Les types s’enfuirent.

Dans les 20 minutes, il y avait trois hélicos, deux camions de pompiers, des ambulances, des véhicules d'urgence et assez de voitures de police pour arrêter la circulation pendant plus d'une heure.

4. Procédure policière

Les étapes pour un agent de police qui tombe sur quelque chose de mauvais :

  1. Signaler

Tous les MJ que j'ai pu voir ignorent cette étape élémentaire. Vous avez déjà été forcé de vous arrêter pour excès de vitesse ? Vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi le policier reste longtemps assis dans sa voiture avant d'en sortir pour venir vous parler ?

C'est parce qu'il signale qu'il vous a fait vous mettre sur le bas-côté. Il a déjà remonté les informations sur votre voiture, qui ont probablement été déjà transmises au central [et le central ou lui a déjà consulté une base de données de véhicules/plaques volés... (NdT)] De plus, si vous voyez un policier, sachez qu'il a des renforts pas loin. Les policiers ne la jouent pas franc-jeu avec les criminels (ou les PJ).

Si l'agent de police pense que la situation peut s'avérer être plus qu'un banal contrôle routier, alors il va :

  1. Appeler des renforts

Si les PJ font quelque chose de grave - mitraillent un bâtiment, prennent des otages, pillent, quoi que ce soit- ; si les policiers ont reçu un minimum d’entraînement, ils ne vont pas se jeter sous les balles et mourir. Ils vont rester en retrait et demander des renforts.

Selon la gravité de la menace, ils peuvent même ne rien tenter d'autre que de contenir (c’est à dire empêcher la fuite) les PJ et attendre de recevoir plus de renforts. Ils peuvent appeler des équipes du SWAT [équivalent du GIPN (NdT)], etc.

équipe du SWAT

5. Arrêter les criminels

Comment les policiers attrapent les meurtriers et les PJ : ils reconstruisent les dernières 48 heures de la vie de la victime (ou des suspects).

Cela peut sembler évident, mais prenons quelques exemples. Si les PJ se font arrêter, la police a leurs téléphones portables. Même s’ils ont pris la peine d'effacer leurs historiques d'appels, il reste des enregistrements qui peuvent être obtenus auprès des compagnies de téléphone pour savoir qui vous avez appelé [et en activant quelle borne de téléphonie mobile (NdT)].

Retracer "qui a appelé qui [et depuis où]" et croiser les résultats avec l'historique du téléphone de la victime peut raconter de quoi remplir des volumes. Les policiers vont aussi parler aux amis de la victime, visionner les vidéos de sécurité des commerces qui se trouvent dans la rue, tracer le GPS de sa voiture, etc.

Vous pouvez faire quelque chose d’amusant si les PJ se font arrêter : mettez-les dans des pièces séparées où ils ne peuvent pas se parler et où ils ne peuvent pas vous entendre. Ne les remettez pas dans la même pièce avant d'avoir fini. Passez chacun au grill séparément. Posez-leur les mêmes questions. Quand ils vous répondent, croisez leurs déclarations. Notez leurs réponses. Puis comparez-les (3) .

En tant que MJ, c'est intéressant à faire au moins une fois dans votre vie. Les PJ s'incrimineront eux-mêmes et entre eux. Vous verrez rarement un mensonge monté de toute pièce de façon aussi évidente. En général, les PJ ne se mettent même pas d'accord sur un bon alibi avant de se faire arrêter. Après avoir vu à quel point leurs alibis sont mauvais et à quel point leurs mensonges sont transparents, gardez en tête que les policiers qui auraient mené l’interrogatoire sont bien meilleurs que vous, et ont des années d’expérience.

Cela peut sembler assez effrayant pour un MJ quand un PJ pose un orteil au-delà de la limite, mais vous devez vous rendre compte que peu de crimes bénéficient d'une enquête poussée. Si les PJ ont volé un autoradio ou même commis quelques entrées par effraction, ce ne sont pas des délits prioritaires.

Oui, certains agents vont monter aux créneaux en entendant cette affirmation, mais j'ai parlé à des policiers qui m'ont dit que si vous êtes cambriolés, des types se pointeront chez vous relever des empreintes pour vous rassurer. Vos affaires ont probablement disparu pour toujours, désolé.

D'un autre côté si les PJ commettent des meurtres, des enlèvements ou (que Dieu leur vienne en aide) abattent un policier, la police sera plutôt sur les dents dans ce cas et s'impliquera beaucoup plus.

Deux informations rapides avant que je ne passe à la dernière section : Aux USA (ça varie d'un État à l'autre) la police peut vous mettre au frais sans aucune raison (ou presque) pendant 48 heures maximum. Cela peut paraître brutal et contraire à la loi, mais s'ils pensent que vous avez commis un crime ou que vous cachez des preuves, ils peuvent vous garder pendant 48 heures. Ensuite, ils vous laissent partir en vous remerciant.

Petite astuce intéressante pour un MJ : j'ai entendu parler de flics qui font ça parce qu’ils ressentent que la personne n’est pas d’humeur à coopérer (ou est un emmerdeur).

Le deuxième sujet est le terrorisme. La plupart des choses que font les PJ, et qu'ils aiment faire, peuvent être considérées comme étant des activités terroristes. Avec le Patriot Act (4) et le Département de la Sécurité Intérieure [Department of Homeland Security - DHS], pas besoin de beaucoup plus qu'un simple soupçon pour être arrêté et mis en détention indéfiniment .

Si vous voulez voir des exemples de ce type de niveau d'implication, je vous recommande de vérifier si votre commissariat de police propose des "formations citoyennes de police" ou des "co-patrouilles". C'est gratuit et ne vous coûtera que du temps. La raison pour laquelle j'y ai participé est que je voulais améliorer ma connaissance de la véritable police pour le Jeu de Rôles.

6. Les PJ policiers

Certains aspects réalistes de la police peuvent tomber très à plat quand on l’applique au jeu de rôles. Par exemple, les PJ ont découvert qu'un méchant se terre dans un entrepôt. Il a des hommes de main équipés de fusils et ils sont prêts à se lancer dans une grosse fusillade spectaculaire qui sera un combat à mort où tout est permis !

Au lieu de ça, les PJ font intervenir le SWAT.

Maintenant vous avez deux choix, soit vous annoncez "Bordel ! Le SWAT n'est pas suffisamment compétent pour gérer ça", soit vous pouvez annoncer "pas de problème, le SWAT nettoie le bâtiment et procède aux arrestations".

C'est décevant de procéder ainsi, mais c'est réaliste. Si vous avez des joueurs qui ont besoin de combattre, c'est compliqué. Des agents de police auront des problèmes s'ils essayent de jouer les Rambo.

Vous vous souvenez des deux premières étapes de la police ? « Signaler » et « demander du soutien ». Vous en trouverez des exemples dans la fiction, comme les séries Les Experts, bien que la police m'a dit que Barney Miller (5) était la série TV la plus réaliste. C'est une vieille série de 1970 où les flics restent assis à ronchonner. Je ne blague pas.

Maîtriser une police réaliste, ou avoir des PJ policiers, rend votre partie plus réaliste et vous aident à aiguiser votre maîtrise.

Jouer des PJ policiers est plus difficile, pour les joueurs comme pour vous. Pour vous : parce que vous devez avoir une vision générale des lois et que les PJ ont accès à beaucoup plus de ressources. C'est plus difficile pour les PJ parce qu'ils doivent rester dans les limites de la loi, ou au moins ne pas se faire attraper en train de les transgresser (6) .

Je mène en ce moment une campagne où les PJ sont policiers. Si ça intéresse quelqu'un de voir comment ça fonctionne, j'enregistre chaque partie (run) de ma campagne et je les diffuse par podcast. Vous pourriez en tirer quelques idées. Je dirais que ça semble plutôt bien marcher et que ça m'aide à m’améliorer en tant que MJ.

J’espère que cet article aidera quelqu’un pour sa campagne et, si j’ai de la chance, permettra de retirer une mention « la police arrive en 1D6 rounds » d’un scénario.

Bon jeu!

Article original : Police in a modern Campaign

(1) NdT : PTGPTB a traduit 5 vraies histoires d’un policier du commissariat « Fort Apache » du Bronx . Autant de petits évènements pour vos PJ policiers. Cet auteur recommande son côté la série TV The Job [Retour]

(2) NdT : aire métropolitaine de Chicago, englobant Chicago et ses banlieues qui s'étendent sur trois États : l'Illinois, l'Indiana et le Wisconsin. [Retour]

(3) NdT : retrouvez cette technique, et plein d’autres d’interrogatoire, dans En garde - à vue !ptgptb Si les joueurs vous détestent après ça, nous déclinons toute responsabilité. [Retour]

(4) NdT : "Loi pour unir et renforcer l'Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme" ; elle autorise la détention - pendant une durée indéterminée et sans inculpation - de toute personne suspectée de projet terroriste. Elle autorise aussi les services de sécurité à accéder aux données informatiques détenues par les particuliers et les entreprises, sans autorisation préalable et sans en informer les utilisateurs. [Retour]

(5) NdT : Barney Miller est une série policière se déroulant dans les bureaux du fictif 12ème commissariat de New-York situé à Greenwich Village. Les épisodes mettent en scène ses inspecteurs qui enregistrent les dépositions des plaignants ou des suspects dans leurs bureaux, et développent plusieurs sous-intrigues qui suivent les agents confrontés à plusieurs crimes. Non diffusée en France, vous pouvez sinon vous penchez sur la série The Wire/Sur écoute.

(6) NdT : Dans Triple 9 des flics ripoux travaillent pour la mafia russo-israélienne et se retrouvent forcés de braquer un complexe fédéral. Pour créer une diversion, ils décident de provoquer un code 999 en abattant l’un d’entre eux. D’autres films traitent bien ce sujet comme 36 Quai des Orfèvres de Marchal (2004), Les Infiltrés de Scorsese (2006) ou Hard day de Seong-hun (2013) [Retour]

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Commentaires

Bon d'abord l'article est propre, bien écrit et donne de bonnes règles de conduite pour gérer la police. Je voulais juste dire qu'en tant que MJ j'ai bondi de mon siège en lisant le passage où les PJ appellent le SWAT… décevant ? Mais au contraire, avec un rictus de MJ triomphant, je sortirais quelque pré-tirés de ma poche en lançant  : "Et bien voila vos persos du SWAT, allez y les gars !".

J'avais la même idée pour une campagne Cthulhu/Delta Green avec une alternance enquête / action et donc deux équipes adaptées se partageant le devant de la scène. Qui n'a jamais rêvé de descendre dans les abysses avec une vraie équipe de combat plutôt qu'une bande de bras cassés, je jure que les shoggoths feront moins les malins ! - ou pas

Auteur : 
Pal'

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