Concilier grossesse et GN, c’est possible
© 2024 Mirella Machancoses

Photo de mon personnage dans Harem son Saat pendant ma grossesse
Ce n’est pas la première fois que j’aborde le GN et la grossesse sur ce blog, ayant moi-même été confrontée à cette situation à deux reprises. Je vous avais d’abord parlé de mon expérience en tant que joueuse (en) lors de ma première grossesse, puis de mon expérience en tant qu’organisatrice enceinte, qui fut un défi en soi, et je n’avais pas pu participer à un GN cette fois-ci. C’est d’ailleurs dans cet article que j’avais partagé une idée qui me trottait dans la tête : comment adapter vos GN si une personne enceinte y participe. L’heure est enfin venue !
En tant qu’organisatrice, ça m’est arrivé plus d’une fois qu’une personne m’informe être enceinte avant même que certains membres de sa famille ou ses amis soient au courant : c’est effectivement quelque chose qu’il faudrait toujours annoncer avant de jouer. Ainsi, le rôle des des orgas exigera de mettre en place quelques petits ajustements pour faciliter la vie à la joueuse. Si vous attendez un enfant, informez l’équipe qui gère l’organisation : si quelque chose arrive, elle doit être au courant pour pouvoir agir en conséquence.
1. Préserver sa sécurité physique
Avant toute chose, il faut préserver votre sécurité physique au cours de l’événement, en particulier si le GN auquel vous participez comporte des combats. La règle principale est qu’il ne faut en aucun cas toucher la personne enceinte lors d’un combat, et que tout contact en dehors du cadre d’un corps à corps soit doux pour préserver sa sécurité [et celle du foetus (NdT)]. Gardez à l’esprit que la moindre chute peut être dangereuse pendant la grossesse.
Selon le trimestre de grossesse, vous pouvez contribuer à sa sécurité en lui attribuant une chambre au rez-de-chaussée pour lui éviter de monter les escaliers, en lui fournissant un accès facile aux sanitaires (en plus des nausées, les allers-retours aux toilettes sont fréquents), et en veillant à ce qu’il y ait des endroits pour qu’elle puisse se reposer ; nous parlerons davantage de ce point un peu plus tard.
En outre, parlez-en lors des ateliers d’introduction selon ce que vous avez convenu avec la joueuse : ainsi, tout le monde aura conscience des limites qui peuvent l’affecter, saura qu’il ne faut pas l’attaquer sans permission, et fera attention à son état physique pendant le jeu. Dans la mesure du possible, laissez la joueuse exprimer ses besoins pendant l’atelier, car nous ne vivons pas toutes notre grossesse de la même manière.
2. Bien préparer les espaces de repos
Peu importe le trimestre de grossesse, l’un des plus grands défis auxquels les personnes enceintes font souvent face est la fatigue, qui peut devenir extrême. Comme l’a si bien dit ma chère amie Miri : « Tu t’attends à quoi ? On fabrique un être humain. ». Et elle est totalement dans le vrai. La fatigue peut devenir particulièrement intense au premier et au dernier trimestre, souvent aggravée par l’anémie, si typique à ce moment-là. Après tout, le cœur pompe pour deux.
Pour que les femmes enceintes puissent profiter pleinement de vos événements, il est essentiel de faire attention à vos espaces de repos, de jour comme de nuit :
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Les espaces de jour : il est important d’avoir des espaces de repos confortables, notamment des chaises, et idéalement placés à l’ombre. N’hésitez pas à suggérer de temps en temps à la femme enceinte de s’asseoir et de se reposer, toujours avec bienveillance, car c’est facile d’oublier de le faire pendant la session. Cela permet également d’éviter l’hypoglycémie ou les baisses de tension qui pourraient survenir.
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Les espaces de nuit : c’est déjà difficile de dormir confortablement en étant enceinte chez soi, alors dormir dans un lit autre que le sien, c’est encore plus compliqué. Pour aider à y remédier, essayez de proposer une chambre confortable, bien située et proche de la zone du jeu pour éviter des déplacements inutiles. Si c’est un lit superposé, optez toujours pour la couchette du bas. Et, bien sûr, choisissez l’emplacement le plus proche possible des toilettes, car les déplacements nocturnes seront inévitables.
Dans l’article mentionné plus tôt où je parle de mon expérience pendant ma grossesse lors de GN internationaux, je raconte mon vécu dans Harem son Saat. À cette occasion, un PNJ faisait très attention à moi et me proposait de l’eau et une chaise lorsque nous étions à l’extérieur, ce qui a énormément facilité ma participation au jeu (1) . Pour beaucoup d’événements, ce n’est pas toujours faisable ; mais si vous avez du personnel, avoir quelqu’un dont le rôle est de s’assurer que la personne puisse se reposer à tout moment est un véritable atout inestimable.
3. Attention à l’hydratation
L’un des problèmes les plus récurrents lors des GN est la déshydratation. Cela peut également arriver aux personnes qui ne sont pas enceintes, mais c’est encore plus fréquent pour celles qui le sont. Il est donc essentiel d’avoir un accès continu à de l’eau pour leur bien-être. Installez des points d’eau accessibles dans la zone de jeu (ne pas avoir à marcher 300 mètres pour un verre d’eau est déjà un grand soulagement ; même marcher 30 mètres peut parfois être encore trop loin) et, si possible, rappelez à la personne de boire suffisamment.
4. Proposer des repas adaptés
Au cas où vous ne le sauriez pas, être enceinte nécessite une adaptation du régime alimentaire, et ça ne se limite pas qu’à l’interdiction de boire de l’alcool. Il est important que l’équipe qui gère les repas lors de votre événement soit informée qu’il y a une personne enceinte et qu’elle connaisse les exigences spécifiques de son régime. Bien que ce soit une bonne chose de s’assurer de fournir les nutriments nécessaires (comme un apport accru en protéines, par exemple), le plus important est de ne pas servir d’aliments interdits : nombreux sont ceux qui peuvent avoir des répercussions sur le développement du bébé. Prenez donc soin de bien contrôler ce que vous servez en cuisine.

Au cas où vous ne les connaîtriez pas, voici les recommandations alimentaires actuelles. Infographie de Rocío Cabrera Nutrición.
La sécurité alimentaire pendant la grossesse
Les aliments à éviter
- Les grands poissons comme l’espadon, le requin, le thon rouge, le requin bleu, le requin-hâ ou le brochet : ils contiennent du mercure
- Le lait cru et les produits laitiers non pasteurisés
- Les fruits et légumes crus qui n’ont pas été épluchés, lavés et désinfectés au préalable
- Si vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose, évitez de manger des produits carnés crus ou séchés (chorizo, saucisson, salami, jambon cru).
- des plantes germées crus (soja, luzerne, etc.)
- des œufs crus ou des préparations à base d’œufs crus (sauces et mayonnaise, desserts faits maison)
- la viande crue ou pas assez cuite
- le poisson cru (de type « sushi »), fumé ou mariné frais, les huîtres, palourdes ou moules crues
- les sandwiches emballés et autres aliments préparés
- le pâté
- ne buvez pas de boissons alcoolisées et ne prenez pas plus de deux cafés par jour
5. Fournir un moyen de transport adéquat
Ce point dépendra énormément du type d’événement. Si votre GN comporte de grandes distances à parcourir (des camps éloignés, deux maisons, etc.), assurez-vous qu’il est possible de transporter la joueuse d’un lieu à un autre sans un effort physique important. Même s’il est fortement recommandé de marcher pendant la grossesse, il ne faut pas oublier la fatigue pour autant. Si vous pouvez proposer un véhicule optionnel à la joueuse, elle vous en sera très reconnaissante ; ça a été mon cas pour Harem, et même si je ne l’ai utilisé qu’une seule fois quand j’étais vraiment épuisée, le simple fait de savoir qu’il était à disposition était un gros soulagement.
6. Adapter le PJ
L’un des points les plus conflictuels est l’adaptation du PJ à la situation de la joueuse. Il y a deux possibilités : échanger son personnage, ou adapter le personnage existant. Dans le cas d’un échange, si la joueuse joue en tant que combattante à un événement incluant une simulation de combat, elle pourrait vouloir (et devrait) remplacer son PJ par un personnage non-combattant afin de ne prendre aucun risque. Il est important de discuter avec la joueuse avant d’effectuer ce type de changements, mais la sécurité doit toujours être une priorité.
L’autre possibilité est de conserver le personnage et de l’adapter. Dans ce cas, l’une des options les plus courantes consiste à inclure la grossesse dans l’histoire du personnage (comme c’est souvent le cas dans les séries télé) pour justifier le ventre de la joueuse, surtout vers la fin de la grossesse. Pour être honnête, je déteste cette option. Être enceinte hors-jeu n’oblige pas à l’être en jeu, tout comme pour d’autres situations physiques. Si la grossesse devient en plus une intrigue de jeu (possessions, menaces pour le bébé, etc.) à un moment où la future maman est souvent émotionnellement vulnérable, les effets du bleed ptgptb peuvent être décuplés et cela pourrait devenir problématique pour la joueuse. J’ai toujours demandé qu’on évite cette solution dans mes jeux, et je suis contente lorsque mon avis est respecté. En revanche, je soutiens d’autres méthodes d’adaptations, comme exclure le personnage des conflits physiques potentiels, prévoir une personne proche pour l’aider avec les déplacements, les tâches, etc.
Peu importe l’option que vous choisissez, discutez-en avec la joueuse pour connaître ses besoins lorsqu’elle vous informe qu’elle est enceinte. Si l’information vous a été transmise longtemps avant l’événement, je vous conseille d’en reparler avec elle au cours de la semaine précédant l’événement, car la grossesse est un processus très dynamique, et son état physique et mental peut avoir évolué. C’est toujours mieux d’entretenir un dialogue direct et fluide.
Conclusion
Comme vous pouvez le constater, j’ai essayé de vous transmettre les recommandations qui, selon mon expérience en tant que joueuse et orga enceinte, sont réellement nécessaires pour adapter les exigences de votre événement à la présence des personnes qui attendent un enfant. Mais je tiens à souligner que chaque personne est différente, alors ne supposez jamais quoi que ce soit, et posez-leur des questions : comme pour toute chose dans la vie, la communication est fondamentale.
Il est également essentiel de communiquer avec votre équipe. Tous les membres doivent être informés de la situation et des mesures prises : il est tout aussi important de respecter le souhait de la personne de garder sa grossesse secrète si elle en est aux premières semaines (merci de respecter la confidentialité !), tout en veillant à ce que les membres de l’équipe soient conscients de ce qui se passe et puissent informer les services médicaux en cas d’urgence.
Si vous avez d’autres astuces ou conseils pour cette adaptation, dites-le moi dans les commentaires.
Et, comme toujours, nous vous remercions vivement pour votre soutien.
Article original : Adaptación del rol en vivo a embarazadas
(1) NdT : Lors de cette session de Harem son Saat, le PJ de Mirella (alors enceinte de son premier enfant) était une mère ayant une relation très conflictuelle avec sa fille tout en pleurant la mort de son fils. Un bleed assez désagréable aurait pu l’affecter, d’autant plus que la grossesse est connue pour être un moment propice à la vulnérabilité émotionnelle ; mais cette expérience l’a au contraire rendue plus confiante quant à sa maternité, car « ce serait difficile d’être une plus mauvaise mère que ma PJ ».
Par ailleurs, tout le monde faisait attention à ses besoins et à son état de manière générale. Elle considère donc qu’annoncer sa grossesse est une bonne chose à faire et que ça a contribué à faire en sorte que tout se passe bien pendant les sessions. [Retour]

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