Parlez-moi d'amour (1-5) : relations, règles, limites et intrigues

Première partie
Les relations amoureuses dans les JdR

Note du Traducteur : La version qui suit correspond à la première traduction que nous avons réalisée pour Parlez-moi d'amour. À l'époque, il nous avait paru pertinent de rendre moins remarquable le choix d'écriture féminin de l'auteure afin de mieux prendre en compte la structure des groupes. Depuis, notre point de vue a évolué. Vous pouvez donc télécharger une version corrigée et plus conforme à la volonté initiale de l'auteure dans notre ebook Coup de foudre à JdR Hill.

La Belle sans merci

La Belle Dame sans merci de Frank Bernard Dicksee wiki

Pour un loisir qui se concentre grandement sur le fait de casser la gueule aux méchants et piller leurs affaires, la majorité des JdR continuent d’envisager bizarrement le tabou du sexe et de l’amour. Tuer des orques ? Excellente chose. Voler le trésor d’un dragon ? Bien joué ! Faire monter le garçon d’écurie dans votre chambre pour la nuit ? Hola malheureuse, les choses vont trop loin, là !

Ça m’a rappelé un truc que disait la mère de Kyle dans South Park : le film :

“On peut tout à fait montrer des scènes d’une incroyable violence tant que l’on n’y entend proférer aucune grossièreté.”

Jouer un rôle permet de s’évader du monde réel, d’oublier les choses qui rendent nos petites vies normales moins agréables. Mais les relations amoureuses sont une des bonnes choses de notre monde ! Si vous êtes une lectrice régulière de Geek's Dream Girl, ne serait-ce que des colonnes d’Une vie de geek, il est probable que vous soyez une romantique au fond. Pourquoi ne voudriez-vous pas que vos précieux personnages trouvent l’amour et le bonheur ?

Que ce soit clair : je ne promeus pas l’interprétation des relations sexuelles autour de la table. Même si cela peut certainement épicer vos activités après la partie avec un partenaire de la vie réelle, de telles situations seront au mieux gênantes et au pire, crispantes. À moins que cela ne se limite à une séance un MJ-un joueur ou à un groupe à la fois très restreint, très lié, et en confiance.

Ceci dit, je suis une farouche partisane du fait que PJ comme PNJ flirtent, se fréquentent et aillent même jusqu’à tomber amoureux et avoir des enfants, quel que soit l’univers ou le système de jeu.

Et l’amour dans tout ça ?

Il ne m’est jamais venu à l’esprit de ne pas avoir d’histoire amoureuse dans mes séances et j’ai sans doute eu la chance de jouer avec des groupes ou des MJ pour qui cela n’a jamais été un problème. Pour ma part, j’apprécie le réalisme que cela implique. Garçons et filles, garçons et garçons et filles et filles seront attiré(e)s les un(e)s vers les autres. La nature humaine (ou elfique ou naine) est ainsi faite et l’ignorer me gêne.

Les possibilités de développement du personnage se déploient largement dès qu’on y ajoute un peu de romance. Par exemple, prenez Spartacus, la série diffusée sur W9 (sérieusement, regardez-la. Puis essuyez la bave au coin de votre bouche et revenez finir la lecture de cette colonne). Spartacus serait-il un personnage aussi profond sans l’amour éternel qu’il nourrit pour son épouse, Sura ? C’est cette passion qui l’amène à combattre comme il le fait dans l’arène. Votre aventurière ne fait-elle cela que pour s’amuser, ou bien essaie-t-elle de gagner assez d’argent pour libérer son bien-aimé du campement minier où il a été injustement emprisonné ? L’amour est un moteur puissant et tant les échecs que les succès romantiques peuvent forger la personnalité d’un personnage.

Si vous êtes un fan du roleplay (roleplaying) – par opposition au “jeu de rouler de dé” (roll-playing) – les lois de l’attraction offrent de fantastiques possibilités d’interprétation. Un flirt léger et diplomate peut vous permettre d’obtenir tout ce que vous souhaitez, que ce soit une information ou une ristourne chez le forgeron. Avoir noué des relations amoureuses avec certaines personnes haut placées peut vous sortir – vos compagnons et vous – du pétrin (ou vous y plonger, si la romance s’est terminée sur une note amère). Les affinités romantiques au sein d’un groupe peuvent rapprocher un magicien et un clerc jusqu’à en faire une machine de guerre lanceuse de sorts où chacun est capable de prédire les actions de l’autre et de combattre en parfaite harmonie. Et, bien évidemment, les MJ adorent être vicieux et blesser ou capturer un des amants pour voir comment l’autre réagira. La romance peut donc donner une belle profondeur à la partie.

Quel est donc le problème ?

Beaucoup de rôlistes, que ce soit sur les forums ou pour de vrai, ont tendance à repousser l’idée que la romance puisse jouer un rôle dans une partie sur table. Ceux qui s’y opposent sont habituellement ceux qu’on entend le plus et certains thèmes communs reviennent dans leur raisonnement.

La première est que la romance, quelle que soit sa forme, sera une sorte de distraction qui éloignera les joueurs de la partie. Cela peut très probablement se produire. Mais quand le rôdeur insiste pour jouer de la flûte à n’importe quelle occasion, que le barbare pousse son cri de bataille ridicule à chaque fois que le groupe essaye de s’approcher furtivement de son ennemi, ou encore que le moine ne cesse de disparaître pour mener son enquête dans son coin, c’est aussi de la distraction. N’importe quel élément peut devenir une diversion s’il n’est pas joué de manière appropriée. C’est le boulot du MJ de s’assurer que cela n’arrive pas, mais les joueurs doivent aussi prendre leurs responsabilités dans les actions de leurs personnages. Ne laissez pas la romance attirer trop l’attention [par rapport à l’action principale] et elle ne sera pas un problème.

Un autre point concerne les problèmes de genre. J’ai connu des rôlistes – le plus souvent des garçons mais parfois aussi des filles – qui ont des blocages lorsque, par exemple, un MJ homme prend la voix d’une PNJ et fait une proposition salace à leur PJ masculin. J’exhorterais ces rôlistes à ne pas voir dans cette situation quelque chose qui n’y est pas. Souvenez-vous que dans jeu de rôle, il y a rôle. Si votre clerc – Bob – accepte l’offre de la sorcière d’Ed – Jillian – de partager une chambre à l’auberge, cela ne veut rien dire de vos sentiments envers Ed ou de ceux d’Ed à votre égard. Cela concerne Bob et Jillian. Ayez confiance en vous, vos amis et la capacité de tous ceux impliqués de seulement jouer leur personnage, et vous n’aurez pas de soucis à vous faire.

Parfois, j’entends dire qu’aucun des manuels (les officiels, pas les suppléments des autres éditeurs) ne fournit de règles ou d’éléments pour une relation amoureuse. J’aimerais vous renvoyer à la section “Vivre à Faerûn” du décor de campagne des Royaumes Oubliés grog de Donjons et Dragons 3.0, publié par les grands pontes de WotC eux-mêmes. Vous y trouvez, dans la liste de l’équipement, la racine de nara et la poudre de cassil, qui sont tous deux présentés comme des méthodes de contrôle des naissances à base de plantes [pp.96-97 de l’édition française (NdT)]. Si ce n’est pas une preuve officielle que des personnages peuvent avoir et ont des relations sexuelles, je ne sais pas ce que c’est.

Peut-être qu’on devrait aller moins vite

Il existe des situations évidentes où il est déconseillé d’ajouter des éléments romantiques à votre partie.

  • Si ne serait-ce qu’une seule personne de votre groupe de jeu est mal à l’aise avec le sujet. Jouer est une activité amusante, censée soulager du stress et non en créer. Jaugez vos joueurs avec soin et s’ils semblent gênés, prenez-les à part et posez-leur la question. Si séduire la barmaid n’est simplement pas leur moment préféré de la partie et qu’ils préféreraient tuer des gobelins, pas de problème. Les joueurs n’apprécient pas tous chaque minute de leurs séances de JdR. Mais si séduire la barmaid leur file vraiment la trouille, alors vous devez retirer cela de votre partie si ce joueur compte pour vous.
  • Si des enfants jouent à votre table. Cela se passe d’explications. Les adolescents sont un cas à part et doivent être jugés au cas par cas.
  • Si vous avez “ce type” (ou “cette fille”) à la table. Vous savez de qui je veux parler. Celui qui glousse comme un môme de 12 ans à la moindre mention de “sexe “, “sein”, “gourdin” ou “merde”. Celui qui fait des commentaires déplacés, à la fois en jeu et hors-jeu. Celui qui rendrait n’importe quelle scène de romance de la partie gênante pour tout le monde. Si cette personne joue avec vous, vous feriez mieux de garder les histoires d’amour pour les séances où il est absent, ou exclusivement pour un autre groupe (mais demandez-vous alors pourquoi cette personne est à votre table. Ça peut être un sujet pour un futur article…).

Tout ça pour dire que…

Au bout du compte, le seul moyen d’inclure avec succès un nouveau thème, romantique ou autre, dans votre partie est de connaître vos joueurs. Si vous pensez qu’ils peuvent supporter la situation où un PNJ flirte avec leur perso, lancez-vous à la prochaine séance. Si vous estimez qu’ils peuvent gérer, mais n’en êtes pas sûre, demandez-leur. S’il semble que le désastre se profile, ne le faites pas. Si, en tant que joueuse, vous apprécieriez un peu plus d’amour et un peu moins de guerre dans la partie, parlez-en au MJ. Il pourrait accepter d’en rajouter s’il sait que son groupe est intéressé.

Mais comment ajouter de la romance et dans quelle mesure ? C’est ce que nous allons voir.

Sélection de commentaires

GGG

La romance est une motivation puissante en jeu, une pièce possible du développement du personnage, pouvant aller du badinage spirituel avec la serveuse, à une relation épanouie avec le prince que vous avez sauvé de ses ravisseurs drows. Que seraient les chevaliers sans la faveur d’une dame pour les inspirer (1), ou Conan sans une prostituée lascive à son bras ?

Si les personnages de deux joueurs nouent une intrigue amoureuse, c’est une aubaine pour le MJ. Dans ma campagne, deux hommes étaient amoureux (comme le sont leurs joueurs dans la vraie vie). L’une de nos meilleures histoires survint quand le père de l’un d’eux les rappela à la maison car il voulait que son fils honore un mariage, arrangé pendant qu’il était parti à l’aventure. Pour corser l’affaire, la femme qu’il était censé épouser avait jeté son dévolu sur quelqu’un d’autre, qui défia le personnage dans une série d’épreuves pour gagner le droit d’épouser la damoiselle. Nous nous sommes bien marrés lorsque les PJ ont essayé de perdre… mais pas de manière TROP évidente.

Bien entendu, les histoires d’amour ne conviennent pas à tout le monde. Comme le dit l’article, si des personnes se sentent gênées ou se révèlent trop immatures, il vaudrait mieux laisser cette accroche scénaristique de côté. Mais je suis d’accord avec C. Il ne m’est jamais arrivé de ne pas avoir de romance et je ne l’ai jamais regretté.

Pixiedragon

Je suis d’accord, la romance correctement interprétée au sein d’un groupe peut apporter beaucoup de profondeur à l’interprétation. Mais si elle est mal faite, elle peut devenir une source de frustration.

J’ai vu les deux types de relations en jeu se dérouler dans les campagnes auxquelles j’ai participé.

Celles qui tendent à ne pas marcher si bien que ça avaient généralement la situation suivante : les joueurs étaient d’accord sur le fait que “Hé, nos personnages devraient avoir des tonnes de relations sexuelles” et ça leur prenait tellement de temps en jeu que ça détruisait quasiment toutes les autres interprétations et empêchait grandement les autres membres du groupe de se concentrer sur la quête principale. Il est probablement évident que, hormis leur concupiscence, ces PJ n’avaient généralement pas grand-chose en commun.

D’un autre côté, un de mes propres personnages s’est retrouvé dans une relation avec un PNJ d’une manière totalement différente. Cela commença lors de la toute première session lorsque le groupe fit la connaissance d’un PNJ majeur et que je demandai “Hé, est-ce qu’il est beau ?”.

Pour une raison ou une autre, le reste du groupe partit du principe que mon personnage et le PNJ allaient tomber amoureux et ils firent tout leur possible pour les mettre ensemble. Seulement, il n’y avait aucune étincelle. Puis mon personnage rencontra un PNJ issu de son passé, censé être un antagoniste mineur. Avec lui, il y eut plein d’atomes crochus, et ils commencèrent à se fréquenter dans une quête secondaire où nous jouions avec seulement deux des cinq joueurs. Nos PJ étaient censés l’affronter mais… ça se termina différemment et ils découvrirent qu’ils avaient en réalité été tout ce temps du même côté.

Nous avons éclaté de rire quand le clerc du groupe se défia de mon personnage et profita qu’elle était sous l’influence d’un sort de Zone de vérité pour lui demander ce qui s’était exactement passé cette nuit-là.

A.L.

Bon billet (pour commencer). Je débute toujours mes parties de la même manière, justement en raison de certains des points que tu évoques dans “Quand vous ne devriez pas le faire”. “Les gars, quel niveau d’exposition voulez-vous pour cette partie ? Quelles sont les choses que vous ne désirez absolument pas aborder ?” sans oublier la plus importante (obligatoire dans mes parties) : “Êtes-vous d’accord pour me dire, en privé ou à la table, quelle est la deuxième chose du jeu qui vous met mal à l’aise ?”.

Je demande cela parce que j’aime bien traiter de thèmes adultes. La romance et les relations sont l’un de ces thèmes. J’aime les jouer naturellement, mais le fait est que j’encourage les joueurs à s’impliquer. Les relations émotionnelles sont merveilleuses et amusantes, mais elles peuvent s’interrompre et blesser le personnage. Dans une partie super-héroïque que j’ai menée il y a peu, un des PJ féminins venait à peine de réaliser qu’elle était amoureuse de son ami d’enfance, que celui-ci s’est sacrifié pour sauver un groupe de policiers durant une évasion. Puis, alors qu’elle avait fait son deuil et commençait à se tourner vers son “éventuel” nouveau compagnon, celui-là se sacrifia aussi pour sauver la vie d’un enfant. Inutile de dire qu’elle n’était guère heureuse mais l’émotion qui jaillit de cela était géniale à voir à la table de jeu et rendit l’histoire bien plus riche et appréciable.

Dans une partie que je suis en train de mener, un événement intéressant est survenu, quand deux de mes joueurs me demandèrent la possibilité de nouer une idylle [pour leur personnage]. Je n’avais jamais été confronté à cela comme MJ mais c’était stimulant et je vais voir comment adapter leurs demandes. J’en parle ici (en anglais) si quelqu’un est intéressé.

Deuxième partie
Et la tendresse, bordel ?

Vous envisagez donc d’ajouter un peu d’amour et d’émotions à votre table. C’est super ! Mais maintenant que votre décision est prise, comment allez-vous faire ? Et quelle dose de romance devriez-vous injecter dans votre jeu ? Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous laisser en plan sans répondre à ces questions, n’est-ce pas ?

Les deux éléments principaux que vous devriez envisager sont : l’intensité amoureuse que vous voulez pour vos parties, et le style de jeu que vous prévoyez d’utiliser pour les éléments romantiques (notez que vous pouvez assez aisément utiliser la même méthode pour gérer la violence ou d’autres éléments “adultes” dans vos parties).

Certains l’aiment chaud

L’intensité amoureuse définit l’importance que vous voulez donner à la romance dans votre jeu.

Nous considérons ici que vous voulez que vos séances se jouent dans votre univers et avec votre système habituels avec juste un peu de sentiments – et non une partie fondée sur le sexe (bien qu’il n’y ait rien de mal à ça). Envisagez cette intensité comme vous le feriez pour les catégories de films :

  • Tous publics : On flirte, on s’embrasse un peu, mais tout cela reste assez timide. Les relations sexuelles sont admises, mais restent discrètes (“Le voleur et le prêtre disparaissent du bal un certain temps et, lorsqu’ils reviennent, sont essoufflés et ont le rose aux joues”). La romance ne joue qu’un tout petit rôle dans la partie. La majorité des rôlistes que j’ai rencontrés n’ont aucun problème avec ce niveau d’intensité amoureuse.
  • Déconseillé aux moins de 12 ans : La romance se fait plus audacieuse et devient carrément un élément d’intrigue secondaire. Il y a plus de détails, plus de transparence, plus de nudité.
  • Interdit aux moins de 16 ans (ou plus) : Tout peut se produire. Les personnages sont des créatures sexuelles et sensuelles et la romance constitue incontestablement un élément-clé de la tonalité globale de votre jeu, quand elle n’en est pas le moteur.

Le monde est une scène de théâtre

Une fois que vous avez choisi un niveau d’intensité amoureuse, déterminez le style de jeu qui correspondra le mieux à vos parties et à vos joueurs.

  • Passif : Tout la partie romantique est jouée hors-personnage (“Mon personnage demande au garde s’il aimerait venir prendre une bière à la taverne après son service”) ou en passant des mots au MJ. Ce style fonctionne très bien dans les groupes où les joueurs sont un peu timides ou ont du mal avec un roleplay interactif.
  • Investi : La romance est interprétée en roleplay (“Vous devez avoir chaud, coincé dans cette armure toute la journée, non ? Puis-je vous offrir une bière après votre service ?”) jusqu’à un certain point, ensuite tout s’estompe.
    Ce style fonctionne bien dans la plupart des groupes que j’ai fréquentés car il est à la fois fluide et souple : vous pouvez l’adapter au sein du groupe pour chacun(e) de vos joueurs(ses). Cela donne également de grandes possibilités de jeu d’acteur.
  • Interprétation totale : Le moindre petit bout de romance est interprété en jeu. Le moindre. Les baisers sont décrits en détails et les vœux de mariage sont déclamés. La porte de la chambre à coucher pourrait tout aussi bien être grande ouverte.
    Ce style de jeu n’est clairement pas pour tous les groupes, bien qu’il puisse bien fonctionner dans une séance privée en face à face, ou avec un petit groupe où les membres se connaissent assez bien pour éviter tout malaise. Mais même le meilleur des roleplayers peut en venir à trouver cela assez gênant, selon les niveaux d’émotion et de séduction atteints. De plus, dans un groupe de jeu conséquent, une scène prolongée impliquant seulement deux ou trois personnages ennuiera les autres joueurs et leur donnera l’impression d’être délaissés. Donc, d’après mon expérience, ce style de jeu fonctionne mieux dans un JdR par forum, où les joueurs ne sont en fait pas face-à-face.

Trouver un juste milieu

Quand l’heure est venue d’ajouter de la romance à votre partie, déterminez le plus petit dénominateur commun de vos joueurs. Si cette référence mathématique vous rappelle d’horribles souvenirs d’algèbre au lycée, prenez une grande inspiration et calmez-vous. On ne parle pas vraiment de mathématiques ici : vous voulez juste trouver le niveau d’intensité amoureuse ou de style de jeu le plus bas avec lequel tous vos joueurs se sentent bien.

Par exemple, si vous avez cinq joueurs et qu’ils apprécient tous l’intensité amoureuse “Interdit aux moins de 16 ans”, mais que seuls trois apprécient de tout interpréter, redescendez au style Investi. S’il y a encore un joueur mal à l’aise avec cela, descendez encore jusqu’au style Passif. Maintenant, tout le monde se trouve dans sa zone de confort (2).

Je ne suis pas une grande fan des parties où on détaille tout à son groupe avant de commencer, parce que cela retire beaucoup d’amusement et de spontanéité à la partie. Si vous connaissez vos joueurs et vous sentez en accord avec leur style de jeu et si vous envisagez une intensité amoureuse de type “Tous publics” ou “Déconseillé aux moins de 12 ans” avec un style de jeu Passif ou Investi, foncez. Mais avec de nouveaux joueurs à votre table, parlez-en avec eux en premier lieu ou jouez quelques séances pour mieux les connaître, avant de commencer à introduire des éléments romantiques. Si vous voulez un jeu d’intensité amoureuse “Interdit aux moins de 16 ans”, où tout est interprété dans le moindre détail, mettez d’abord les choses au clair avec vos joueurs et ce, que vous les connaissiez depuis des années ou que vous veniez de les rencontrer au club de jeu.

Indépendamment de l’intensité amoureuse ou du style de jeu que vous choisissez, tâchez d’intégrer la romance dans vos séances de sorte qu’elle ne dénote pas plus que les lancements de sorts et les coups d’épées. Dans la vraie vie, la relation amoureuse fait partie intégrante du quotidien de tout un chacun et il ne s’agit pas d’une activité annexe que nous effectuons lorsqu’il n’y a rien à la télé (3). Faites de même pour les personnages de votre partie. Si elles semblent naturelles et qu’elles ont leur place, même les scènes les plus sensuelles ne paraîtront pas gratuites.

Je n’ai pas encore terminé ! Je vais maintenant aborder l’un des éléments les plus controversés de la romance en JdR : s’il faut ou non des règles pour cela ?

Sélection de commentaires

A.L.

Je pense que mon commentaire du post précédent a plus sa place ici. Je ne vais pas le remettre, simplement rappeler que demander au début de la campagne l’intensité que souhaitent les joueurs fait des merveilles. Après ça, la règle est simple : si quelqu’un ne se sent pas à l’aise, il le dit et on arrête. Sans honte ni jugement ni questions. “X me gêne”. “Ok, on arrête avec X”.

Là encore, c’est un bon article, en particulier sur les éléments pour introduire la romance en jeu. L’intensité et le style de jeu, tout comme la question de parler “en tant que personnage” ou “en tant que joueur”. Je joue depuis des années, et parfois je m’ébahis en disant des choses comme personnage. Même pour les trucs habituels. Cela m’amuse de ne pas en avoir honte sur le moment mais demandez-moi de flirter avec le personnage d’un autre joueur et je passe subitement en mode “hors-personnage” : “Il s’avance en douce vers toi et te fait la cour.”

J’ai eu il y a peu un joueur (qui préparait sa licence de chimie) qui a commencé à flirter geek avec une PNJ. Je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire et j’ai fini avec la moitié de la table qui m’aidait à répondre. Ce fut un moment amusant et le courageux geek chimiste obtint un rendez-vous galant pour son personnage. Ce furent de bons moments.

Troisième partie
Une table de rencontres sexuelles aléatoire ?

Dans les chapitres précédents, vous avez décidé d’ajouter un peu d’amour dans votre campagne et déterminé à quel niveau et comment cela serait joué. Maintenant, ouvrez le livre de base de Pathfinder à la page 242 et…

Attendez. Il n’y a pas la moindre règle pour ce genre de chose dans le livre de base de Pathfinder. Ni dans le Guide du maître de donjon. Ou n’importe quel guide du MJ.

Pas de souci, vous pouvez fouiller dans les suppléments qui traînent là, sortis par des éditeurs indépendants et…

Attendez une minute. Des règles pour le sexe et l’amour ? Sérieusement ? On a besoin de règles pour ça ?

Depuis que je suis rôliste, on dirait que de nombreux joueurs achoppent sur cette question des règles lorsque la partie aborde un thème romantique. Il y a ceux qui affirment qu’il faut des règles pour tout dans le jeu, et que l’amour ne devrait pas être une exception. D’autres soutiennent avec ardeur que des règles pour la romance la rendent bizarre, farfelue et peut-être même perverse, et que ceux qui désirent de telles règles sont des espèces de fous dégénérés (pour être claire : j’ai été une supporter très active du Book of Erotic Fantasy grog, et mon mari était modérateur sur les forums de l’éditeur. Sur d’autres forums Internet, on a proféré des propos vraiment dégoûtants sur nous et les autres fans de ce supplément, émettant des suppositions assez crues sur nos vies sexuelles. C’est triste.).

Je pense que vous savez comment ça marche

Si un autre membre du groupe se tourne vers votre personnage et dit “Keriwyn, je vais au temple voir s’ils peuvent nous vendre des potions de soins. Tu veux venir avec moi ?”, est-ce que vous faites un jet de caractéristique ou de compétence pour décider si votre personnage y va ? Non.

Bien sûr, de temps à autre, vous pouvez faire un jet de Sagesse ou d’Intelligence pour voir si votre personnage aurait cette idée que vous, le joueur, venez d’avoir. Mais dans la plupart des cas vous, [le joueur], réagissez simplement aux interactions sociales comme elles viennent et prenez les décisions au débotté.

Même si, dans la vraie vie, vous attendez encore votre preux chevalier sur son blanc destrier, vous avez probablement une assez bonne idée de la manière dont fonctionnent l’amour, le sexe et la romance. Vous avez passé des heures, des jours, des semaines, peut-être même des mois à travailler votre personnage, à choisir sa voix et sa personnalité. Vous savez comment il réagira au combat, dans un débat ou une mauvaise situation. Si vous le connaissez aussi bien, vous saurez également comment il réagira si la sosie d’Elizabeth Swann [jouée par Keira Knightley dans Pirates des Caraïbes (NdT)] propose de lui offrir à boire au bar. Si vous avez besoin de règles pour les réactions personnelles de votre propre personnage, alors vous avez besoin de leçons de roleplay. Quand des PJ (et la plupart des PNJ) interagissent ensemble, il ne devrait y avoir besoin d’aucune sorte de jets de dés pour les interactions romantiques – interprétez votre personnage, c’est tout.

De plus, pouvez-vous imaginer devoir interpréter une scène d’amour après avoir obtenu un échec critique ? Gloups.

Quand les règles sont bonnes

Il y a des situations où la romance n’est pas aussi simple que deux personnages se faisant les yeux doux. Parfois, elle peut même avoir une incidence sur la partie, une décision qu’il vaut mieux laisser aux dés plutôt qu’au MJ. Par exemple :

Une anecdote truculente

Dans une campagne de D&D il y a plusieurs années, notre groupe sévèrement blessé tomba sur un temple d’Haela Brillehache. Une fois les PJ soignés, l’un des joueurs, qui incarnait un nain, demanda au MJ de “lancer les dés pour une rencontre sexuelle aléatoire”. La chance fut avec Idnar cette nuit-là. Plus tard, après plus d’un an en temps de jeu, nous avons rencontré le même groupe de prêtresses et l’une d’elles s’approcha pour présenter son fils à Idnar. C’était génial.

  • À la recherche d’une aventure sans lendemain : le groupe n’a plus qu’une nuit à passer en ville avant de reprendre la route, et vous ne pouvez leur reprocher de vouloir un peu d’action avant de partir. Nous avons déjà vu que le flirt entre personnages “établis” fonctionne ou échoue selon les seules réactions de ces personnages. Lorsqu’un PJ essaye de draguer un(e) inconnu(e) (qui n’est pas un PNJ dont le MJ a déjà établi la personnalité), quelques simples jets de Diplomatie ou une compétence sociale similaire peuvent déterminer le succès ou l’échec, sans avoir besoin de règles particulières.
  • Séduire/Faire du charme : le comte local n’est pas vraiment votre genre mais il a un petit faible pour les belles demi-elfes (et il se trouve que vous en êtes une), et vous avez réellement besoin de son financement pour votre expédition au sein de Montprofond wiki. Avec une paire de bons jets de Diplomatie ou de Bluff, il pourrait décider que vous êtes vraiment mignonne et charmante et qu’il sera ravi de parrainer votre aventure – tant que vous lui promettez de revenir et de le voir à votre retour.
  • Grossesse : à moins que les personnages impliqués ne précisent clairement qu’ils utilisent des moyens de contraception (qu’ils soient à base de plantes, physiques ou magiques), les bébés peuvent être et sont conçus quand les hommes et les femmes ondulent sous les draps. Parfois, la grossesse est involontaire ; d’autres fois, les personnages essayent réellement d’avoir un enfant. Dans tous les cas, elle ne se produit pas systématiquement. Dans ce genre de situations, les règles sont pratiques. Si les deux personnages impliqués sont humains, vous pouvez partir simplement sur une estimation de conception d’enfant de 25 %. Mais, si plusieurs races se mélangent, la consultation d’une table [il y en aura dans la partie 8] épargnera bien des prises de têtes mathématiques au MJ.
  • Maladie : de nombreux MJ choisissent d’ignorer le rhume commun, la grippe et les maladies similaires dans leurs parties et, si vous le désirez, vous pouvez prétendre que les maladies vénériennes n’existent pas non plus. Mais si les personnages passent leur temps dans des bordels miteux ou à draguer des inconnu(e)s à la taverne, un cas léger de chaude-pisse pourrait leur rappeler que, parfois, de mauvaises choses arrivent même aux bons personnages. Certains joueurs réagiront sans doute mal au fait que leur personnage soit “forcé” de contracter une maladie, mais ce n’est pas si différent que de terminer avec une fièvre infectieuse après un combat dans les égouts ou d’être empoisonné par une morsure de serpent. Allez chez un soigneur et la vie reprendra son cours.
  • Magie : même sans utiliser des suppléments de règles “pour adultes”, de bons vieux sorts comme Charme-personne peuvent avoir des conséquences romantiques. On peut verser des philtres d’amour dans des boissons (4). Des illusions peuvent rendre l’orque de la table d’à côté vraiment attirant.
    Bien entendu, dans des moments comme ça, les joueurs ne contrôlent pas totalement les actions et réactions de leurs personnages donc vous avez besoin de règles et de dés. La magie utilisée de la sorte peut être très amusante, tant que chacun reste bon perdant (5). J’insiste cependant lourdement sur un point : ne faites pas de ces situations le seul moment où la romance apparaît dans votre partie. Si la seule fois où les personnages-joueurs peuvent tirer leur coup arrive lorsqu’ils glissent une drogue magique à quelqu’un… eh bien, certains pourraient trouver cela un peu bizarre. Mais, correctement joué, cela peut de temps à autre apporter un grand plus à la partie (comme tout le reste).

Où sont ces règles dont tu parles ?

Les divers suppléments rôlistes pour adultes, en livre ou PDF sur le marché vont de l’extrêmement second degré (Nymphology chez Mongoose) à ceux qui se concentrent tellement sur la provocation et les illustrations sexy que le fond en vient à manquer (Book of Erotic Fantasy grog, je regrette de l’admettre) en passant par des suppléments génériques écrits avec sérieux (Naughty and Dice de Christine et Tim Morgan qui présente, je pense, le plus d’intérêt (6)) mais n’est pas écrit pour le système d20. Ce qu’ils ont en commun est qu’ils contiennent tous des éléments intéressants et utiles. Il vous suffit de passer un peu de temps à piocher dans le livre ce qui vous aidera pour votre partie. Nous les avons et les utilisons tous dans nos parties même si nous n’exploitons pas tous les points de règle de chacun (qui sait ? je pourrais écrire mon propre supplément de règles romantiques un jour…).

Jouez la romance à l’instinct, utilisez les règles quand vous en avez besoin et, par-dessus tout, assurez-vous que tout le monde s’amuse ! Suivre ces conseils simples fera de n’importe quelle partie un succès.

Sélection de commentaires

Rob Donoghue

Le hic, c’est que les éléments propres à la sexualité auraient du mal à remplir une page, donc vous devez décider quoi mettre dans le reste du livre. Certains livres optent pour le “sexy à tout prix” et, bien que ce ne soit pas forcément mauvais pour les ventes, cela en diminue définitivement l’utilité.

Le problème réside davantage dans le fait que les relations et leur interprétation – dont le sexe n’est qu’une partie – sont souvent le parent pauvre des JdR. Certains jeux s’en tirent mieux que d’autres, c’est sûr, mais le problème ultime, ce n’est pas le jeu, c’est cette idée que le sexe est si exceptionnel dans une relation*, que nous devons en faire tout un plat juste pour le faire fonctionner. Une telle vision semble exagérer le problème plutôt que faciliter sa prise en main.

* Plus cyniquement, que les rôlistes sont moins intéressés par les relations sans trucs coquins que par la perspective d’une paire de seins imaginaires.

Pixiedragon

Mon premier flirt en jeu fut lorsque je lançai le dé pour le sort Charme-personne de mon magicien et que je fis un 20 naturel… Le PJ tomba complètement amoureux d’elle. Bien que mon personnage n’ait guère apprécié cette situation, les autres joueurs l’ont trouvée plutôt désopilante.

Nous avons compris qu’il serait nécessaire d’inclure des règles pour la grossesse et autres éléments dans nos campagnes, car plusieurs d’entre elles se déroulent dans le même monde mais séparées par une année ou plus. Certains de nos PJ attendent déjà des enfants entre les campagnes et/ou élèvent leurs propres enfants. La prochaine campagne pourrait même impliquer un PJ enceinte mais le MJ se demande encore s’il doit faire une ellipse temporelle de quelques mois ou non.

Avec deux étudiants en biologie dans le groupe (dont moi), nous avons estimé que le Book of Erotic Fantasy grog et le Complete Guide To Unlawful Carnal Knowledge en [un supplément d20 amateur de près de 150 pages, dédié à la sexualité (NdT)] étaient plutôt lacunaires… Donc nous avons pris le contenu que nous appréciions dans ces suppléments et avons décidé de changer certaines choses et d’en ajouter d’autres. Bien que nous ayons surtout utilisé ces deux suppléments, nous les avons mélangés et y avons incorporé de nouveaux éléments.

Cependant, nous n’avons pas de règles sur la séduction en jeu car tout cela est basé sur le roleplay.

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Je fais parfois des “jets de réaction d’attraction” pour mon personnage (et très souvent pour les PNJ quand je suis le MJ). Bien que je “connaisse” mon personnage, il arrive souvent que, quand vous rencontrez une personne dans la partie, vous n’ayez pas une idée claire d’elle et de sa personnalité. Je fais donc un jet de “Est-ce que j’apprécie instinctivement ce personnage ?”. Cela peut être amical ou romantique, tout dépend. Je fais la même chose pour les PNJ récurrents : qui ils apprécient dans le groupe et s’ils dissimulent un désir ardent de malmener l’un d’entre eux.

Corollaire agréable : les PJ n’ont pas toujours l’initiative de la démarche, ce qui est une bonne chose pour simuler un monde vivant et en mouvement.

Et parfois, c’est la surprise. Un PNJ féminin ami a fait des avances inattendues à mon personnage-fille. J’ai alors réalisé que je n’avais jamais vraiment réfléchi à cette part de “ma” psyché auparavant. Lorsque mon personnage est indécis – “Intéressant ! Mais je suis une fille de bonne famille ! Mais elle est belle ! Mais je suis hétéro, je crois… Mais nous sommes dans un donjon et Dieu sait que ces considérations ne comptent pas…” –, j’ai tendance à laisser le dé décider.

Dans le monde réel, vous ne pouvez pas toujours prédire votre propre réaction dans un cas comme ça, donc comment pourriez-vous prévoir celle de votre personnage ?

Quatrième partie
Nos limites sont des conventions

Nous avons déjà établi que les éléments romantiques de votre partie peuvent être aussi simples ou complexes que vous le souhaitez, depuis un flirt tant bref qu’anodin, jusqu’à des scènes de chambre à coucher dans les moindres détails.

De même, la quantité de détails que vous glissez dans vos notes de campagne quant aux normes de l’amour et du sexe dans votre univers de jeu peut aller d’affirmations très générales, à des esquisses et des organigrammes précis. Même si la place de la romance dans vos parties n’est rien de plus qu’une mention en passant, certains standards valent la peine d’être définis.

Pourquoi ? Parce que, tout comme dans notre monde réel, il est probable que les normes [sociales et religieuses] qui définissent ce qui est accepté ou non ne seront pas les mêmes pour tous et partout dans votre décor de campagne. Les comportements liés au sexe et à l’amour sont une composante essentielle d’une société et d’une culture et, de la même manière que vous voulez connaître les lois d’un nouveau pays dans lequel vous voyagez, vous désirez savoir ce qu’il est normal de voir dans la rue et comment les usages du pays peuvent vous affecter, vous et vos compagnons (7).

Où les comportements peuvent-ils varier ?

En procédant à de larges généralisations, jetons un œil aux quatre divisions principales, sources de différences dans les croyances : la race, la région, la culture et la spiritualité.

  • Différences raciales : les nains sont différents des halfelins. En fait, ils ne se ressemblent même pas du tout ! Pas plus que les Tagorians en [une race extraterrestre proche des lézards (NdT)] et les Nautolans en [des extraterrestres amphibiens à Star Wars (NdT)]. Quelles sont à votre avis les chances qu’ils aient la même vision des couples ? Proches de zéro, je dirais.
  • Différences régionales : donc tous les membres d’une même race ont la même conception du sexe et de l’amour, c’est ça ? Faux ! Même si votre jeu se déroule dans un monde purement humain, les individus vivant dans des régions différentes auront des opinions et des croyances différentes (8). Vous ne me croyez pas ? Avez-vous déjà écouté un éleveur du Montana et un citadin californien sophistiqué parler politique ? Ouch…
  • Différences culturelles : la “culture” est une chose délicate à définir car elle peut inclure tellement de choses… Dans le cadre de cet article, je la définis comme “la manière dont les gens vivent et les points communs qui les unissent”. Des personnes de races différentes mais vivant dans une même communauté agricole chériront les mêmes choses. Et les peuples nomades partagent certaines similarités en accord avec leur style de vie, peu importe les terres qu’ils traversent.
  • Différences spirituelles : les gens qui sont liés par une religion commune ont tendance à partager des croyances similaires quant aux comportements amoureux convenables [et inconvenants]. Ceux qui suivent un dieu du plaisir seront vraiment plus ouverts d’esprit que ceux qui vénèrent la déesse de la souffrance et du sacrifice.

Woah… C’est normal, tout ça ?

Dans de nombreux cas liés à l’amour et au sexe, les attitudes peuvent considérablement varier. En voici quelques exemples.

Âge de consentement : dans la culture américaine moderne, la plupart des gens sont choqués quand quelqu’un de moins de 18 ans se marie, même s’il a l’accord de ses parents. Mais les choses étaient différentes il n’y a pas si longtemps. Rien qu’au siècle dernier, la grand-mère de mon mari s’est mariée à 13 ans. Ma propre mère s’est mariée à 16 ans (et elle n’était pas obligée de le faire, si vous voyez ce que je veux dire). Et cela varie selon les pays, même dans notre monde moderne.

L’âge de consentement est susceptible de varier selon les races, les cultures et sans doute les régions. Des races qui vivent longtemps comme les elfes pourraient devenir sexuellement actives et se marier plus tardivement, parce qu’elles ont le privilège du temps. Des races qui ne vivent que 40 ou 50 ans mûrissent naturellement plus vite. Les gens qui mènent une vie dure ou dangereuse (barbares, fermiers, guerriers…) ou qui vivent sous un climat rigoureux voient souvent leur vie écourtée par rapport à l’espérance de vie de leur race. Si vous voulez voir la prochaine génération atteindre l’âge adulte, vous devez commencer à procréer tôt.

Mariage contre “Vivre dans le péché” : certains peuvent ne reconnaître une relation de couple que si des vœux formels ont été prononcés, que ce soit au nom d’un dieu ou de la loi. Pour d’autres, le fait qu’un couple soit marié ou non est le moindre de leurs soucis. Cela variera selon les races, les cultures, les religions et parfois les régions. Des problèmes de concubinage peuvent montrer leur sale tête de manière inattendue, comme un tenancier d’auberge très conservateur qui refuse de laisser des hommes et des femmes non mariés partager une chambre dans son établissement.

Homosexualité : Si vous lisez Geek's Dream Girl, vous savez déjà que l’amour est ce qu’il est, n’est-ce pas ? Bien. Maintenant, regardons votre univers de jeu. Il peut y avoir des contrées où l’homosexualité est monnaie courante, et d’autres où elle est hors-la-loi. Les hommes peuvent-ils s’embrasser ouvertement dans la rue ou bien ce genre de choses ne se produit-il que derrière des portes closes ? Les personnes de même sexe ont-elles le droit de se marier ? Les points de vue peuvent varier du tout au tout chez les différents groupes.

Hédonisme : Je vous laisse une minute pour vous sortir l’image du robot hédoniste [de Futurama] de la tête. Ou pour vous la fourrer dans la tête, si ça marche pour vous. C’est bon maintenant ? Ok. L’hédonisme est un terme générique que j’utilise pour indiquer le degré d’ouverture d’esprit et de notoriété publique chez les gens, en ce qui concerne la sexualité. Les bordels sont-ils si secrets que seules les âmes les plus dépravées savent où les trouver ? Ont-ils une adresse publique, mais seulement dans des lieux miteux ? À moins que leurs membres ne soient des représentants éminents du quartier des affaires, gérés par la Guilde des Prostituées locale ?

Jusqu’où pouvez-vous être déshabillé(e) sans enfreindre la loi ? Vous arrêtera-t-on si vous dansez sur la table d’une taverne ? Et si vous voyez un couple faire l’amour en public, devez-vous appeler la garde ou simplement les laisser à leur bon plaisir ?

Paraphilie : La paraphilie recouvre le fétichisme et les autres “vilaines” choses qui peuvent en faire rougir quelques-uns, en effrayer certains, et néanmoins en exciter d’autres considérablement. Je ne sais pas pour vous, mais quand je pense aux halfelins et aux gnomes, ils m’évoquent aussitôt des ébats débridés autour du lit avec des tas de jouets, de magie et de jeux coquins. D’autres races sont sans doute plus austères. Certaines cultures, régions ou religions peuvent être plutôt collet-monté, tandis que d’autres auront davantage une attitude “Tous les goûts sont dans la nature”.

Tabous : Certaines choses sont des interdits presque universels. L’inceste. La zoophilie. La nécrophilie. Puis vous arrivez dans un décor de fantasy et les limites deviennent floues. Une relation sexuelle avec un vampire relève techniquement de la nécrophilie mais, si vous avez déjà joué à Vampire : la Mascarade – mon Dieu, les Toréador et les Lasombra sont plutôt chauds…

L’un de mes personnages à Pathfinder, une demi-drow, est marié à un minotaure. Cela signifie-t-il que je suis simplement dérangée ou bien est-ce que ça compte comme de la zoophilie ?

Inceste : Il vous suffit de regarder dans l’Histoire du monde réel pour voir que de nombreux cousins [au premier degré] se sont mariés entre eux dans les familles nobles (et c’est légal dans de nombreux États américains [et en France aussi (NdT)]) donc est-ce surprenant que ce soit le cas parmi les nobles d’un univers de jeu ou même parmi les gens du commun (9) ? Qu’en est-il pour des frères et sœurs consentants qui prennent toutes leurs précautions pour éviter une grossesse – cette relation cause-t-elle du tort si elle ne blesse personne (10) ? (J’ai traîné dans le monde des fanfictions de X-men pendant longtemps et je peux vous dire que, quand la Sorcière Rouge et Vif-Argent [les enfants de Magneto (NdT)] ont commencé à sortir ensemble dans la série des Ultimate, j’avais déjà vu une douzaine d’auteurs de fanfics faire ça avant). Ce qui est complètement interdit pour un groupe peut ne pas être un problème pour un autre groupe ou dans un autre pays.

Décider de ce qui fonctionne

Évidemment, il y a de nombreuses choses que vous pouvez envisager concernant l’amour et le sexe dans votre univers de jeu et cela peut être accablant si vous vous laissez déborder. Mais rien n’est inéluctable.

Plus votre univers de jeu est restreint et plus il est facile de déterminer les attitudes de quelques races, cultures et lieux. Lorsque votre univers de jeu se développera, vous pourrez ajouter ces détails au fur et à mesure. Si vous jouez dans un monde vaste mais vous confinez à une petite partie, là aussi vous pouvez ne rien décider pour les zones inconnues du monde, du moins jusqu’à ce que le groupe de PJ s’y rende ou rencontre quelqu’un d’originaire de ce lieu lointain. Pensez à gribouiller quelques notes pour ne pas être complètement prise au dépourvu (“Les terres de l’Est sont excessivement libérales… en tout.”).

Soyez claire avec vos joueurs : ce n’est pas parce que leurs personnages se trouvent dans un pays où les unions libres sont communes, ou bien où les garçons et les filles peuvent se marier dès la puberté, qu’eux ou leurs personnages doivent apprécier ces coutumes, ou même les approuver. C’est juste que le monde est ainsi fait, c’est tout. Je sais que si jamais je devais aller en Angleterre, ça me terroriserait de devoir m’habituer à conduire du côté gauche. Mais c’est comme ça là-bas donc j’aurais simplement à faire avec. Les réactions à des coutumes inconnues (même celles qui vont à l’encontre des croyances personnelles du personnage) peuvent fournir des occasions de roleplay intéressantes.

Comme d’habitude, si quelqu’un se sent vraiment mal à l’aise, diminuez l’intensité.

Prenez quelques minutes pour esquisser les normes sociales de l’amour et du sexe dans les royaumes de votre monde de jeu. C’est une manière simple d’ajouter un autre niveau de profondeur au monde que vous et vos joueurs êtes en train de créer.

Cinquième partie
La romance comme technique pour l’intrigue

Comme nous le savons tous, l’amour représente une part importante et fondamentale de l’existence humaine. Il va même au-delà de l’humanité. Certains animaux s’unissent pour la vie, après tout. Oui, techniquement parlant, la romance n’est nécessaire ni à la procréation ni à la perpétuation de l’espèce humaine, mais elle lui donne certainement bien plus de valeur.

La quête du grand amour est un classique, et elle n’est pas toujours facile (si elle l’était, Geek's Dream Girl n’existerait pas ! [Geek's dream girl est d’abord un site de rencontres entre geeks américains (NdT)]). La route peut être pleine de bosses et d’obstacles à surmonter, que ce soient les opinions d’autrui ou les lois d’un pays. Parfois, les individus se mettent même en travers du chemin de leur propre amour !

Les épreuves et les peines liées à la romance constituent depuis longtemps l’étoffe des romans d’amour historiques, des films pour nanas et des soap operas. Il ne serait que justice qu’ils puissent également faire partie de l’intrigue de votre JdR. Même si votre partie est plutôt chiche en termes de romance, un thème amoureux peut apparaître pour un chapitre ou un arc scénaristique de votre campagne. Voici quelques exemples d’intrigues romantiques que vous pouvez utiliser dans n’importe quelle campagne.

La fiancée en fuite

Une femme approche les PJ dans une taverne. Elle les a entendus parler de leur voyage et, comme elle va dans la même direction qu’eux, leur demande si elle peut faire route en leur compagnie pour plus de sûreté. Elle a son propre cheval et s’avère plutôt équipée pour l’aventure. Mais, même si elle ne semble pas mentir, les PJ sentent qu’elle ne dit pas non plus toute la vérité. Si les personnages hésitent, elle peut payer son droit de voyager avec eux ou même les supplier de la laisser chevaucher à leurs côtés. Les PJ perçoivent qu’une sorte de danger la menace mais elle préfère raconter ce qui lui chante – plutôt que ce qui la hante.

Cette nouvelle venue dans le groupe semble partagée, cherchant tantôt à garder ses distances, tantôt à se lier d’amitié avec le reste des voyageurs. Elle est très amicale et semble apprécier chaque membre du groupe mais se rappelle quelquefois à l’ordre. Des éléments de son histoire paraissent étranges – elle prétend venir d’une région lointaine mais n’en comprend pas la langue, par exemple. Dans la ville-étape où s’arrête le groupe pour se réapprovisionner, elle se cache dans l’allée la plus proche sitôt qu’elle aperçoit des hommes en armes aux couleurs étrangères. Peu après, quelques membres du groupe la retrouvent à l’auberge, préparant clairement ses affaires pour filer au plus vite.

Finalement, la vérité éclate : pour essayer de l’empêcher d’entrer au service de la déesse du sexe et du plaisir, son père (un noble à bout de ressources) a arrangé un mariage avec un comte local en échange d’une jolie dot. Son promis est, littéralement ou presque, un monstre, qui aurait du sang de troll dans les veines et le caractère qui va avec. Incapable d’abandonner sa foi ou de se marier avec une créature immonde qu’elle n’aime pas, elle a volé sa dot et s’est enfuie. Elle a déjà échappé aux hommes de son père, mais les sentinelles qu’elle a esquivées en ville sont la garde personnelle du comte – ce qui veut dire que le comte lui-même ne doit pas être très loin. Le groupe l’aidera-t-il à recouvrer sa liberté ?

Un amour non partagé

Un amour en suspens est à la base de toute légende – ou de la fantasy, si vous préférez. De la Légende de Drizzt à Lancedragon en passant par Le Seigneur des anneaux, il y a suffisamment d’occasions de tension romantique pour que même le lecteur le moins porté sur la romance finisse par jeter le livre en s’écriant “Mais embrassez-vous, qu’on en finisse !!”. Qu’il s’agisse de deux personnes profondément amoureuses mais pensant qu’elles ne peuvent pas l’être, ou ne réalisant pas qu’elles le sont, ou que quelque chose se mette en travers de leur route (le devoir, une mission, un parent en colère), l’amour que l’on attend en vain peut devenir une intrigue à part entière.

Si vous voulez un truc qui tire les émotions encore plus loin, l’amour perdu est une bonne option. Perdre son grand amour bouleverse une personne. Cela peut la rendre amère, déprimée ou la pousser irrémédiablement à retrouver cet amour même si cela implique de mourir en essayant. Là encore, il suffit de regarder la culture de fantasy pour trouver des exemples de cette approche. La saga Demon Wars wiki en de R.A. Salvatore contient l’une des histoires d’amour perdu à jamais les plus douloureuses que j’aie jamais lues.

Vous ne voulez pas d’autant d’angoisse existentielle ? Que diriez-vous d’un amour perdu mais retrouvé ? Même le petit garçon de Princess Bride wiki n’a pas été gêné par le baiser de Westley et Bouton d’or quand ils furent enfin réunis.

Comment intégrez-vous cet amour non partagé dans votre partie ? De plein de manières. L’une d’elles implique au moins un PJ, si ce n’est deux. Parcourez l’historique de leurs personnages – s’il y a la moindre mention d’un amour d’enfance laissé derrière eux, le joueur vous a facilité la tâche, MJ. À l’inverse, si les joueurs *gloups* n’ont pas écrit l’historique de leurs personnages, leur passé est entre vos mains. Mwahaha !

Vous voulez être un peu moins méchante ? Introduisez un PNJ dont un PJ-femme pourrait tomber amoureux. Mais peut-être que le père du PNJ insiste pour que son fils courtise seulement une dame convenable et non une simple aventurière. Ou bien les circonstances pourraient mettre une distance physique entre les deux tourtereaux. L’amour peut-il venir à bout de telles difficultés ?

Vous avez également l’option de ne pas impliquer directement vos PJ dans la romance.

Le groupe escorte une caravane qui retourne chez elle, où ils reçoivent les remerciements d’un duc mal en point, un homme qui semble douloureusement triste et brisé. La conversation avec d’autres personnes révèle que le duc a perdu son grand amour il y a des années, en même temps que sa fille, qui n’était qu’un nourrisson quand elle a disparu, et qu’il n’a par conséquent jamais revue. Seulement, il y a à peine quelques villes, le groupe a croisé une jeune femme qui aurait l’âge de la fille du duc et plus qu’une vague ressemblance avec lui. Elle a même indiqué qu’elle recherchait son père perdu depuis longtemps. Mais elle faisait route dans la direction opposée ! Les personnages peuvent-ils retrouver sa piste et réunir le père et la fille ?

Combattre la Loi… ou l’Église

Comme abordé dans la quatrième partie, les lois et les normes culturelles peuvent varier selon les lieux et les groupes de personnes. Au fil de leurs voyages, les membres du groupe se confronteront inéluctablement à différentes attitudes envers l’amour, le mariage, etc. Si le groupe comprend un couple homosexuel, ou interracial, et se rend dans une cité ou une région qui voit d’un mauvais œil (pour ne pas dire prohibe) une telle relation, comment réagiront le couple et le reste du groupe ? Feront-ils comme si cette relation n’existait pas pour garantir la paix tant qu’ils se trouvent dans la zone ? Ou refuseront-ils de renier leur amour, même si cela implique d’être chassés de tous les commerces, ou même arrêtés ?

Même si les personnages ne sont pas en conflit direct avec une loi ou une coutume, ils peuvent être tellement outrés qu’ils seront tentés de faire bouger les choses. Dans une ville où elfes et humains vivent et travaillent main dans la main mais n’ont pas le droit de se marier ensemble, un garçon d’écurie elfe paniqué peut approcher le groupe, leur dire que sa petite amie humaine est sur le point d’accoucher et que si le groupe ne prend pas le bébé avec lui, ses grands-parents humains ne le laisseront jamais vivre. Le groupe prendra-t-il le bébé ? Insistera-t-il pour que les jeunes parents les accompagnent ? Ou se mettra-t-il en travers de telles atrocités ?

L’amour comme motivation

Dans le monde réel, nous ferions n’importe quoi pour celui ou celle que l’on aime. Dans votre partie, ce sera pareil pour les personnages. Rien n’arrêtera le paladin s’il s’agit de sauver son amour des esclavagistes qui l’ont kidnappé. Pourquoi son groupe ne l’accompagnerait-il pas ?

Si la baronne vous autorise à quitter la ville en compagnie de sa fille, à la seule condition que vous récupériez les bijoux que la guilde des voleurs du coin lui a volés, il est probable que vous élaborerez des plans sur ce cambriolage avant même d’avoir fini votre thé. Votre propre amour n’a même pas besoin d’être en jeu – on peut vous avoir embauché pour sauver l’épouse du maire de ses ravisseurs, ou pour garder la princesse le jour de ses noces et la protéger d’un ex jaloux.

Toutes ces idées peuvent être utilisées dans n’importe quelle campagne et n’importe quel décor, peu importe la proportion de romance présente dans votre partie. Tentez le coup et vous verrez que cela ajoute encore plus d’amusement et d’intrigue à votre soirée ludique.

Dans les parties 6-10, nous parlerons mariage, bébés et… rupture.

Articles originaux : What’s love got to do with it – Part I: Romance in tabletop rpg / What’s love got to do with it – Part II: Bringing in the lovin’ / What’s love got to do with it – Part III: Roll for random sexual encounter / What’s love got to do with it – Part IV: Your taboo is my vanilla / What’s love got to do with it – Part V: Romance as plot device

(1) NdT : Voir cet article de MJ Young ptgptb où, au lieu d’une récompense monétaire, le roi offre la main d’une de ses filles au chevalier sauveur. [Retour]

(2) NdT : Certains joueurs adeptes du roleplay n’apprécieront peut-être pas un simple style Passif. D’où la nécessité d’établir à la table de jeu un contrat social qui définisse ce qui est mutuellement acceptable par le groupe. Plus d’éléments à ce propos dans Les Étapes d’évolution d’un groupe de JdR ptgptb. [Retour]

(3) NdT : Contrairement au stéréotype de la midinette, il semblerait qu’une proportion non négligeable de femmes préfèrent regarder la télé et jouer à l’iPad plutôt que nourrir une relation amoureuse… rejoignant peut-être ainsi le peu de romantisme imputé en général aux hommes. [Retour]

(4) NdT : Cet article ptgptb raconte d’ailleurs une anecdote autour d’un philtre d’amour. Et montre aussi un joueur qui sort de sa zone de confort. [Retour]

(5) NdT : Dans Les Tarés du self-control ptgptb, R.D. Laws explique que les rôlistes craignent plus que tout de perdre le contrôle de leur personnage. [Retour]

(6) NdT : Le traducteur l’a lu et confirme la pertinence de ce supplément. [Retour]

(7) NdT : Lire à ce sujet Trois régimes politiques med-fan ptgptb, où les coutumes sont l’ennemi le plus dangereux du décor. [Retour]

(8) NdT : Ne concevoir qu’une culture par race est un écueil sur lequel s’échouent bien des univers de SF. Voir l’article Espèces, races, cultures ptgptb. [Retour]

(9) NdT : Dans les petites populations isolées, il est difficile de ne pas épouser un cousin. En Islande (300 000 habitants), il existe une appli pour connaître le degré d’éloignement familial d’un partenaire. [Retour]

(10) NdT : Les pharaons d’Égypte avaient une tradition d’inceste, qui permettait de garder le “sang divin” et le pouvoir dans la famille. La consanguinité ne donne pas forcément des malformations, comme en témoigne la belle Cléopâtre. [Retour]

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Pour aller plus loin… panneau-4C

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